Posté le 05.05.2008 par courslille3
Chapitre 7 : Provinces-Unies
I) les Caractéristiques culturelles
Pendant très longtemps l’on disait qu’il existait une originalité culturelle néerlandaise en raison de l’importance de la bourgeoisie et de la culture calviniste, mais aujourd’hui l’on considère qu’il faut nuancer ceci, le calvinisme néerlandais étant plongé dans un climat de tolérance (il y avait des catholiques et des juifs) contrairement à Genève. Mais il s’agit surtout d’un calvinisme qui accepte une certaine nuance en accordant une influence de l’Homme, en raison d’une influence d’Erasme qui atténue les rigueurs calvinistes.
La culture néerlandaise est plutôt caractérisée par l’existence d’une culture nationale avec la présence d’une fierté patriotique reposant sur la « lutte de 80 ans » en faveur de l’indépendance. Cette fierté va être entouré par des épisodes de l’antiquité, comme la lutte des bataves contre Rome, ou encore l’image du déluge (symbole d’une lutte contre la mer).
La première caractéristique est une morale typiquement néerlandaise se fondant sur le goût de l’effort, le travail est ici un élément noble mais les revenus ne doivent pas conduire à l’avilissement, certes est reconnu le droit au confort, mais sans ostentation.
Il existe également une obsession de la salubrité, il faut être propre, les villes néerlandaises sont ainsi parmi les rares villes européennes qui n’empestent pas.
Le mariage est magnifié, et il existe un respect absolu du contrat de mariage, s’il y a un rejet du rigorisme religieux et que faire la fête est autorisé, il y a un refus du libertinage.
Un autre élément important est la liberté, la liberté d’opinion ou encore l’absence de censure. Mais il existe des limites, il n’y a qu’un seul culte pouvant être public, le calvinisme, toutes les autres religions se doivent de n’être pratiquée qu’en privé.
La société n’accepte pas ce qui est immoral, d’où l’existence des Buurten : l’organisation du voisinage afin de surveiller le comportement des habitants. L’on doit être vu et l’on doit pouvoir voir, c’est pourquoi il n’existe pas de rideaux aux fenêtres. Toute dérive est immédiatement révélée. L’on est d’autant plus surveillé lorsque l’on est nouveau venu.
La prostitution est tolérée à condition que cela soit discret, le racolage est donc interdit, mais la justice est sans pitié face au libertinage.
La société est très dure vis-à-vis de la pauvreté, car il s’agit ici d’un signe de fainéantise, ceux-ci ne travaillant pas ils n’ont pas leur place dans la société et il faut les enfermer.
II) Enseignements, Littérature et techniques
Le niveau d’alphabétisation est supérieur à celui des autres pays, en raison de la très forte organisation et la concentration de l’espace facilitant la transmission des connaissances. L’importance des activités marchandes contraint à la connaissance des lettres et la politique des Etats Généraux favorise l’enseignement, tout comme le clergé.
L’enseignement primaire est gratuit, il porte sur deux fondements : la lecture et le catéchisme. Le niveau supérieur est payant, mais permet d’apprendre le calcul, il s’agit des Ecoles Latines. Il existe également des Universités dans les Provinces-Unies, dont la plus prestigieuse est celle de Layde.
La littérature d’emblèmes, spécifique aux P-U se développe, ces ouvrages sont illustrés et possèdent une légende versifiée. Il peut s’agir de tragédies, mais aussi d’une littérature scientifique, notamment la discipline historique dont Peter Hooft réalisera la monumentale Histoire des Pays Bas en 27 volumes. Si la littérature légale permet de faire la fortune des éditeurs malgré des prix adaptés au public, les éditeurs néerlandais s’enrichissent en publiant des œuvres censurées à l’étranger.
Un autre élément original de la culture néerlandaise est sa culture technique, notamment avec une spécialisation vis-à-vis des techniques hydrauliques ou encore de la construction navale.
Les néerlandais seront les premiers à savoir lutter face aux incendies, mais aussi à les prévenir avec un réseau d’éclairage permanent où le verre permet d’empêcher le feu de se répandre.
Les néerlandais sont par ailleurs doués dans la maîtrise du verre, ils améliorent télescopes et microscopes et inventent les premières lunettes, cela n’est pas entraîné l’établissement de nombreuses théories sur les lumières qui seront assimilées par les peintres.
C’est ainsi que Huygens, mathématicien, astronome (il découvre les anneaux de saturne) et physicien établira la théorie ondulatoire de la lumière.
III) Le triomphe de la peinture néerlandaise
Quantitativement comme qualitativement, la peinture néerlandaise domine l’Europe en raison de la précocité d’un marché de l’art indépendant de pouvoirs monarchiques ou religieux. Les maisons bourgeoises sont ainsi couvertes de tableaux, même chez les milieux modestes il peut y en avoir jusqu’à une dizaine, les prix sont en effet bas en raison d’une certaine forme de travail à la chaîne, il existe en effet des peintres ayant signé jusqu’à 10 000 portraits et certains ne font par ailleurs qu’un seul genre de tableau (toujours des paysages hivernaux par exemple).
Les néerlandais font également des représentations de la vie quotidienne, ce qui n’est pas sans choquer les marchands d’arts européens. Il peut s’agir ainsi d’une servante nettoyant un chaudron, dans lequel se reflète la peinture, il s’agit là d’une allégorie à la propreté mais également à la pureté de l’âme.
S’il existe une influence de l’Italie, il y a une nette distanciation à l’égard du Baroque même s’il n’est pas méconnu. L’Angleterre, les pays nordiques et germaniques commanderont de nombreux tableaux néerlandais car ils en sont impressionnés, les pays méditerranéens au contraire trouvent ceux-ci froids.
La peinture néerlandaise s’attelle notamment aux Paysage, aux représentations d’animaux dans leur rêverie, aux tableaux de marines ou de bataille navale (patriotisme), ou encore les paysages dit italianisant en raison de la présence de ruines ou de créatures mythologiques.
Encore, des natures mortes, des collations (tableaux allégorique représentant un fromage ou un hareng comme symbole de l’austérité), des scènes de divertissement populaire, ou encore des portraits de groupe, tel que la mise en scène des associations, ces grands tableaux servant à décorer les locaux des dites associations.
Enfin, pouvait également être représenté des villes ou l’intérieur des églises.
Rembrandt à la Haye, en 1666, est l’incernation du génie néerlandais avec ses œuvres emblématique, comme la leçon d’anatomie du docteur Tulp (1632), la compagnie de Frans Banning Cocq et Willem van Ruytenburch (1642), dit la ronde de nuit, ou encore la fiancée juive (1664). Il forme de nombreux élèves, mais ceux-ci ne connaîtront pas sa renommée, ils seront en effet ruinés par l’invasion française contraignant les peintres néerlandais à effectuer des œuvres plus communes afin de vendre leurs œuvres en Europe, en effet la chute des arts néerlandais coïncide avec celle de l’économie néerlandaise.
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Posté le 05.05.2008 par courslille3
Chapitre 6 : Angleterre
I) Vie Religieuse
Après la Glorieuse Révolution (1688-1689), l’Eglise Anglicane a beaucoup perdu de son autorité morale et spirituelle sur le royaume, pourtant acquis avec force au début du siècle, lorsque le compromis entre aspirations protestantes et subsides catholiques permettaient de tenir en lisière les puritains et les papistes (au début du siècle les catholiques se sont discrédités en raisons de multiples complots fomentés comme la Conspiration des Poudres (Gunpowder Plot) en 1605).
Sous l’influence du puritanisme, au cours des guerres civiles, résulta la dénaturation de l’anglicanisme avec la fin de la hiérarchie bâtie par l’Archevêque Laud. Les tribunaux religieux seront supprimés, les Prayer Book finiront par disparaître, des églises seront transformées en prison, en caserne, voir en galerie marchande.
Les puritains auront donc réussi et organisé le chaos (dans le sens biblique). Cependant les puritains au pouvoir vont se faire déborder par une multitude de sectes bien plus radicales, et leur presbytérianisme se fera doubler par les baptistes et les quakers qui critiquèrent le conformisme calviniste du pouvoir.
Avec la restauration, on cherche à retrouver ses marques et l’Anglicanisme est rétabli, mais il a perdu de sa capacité à assurer l’unité religieuse du royaume, la monarchie sera donc contraint de reconnaître la pluralité religieuse, comme cela sera le cas avec les « dissidens » modérés en 1662 qui seront reconnus dans le Toleration Act.
A l’origine, puissants comme modestes considéraient que l’ordre était nécessaire, le monde ne pouvant avoir été créer que par Dieu et la Providence intervenant dans l’histoire des hommes, le libre arbitre n’existant pas selon eux. Charles Ier et Jacques Ier incarneront l’ordre, Cromwell, Shakespeare, le poète Donne, ou encore Milton proclament d’une même façon le rôle du « guide » majeur : Dieu.
Néanmoins, avec l’interrègne, tout change, pour la première fois l’on a osé coupé la tête d’un roi, ce qui provoque un scandale chez les monarchistes mais change également leur vision du monde, changement de vision qui existe également chez les puritains lorsque la restauration remettra en cause leur vision du monde. Milton écrira le « Paradise Lost », ouvrage pessimiste déclarant que l’Homme a été abandonné par Dieu et qui connaît un grand retentissement, Newton incarne également la rupture, mais c’est John Locke qui trouvera une « solution », selon lui on ne peut plus mêler politique et religion, l’on serait dans une période de « christianisme des mystères », Dieu veillerait à édicter les morales mais il ne pèserait plus sur l’action des Hommes, les dictatures religieuses doivent être abandonnées (l’Etat doit renoncer à incarner une mission spirituelle) et chaque secte doit être tolérée tant qu’elle accepte la mission temporelle de l’Etat.
II) Vie intellectuelle
Cette diminution du religieux va se répercuter dans la littérature et dans les sciences, comme sur le continent le théâtre va perdre sa vulgarité et sera policé.
Peintres, poètes et musiciens mettront en œuvre ce que l’on appelle le Masque, il s’agit d’un divertissement rappelant les valeurs de la civilisation classique tout en y ajoutant des allusions sur le christianisme modernisé. Les acteurs vont chercher les spectateurs afin de les faire participer aux pièces. Le dramaturge Ben Johnson et le grand organisateur des fêtes royales Inigo Jones (architecte s’inspirant de l’Italie également) sont en rapport avec ce courant.
Mais le Masque va s’effacer derrière l’opéra dans le dernier tiers du siècle. Les poètes quant à eux renoueront finalement avec l’optimisme comme Dryden, Pope et Butler.
En architecture, se sont surtout les maisons des nobles qui vont évoluer, tel que le Manoir. Auparavant celui-ci s’organisait autour d’une pièce, la high table, une salle de vie commune où propriétaires, gens de maison et visiteurs demeuraient, il y a également une valeur religieuse car il existe un parallèle avec la table du Christ.
Au XVIIème siècle, cette pièce centrale sera abandonnée, l’on crée des pièces pour pouvoir se retirer, on relaye les domestiques en des endroits plus reculés (parfois les greniers), les manoirs se complexifient. Les manoirs s’entoureront de jardins, eux-mêmes entourés par une clôture, ou un mur afin de préserver l’intimité.
L’architecture religieuse est peu productive, à l’exception de Londres (du fait du « Great Fire » de 1666) peu d’églises sont construit. Christopher Wren, mathématicien, professeur d’Astronomie puis, par la volonté des puissants, architecte, fera bâtir une cinquantaine d’églises, dont la Cathédrale de Saint-Paul, il y applique une rigueur mathématique, un rationalisme froid, avec un décor austère, il abandonne la tradition anglaise de décorer les églises par du bois sombre au profit du noir. La « mode » des gisants (statues des défunts présentes dans les églises) n’est plus.
Vers 1650, les scientifiques effectuent la « Grande Rénovation », ils coupent les ponts avec la tradition. Selon Francis Bacon (1561-1626), la science serait capable de bâtir le « meilleur des mondes », elle permettrait de domestiquer la nature, soigner les maladies, échapper à la famine. Il s’agit d’un feu de paille pendant quelques décennies, où l’on sera réaliste et corrigera cette vision. Cela engendre l’installation progressive du cartésianisme, l’on commence par classer les végétaux, les éléments. William Harvey va découvrir la circulation du sang. Isaac Newton (1643-1727), issu de milieu modeste, fera ses études à Cambridge, il devient bachelier en 1665 et sera influencé par Isaac Barrow. En développant un télescope original, il découvrira la gravité, portant ainsi un coup fatal à l’explication religieuse de l’origine du monde et aux croyances, les persécutions vis-à-vis des « sorcières » cesseront donc.
Le choc newtonien va toucher également la politique qui va se séculariser. Thomas Hobbes écrit ainsi en 1651 le Léviathan, il accepte ainsi de mettre en œuvre les idées de machiavel en contrecarrant les thèses absolutistes en invoquant un contrat social. Le traité de gouvernement de John Locke va dans le même sens, il indique qu’il faut se montrer pragmatique et ne pas se laisser guider par une idéologie, il faut croire en l’Homme, de manière individualiste.
Posté le 03.05.2008 par courslille3
Le cours de rattrapage du 3 mai pour l'histoire moderne sera rédigé au cours du lundi après-midi.
l'Angleterre
I) Vie Religieuse
- L'influence des deux révolutions anglaises sur la vision de la Religion
II) Vie intellectuelle
- L'influence de la nouvelle vision anglaise de la Religion sur la Culture et les Sciences
Provinces Unies
I) Les caractéristiques de la Culture néerlandaise
- Une culture caractérisée par sa fierté patriote à la suite de sa guerre d'indépendance
II) Littérature, Sciences et Enseignement
III) La peinture néerlandaise
Posté le 02.05.2008 par courslille3
Chapitre 5 : « Les ouvrages de l’esprit »
I) La Réforme Catholique et l’art du XVIIème siècle
A) les Conditions d’élaboration de la production artistique au XVIIème siècle
Les églises et les couvents sont désormais inspirés de la nouvelle architecture qui se met en place en Italie, dans laquelle la lumière prend une place prépondérante, les nefs sont modifiées pour être percées par davantage d’ouverture. Selon le Concile de Trente, le fidèle, quelque soit sa place, doit voir l’office, être capable de lire son livre de prière et le desservant doit toujours être visible.
Afin de mettre en valeur l’autel et le tabernacle (qui abrite les hosties), on construit derrière des retables (immenses pièces de bois).
Les plus grands artistes recevront des financements, Simon Vouët par exemple recevra des commandes de la part d’institutions religieuses, mais également de la part de privés selon les dispositions de leurs testaments, ces financements pouvaient aller jusqu’à plusieurs milliers de livre.
Selon le Concile de Trente les images sont licites, c’est pourquoi l’on observe chez les peintres le développement d’un courant spécifiquement religieux. Ces peintures deviennent tellement courantes que leur prix baisse, auparavant les moins chers coûtaient 120 livres, désormais il est de 10 livres pour une peinture de petit format et est donc accessible même aux milieux populaires.
De plus les gravures ne coûtaient que quelques sols. Malgré cette baisse des prix, les artistes vivaient bien de leur art.
Le religieux est le premier genre en peinture, il est suivit par le portrait en deuxième position, l’histoire profane en troisième position, et enfin les paysages et la nature morte.
B) La signification des peintures
Les artistes mettent principalement en valeur les visages, afin que leur expression soit particulièrement visible.
On note quatre grands groupes picturaux, quatre grands thèmes au XVIIème siècle :
- la Vierge Marie, seule, avec Jésus enfant, la Sainte Famille, ou encore représentée pendant des évènements comme la fuite en Egypte, il s’agit du culte marial.
- L’eucharistie, la communion
- La passion du Christ
- La reproduction des Saints locaux, du Saint Patron de l’Eglise locale
Ces thèmes toucheront les peintres les plus modestes jusqu’aux plus grands, ainsi George de la Tour, ayant une production limité (environ 80 tableaux, dont 30 religieux) mais très élaborée a peint 9 Marie-Madelaine (symbole de la pénitence), 7 Saint-Pierre (il a renié le Christ, avant de faire pénitence et de bâtir l’Eglise), 5 Saint-Jérôme (traducteur de la Bible en latin et rédacteur de la vulgate qui fut reconnue comme « authentique » lors du Concile de Trente, il s’agit de mettre en valeur les écritures sacrées selon les interprétations catholiques en opposition avec le Protestantisme.) ou encore Saint-Joseph (considéré comme l’intercesseur parfait).
Au-delà de la représentation, il s’agit donc d’une volonté de faire passer un message. C’est à cette époque que se développe la technique de l’Allégorie, faire représenter une idée par une idéologie personnifiée, le plus souvent en choisissant une femme. Les peintres insistent sur le visage afin que les expressions soient parfaitement visibles.
La charité est ainsi une femme qui allaite un enfant, accompagnée de deux autres enfants jouant de la musique à ses cotés. Memento Moro, la mort, revient souvent également, un crâne placé dans une nature morte censé représenter la vanité matérielle et rappeler que la vie est courte.
Les frères Le Nain (nés à Laon, ils vécurent à Paris à partir de 1630) ont poussé au maximum l’allégorie, ainsi, dans le repas des paysans, il faut y lire le sacrifice de l’eucharistie.
C) Un cours rappel du Baroque et du Classicisme
Le Baroque est issu de l’Italie, il vente les mérites artistiques de la courbe, mais s’il y a beaucoup d’ellipse et d’ovales, le cercle est moins présent. Le baroque est influencé par l’art jésuite qui prônait l’existence d’un dôme surmontant l’édifice afin d’y faire entrer davantage de lumière. On privilégie l’exubérance.
Il s’agit d’une arme contre le protestantisme, c’est pourquoi l’on favorise un art ostentatoire à l’opposé du protestantisme. La musique doit être parfaite au sein des édifices, on étudie l’acoustique des lieux et on crée une musique religieuse adaptée suscitant l’émotion, que Calvin et les Jansénistes n’aimeront pas, d’où le proverbe « la musique adoucit les mœurs ».
Les grands compositeurs sont Marc Antoine Charpentier et Michel-Richard de Lalande.
Le Classicisme est issu de la préférence française pour la ligne droite, les croisements de ligne, on y abuse d’angles droits, c’est ici la symétrie parfaite.
Le décor classique est anti-baroque, d’une extrême sobriété, où très peu de personnages sont représentés, ceux-ci sont par ailleurs statiques afin de donner une posture calme et sereine.
Pour dissimuler les traits le classicisme utilise des effets de fondu.
En 1648, le classicisme sera encadré par des codes avec la création de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture par Mazarin, elle a pour mission de mettre en valeur une expression artistique originale propre à la France.
En dépit du contrôle des artistes, ceux-ci iront tout de même à Rome, car l’art antique rappelle le classicisme et afin de tirer des enseignements de la renaissance. Mais ensuite ils ne s’y déplaceront plus tout en continuant d’imiter Rome.
Le classicisme est principalement présent dans le nord du royaume, au sud il devra contrebalancer avec les influences méditerranéennes (italienne et espagnole).
II) la Médiatisation du Monarque
A) Développement du mécénat d’Etat
Elle repose sur des traités théoriques au profit d’un monarque jeune. Bossuet va recevoir ainsi de Louis XIV la commande de l’éducation du Dauphin, il dresse les contours d’une idéologie royale dans La Politique tirée des propres paroles de l’Ecriture Sainte. Il insiste sur le fait qu’avant d’utiliser de nouvelles méthodes, il faut employer celles ayant déjà marché par le passé. Il insiste donc sur la cérémonie du sacre, sur la thaumaturgie, sur le cérémonial de la vie du roi : le roi vit en public. Il insiste de même sur les manières dont le roi doit se présenter lors d’un lit de justice, ou encore lors des entrées solennelles dans une ville.
Louis XIV poussera cela encore plus loin, il met en avant la cours, en la codifiant, de même quant à la place du souverain vis-à-vis de l’armée. Il commence à prendre des distances avec la communication directe avec le peuple, il créera des cérémonies religieuses, les Te Deum, pour compenser cela dans une véritable politique de communication.
B) Début d’une propagande royale
Jean-Baptiste Colbert, dès 1661, prendra conscience de cet aspect et fera appel aux meilleurs plumes du temps en se tournant vers l’Académie Française, à qui il demandera de dresser « un plan de propagande du monarque ». Selon celle-ci il faut mobiliser toutes les capacités artistiques, qu’il s’agisse des lettres, des médailles, de la tapisserie ou de la gravure.
Colbert va donner une structure administrative à ce mécénat d’état à qui un véritable budget sera confié.
Cela passe par la création de nouvelles académies, l’Académie Royale de Musique, qui sera confié à Lully ou encore l’Académie Royale de Peinture et d’Architecture, confiée à Charles Lebrun. Le Roi, rien que le Roi, tout pour le Roi.
Ces académies créeront toute une série de canon, le premier est la référence à l’antique, le voyage à Rome sera désormais obligatoire et sera facilité par l’installation à Rome de l’Académie de France depuis 1668. Deuxième canon, l’utilisation de la tapisserie, pour les palais royaux d’une part, mais également afin d’offrir aux ambassadeurs étrangers, cela passe par la création de la Manufacture des Gobelins.
Il faut désormais donner une identité architecturale afin d’y voir le Roy de France. Cela ne sera pas facile, Colbert le verra avec le Louvre dont l’architecture n’est pas moderne. Il fera ainsi appel à un concours des plus grands architectes en vu d’améliorer le Louvre, les plus célèbres artistes y participeront, dont l’italien Le Bernin. Mais celui-ci sera refusé par Colbert qui y verra un style trop baroque. Il fera donc appel à Claude Perrault, afin d’améliorer l’architecture du Louvre uniquement selon des canons classique. Marqué par cette expérience, Colbert va sommer les architectes d’adopter les canons français et non italiens. C’est l’architecte Le Vaux qui bâtira les canons français et recevra la mission de les appliquer au pavillon de chasse de Versailles, ceux-ci doivent être présents aux jardins, dans l’architecture extérieure et à l’intérieur. Ces canons doivent donner une impression de majesté et de puissance, cela passe par la construction d’Arc de Triomphes avec des devises à leur sommet.
C) Le phénomène de cours
Les Grands du Royaume vont comprendre l’intérêt d’être toujours aux cotés du monarque, ils intégreront la cour et la fera évoluer.
La première évolution sous Louis XIV est que celui-ci prendra l’habitude de fixer la cour, qui avait auparavant l’habitude d’être itinérante jusqu’en 1670 environ, entre Paris et Versailles, cette dernière étant privilégiée, même si elle n’était point achevée.
Un système d’allégorie se met en place, ainsi une statue d’Apollon représente le Roi Soleil, de même, en 1664, lors de festivités, la danse de « les plaisirs de l’île enchantée » autour d’un seul danseur, le soleil, qui symbolise également Louis XIV, qui était par ailleurs lui-même un danseur émérite, et ce jusqu’à 32 ans.
Versailles devient le réceptacle de la pensée de l’époque, par la présence de Bossuet, mais aussi des plaisirs profanes avec Lully, Molière, Racine.
En 1668, Le Vau entreprend la construction de l’Enveloppe qui encercle le premier château.
Louis XIV met au pas l’aristocratie par le cérémonial de l’étiquette, d’inspiration espagnole, mais qui en sera beaucoup impressionnante, elle sera étudiée par les contemporains, comme Saint-Simon. Afin de réussir à Versailles, il faut disposer des « codes de civilité » qu’il faut connaître à la virgule prêt, la moindre erreur peut être fatale et certains même se suicideront.
Cette montée en puissance, entre 1668 et 1682 sera lente. A la mort de Le Vau, le nouvel architecte est Jules Hardouin-Mansart. Tout désormais sera contrôlé à Versailles, du levé au couché du roi. Le dixième de la noblesse française dépend ainsi de la bonne volonté du roi.
C’est sous l’impulsion de Louis XIV, à Versailles, qu’évolue la cour, dont le budget représente 1 à 2% du budget de l’état, le modèle français sera imité par les autres cour européennes.
D) Les autres moyens
Les collaborateurs de Louis XIV, comme Colbert vont doter la France d’institutions nouvelles visant à promouvoir l’image du roi, Colbert prendra ainsi le contrôle des périodiques, comme la Gazette de France (le plus ancien) ou le Mercure Galant qui devront ainsi faire place aux plus menus faits et gestes du roi.
En 1663 Colbert met en place la Petite Académie qui a pour fonction de rédiger les textes qui doivent accompagner les productions (médaille, art, etc…). C’est ainsi que de 1638 à 40 circuleront les médailles « Algera Fulminata » où Louis XIV représenté en Jupiter utilise sa foudre (sa flotte) contre Alger qu’il bombarde. Il y aura plus de 400 gravures différentes.
Un nouvel effort sera entrepris à destination des milieux savant, mais il y en a peu en France, si ce n’est Descartes, qui sera promu en tant que mathématicien, et non philosophe. Les travaux de Galilée seront utilisée, à travers Mersenne pour promouvoir le roi, de même pour Copernic qui promeut l’héliocentrisme (le Roi le soutien donc malgré l’opposition du clergé), Kepler, Tycho Brahe qui a identifié les cratères de la Lune, ou encore Harvey ayant découvert la circulation sanguine.
La cause du retard français s’explique par le fait que les Universités françaises se basent sur les écrits d’Aristote, et que l’Eglise contrôle encore l’enseignement, dès 1663 la Sorbonne condamne ainsi les écrits de Galilée. Colbert va donc financer, avec le budget royal, en 1665, le journal des Scavans. En 1666 est créée l’Académie Royale des Sciences où les débats sont autorisés en son sein en raison de la protection accordée par le Roi.
En 1667 est créé l’Observatoire de Paris, sa direction est confiée à l’un des membres d’une famille italienne bien connue en Europe, les Cassini, la naturalisation, effective en 1673 sera néanmoins obligatoire pour accéder a ce poste, afin de promouvoir la France.
III) L’évolution socioculturelle française au XVIIème siècle
A) Une culture orale, une culture savante et une culture de civilité
C’est encore une époque où la transmission du savoir se fait fortement à l’oral, notamment pour les chansons et les contes, mais l’on observe également un fait neuf, c’est qu’à cette voie s’ajoute des vecteurs nouveaux utilisant la transmission écrite que l’on nommera culture savante.
Il y a par ailleurs une évolution, au début l’on n’écrit que pour les initiés, ceux qui connaissent un tant soit peu le sujet et qui sont capable de comprendre, cependant, on voit apparaître petit à petit, une forme d’ouvrages de vulgarisation, destinée à la bourgeoisie.
Vers 1680 se développe une littérature bon marchée (car les livres n’ont pas de couverture), ceux qui les produisent choisissent spécifiquement certains ouvrages qui peuvent attirer les foules, c’est ainsi que l’on se permettre quelques allusions gaillardes implicites et c’est à cette période que les écrits de Rabelais se développent.
Un autre domaine populaire est les comtes de fées, dont le plus grand auteur est alors Charles Perrault qui doit son succès grâce à un fond de connaissance de contes et légendes datant du Moyen Age qu’il rebâtira en y ajoutant des éléments nouveaux. On y décèle une misogynie caractéristique de l’époque aux travers des traits de la mauvaise reine ou de la mauvaise fée.
Il doit son succès également aux renversements sociaux qui ont lieux, comme une servante qui devient princesse, mais également car ils se terminent bien, ce qui a pour message qu’il faut être optimiste.
Au niveau de la musique profane, l’on veille désormais à la qualité des chansons et l’on va bâtir des musiques spécifiques aux évènements, une musique pour le carnaval, pour l’arrivée du printemps, au baptême, etc …
Aux instruments courants s’ajoutent flûtes et cornemuses qui, si ils étaient tout d’abord destinés aux milieux populaires, se feront vite approprié par l’élite qui va s’en inspirer, avec le luth, ou encore le clavecin qui connaît alors son essor.
Contrairement aux pays méditerranéens, en France les femmes peuvent sortir seules et parler aux hommes, il faut donc ainsi éduquer ceux-ci pour qu’ils puissent parler convenablement aux femmes, d’où l’établissement de la galanterie, de la conversation et d’un certain modèle de l’homme cultivé.
Madeleine de Scudéry fera ainsi évolué la conversation vers la préciosité. Il s’agit de la « police » (dans le sens de manière) des mœurs, il s’agit d’épurer la langue française, de la dégasconiser en abandonnant les attitudes de la cour d’Henri IV (comme le fait de rouler les r), il faut désormais parler comme à Paris et savoir utiliser de nouveaux mots.
Des dictionnaires commenceront à paraître, comme en 1680 celui de Richelet, en 1690 celui de Furetière (40 000 mots), en 1694 l’Académie Française en fera paraître un également, et enfin en 1704 paraîtra le Dictionnaire Universel de Prévoux (Jésuite).
Désormais le vulgaire au théâtre n’est plus accepté, comme c’est le cas des querelles entraînées par le Cid. On discrédite les provinciaux et l’écart se creuse entre l’élite et le peuple.
B) l’Education au XVIIème siècle
Grâce à l’initiative prise Maggiolo qui ira recueillir les signatures des actes de mariage pour relever le nombre d’illettrés, nous savons que 29% de la population masculine et 14% de la population féminine sont alphabétisés, soit un total de 21% des français. Au nord d’une ligne imaginaire allant de Saint-Malo à Genève, l’on monte à 30 à 40% des français et 20% des française, alors que dans le Midi, 20% des méridionaux et moins de 10% des méridionales le sont.
Cette alphabétisation résulte de l’action des Eglises, dans dès les années 1670 les catholiques ouvrent des écoles en province, et au sein de la population protestante l’on lisait la Bible jusqu’à l’interdiction d’une telle pratique.
Les difficultés rencontrées sont liées aux langues locales, le Français étant plus facile d’accès aux personnes parlant une langue d’oïl qu’aux bretons.
Mais l’alphabétisation n’est qu’une face de la scolarisation, Richelieu comme Colbert ne veulent pas aller au-delà des bases et s’opposent donc à l’Eglise qui veut répandre les enseignements.
Jean Baptiste de La Salle va mettre sur pied des écoles charitables, puis instaura les Frères des Ecoles Chrétiennes. Dans toutes les régions le même programme serait étudié, rédigé en français, et non plus en latin, par de La Salle. Il est le premier à fixer des horaires fixes pour l’école, ainsi que le premier à établir un système de récompense et de punition, où les coups et les injures à l’encontre des élèves sont interdits.
Les collèges vont connaître une explosion, les jésuites en avaient une centaine en 1640 ce qui est considérable. Ils accueillent des fils d’officiers, de marchands, de grands agriculteurs, ou encore d’autres privilégies.
Les études se faisaient en 7 années, divisées en deux cycles, le trivium (trois matières) et le quadrivium (quatre matières). Une large place est accordée aux dévotions (prières avant les cours, messe journalièrement), la Géographie, l’Histoire et les Sciences sont enseignées.
60 000 garçons étaient formés aux collèges avec un niveau leur permettant d’accéder à l’Université.
Les Académies, quant à elles, étaient réservées à l’aristocratie, on y enseignait la maîtrise des sciences militaires, comme l’escrime, l’équitation ou la poliorcétique (art de mener un siège en offense comme en défense), ainsi que la musique et la danse.
Suite à une réforme en 1679, la licence fut élevée à trois ans avec une obligation d’assiduité.
Il s’agissait principalement d’hommes, car les femmes devaient, selon les contemporains, prendre part à la maîtrise de la maison, même si les ursulines apprenait à écrire, coudre, broder, chanter, jouer un instrument (plus tardivement), ainsi qu’un enseignement religieux.
Françoise d’Aubigné, Madame de Maintenon est à l’origine de la création de St Cyr, pour les filles de la noblesse pauvre, elles y entrent à 7 ans et en sortent à 20 ans en bonnes chrétiennes, maîtresses de maisons, bonnes musiciennes et danseuses.
D’autres s’étaient construits leur bagage culturel au contraire grâce aux salons, comme la Marquise de Sévigné et Mme La Fayette.
Les Imprimeurs, quant à eux vont vivre un XVIIème siècle difficile jusqu’en 1650, avant que la situation ne s’améliore quelque peu. Ils ont pu toucher un public plus large en faisant paraître désormais des écrits en français et des livres à bon marché, qui sont vendu par des colporteurs en province, avec notamment les demi lettrés constitués par la petite noblesse, les bourgeois et les gros laboureurs cultivés.
Ils impriment sur feuilles volantes beaucoup de textes religieux, politiques, satiriques et misogynes, des placards/canards qui racontent des faits extraordinaires, surnaturels, des récits d’ensorcellement ou encore les récits de crimes horribles, des almanachs, surtout en campagne par le biais des colporteurs, car associé en général avec un calendrier (notamment agricole) et à des prédictions astrologiques, des ouvrages à bond marché, comme la bibliothèque bleue de Troyes, il s’agit principalement de romans de chevaleries, sur la vie des saints ou encore des tragédies, enfin, des livres de civilité, de cuisine, de recettes médicales ou encore d’astrologie.
C) l’Emergence de l’Esprit critique
Théorisé par Descartes et son doute méthodique, l’esprit critique privilégie la raison et cherche à l’appliquer à chaque évènement. Tous les enseignements reposaient alors sur des livres qu’on ne remettait pas en cause, comme les écrits d’Aristote notamment.
René Descartes rédige en 1637 le discours de la méthode : tout sujet pensant peut vérifier la validité d’une idée en la soumettant à la critique, c’est la base d’une méthodologie de recherche de la vérité. Il a tenté de concilier la foi chrétienne telle qu’elle est enseignée avec les sciences nouvelles, ce qui va séduire les oratoriens qui, dès 1640, enseigneront les idées cartésiennes. Mais les Jésuites et les Universités n’y sont pas favorables et les Jésuites feront appel au Pape qui, en 1663, met à l’index l’ouvrage de Descartes, entraînant en 1669 la condamnation de l’ouvrage par la Sorbonne, puis en 1670 l’interdiction de sa simple évocation au sein d’une Université.
En 1663, Blaise Pascal finira par suivre le chemin de Descartes, tout doit être testé par des expériences selon lui, il influera beaucoup Newton.
A coté, au XVIIème siècle va se développer le rationalisme chrétien, les jansénistes seront porteurs de cette démarche, certain s’attaqueront au mysticisme comme Nicolas Malebranche qui ira plus loin en établissant un lien entre la foi chrétienne et la raison, en enlevant les principes mystiques. En 1687 la papauté finira par condamner le mysticisme est les travaux de Molina en prônant la méfiance envers ces pratiques.
En France c’est Bossuet qui s’attaquera au mysticisme, Mme Guyon qui prônait le quiétisme (pratique mystique ayant influencé St Cyr et Fenelon) sera embastillée et le quiétisme condamné dans le Royaume.
L’infériorité féminine sera remise en cause, et des querelles éclateront entre Anciens et Modernes dans la littérature.
Le doute méthodique touchera les juristes qui prendront désormais leurs distances avec la sorcellerie, l’immersion de la sorcière sera ainsi interdit, en 1670 le droit français ne condamnera plus la sorcellerie, la pratique des bûchers sera totalement éteinte en 1680.
Au XVIIème s’impose une sensibilité nouvelle, avec un goût pour les arts avec de riches mécènes faisant des commandes privés, notamment dans l’art du portrait, une même évolution pour la musique qui d’une grande manifestation de la royauté devient quelque chose de privé et de discret avec la cantate et la sonate. Les mœurs évolueront notamment dans la vie de couple, notamment de la manière dont on considère les enfants ou encore les premières tentatives (condamnées par l’église) pour limiter la fertilité des couples.
Posté le 17.04.2008 par courslille3
Chapitre 5 : Des nationalités aux nationalisme
I) Les aspirations des peuples européens
Contrairement à aujourd’hui, la nation relevait alors principalement de la gauche et l’extrême gauche. L’Europe hérite les frontières du Congrès de Viennes, qui a eu lieu dans la capitale autrichienne en raison du fait qu’il s’agissait de l’état le plus puissant sur le continent. L’homme fort de l’Europe était alors Metternich qui domina la diplomatie internationale de 1815 à 1848, il fut surnommé « le cochet de l’Europe », il était favorable au retour de la légitimité, à une idée de restauration, de contre-révolution.
A l’opposé de nombreux européens, il n’est pas sensible au philhellénisme et il est opposé à l’indépendance grecque car il y voit une révolution pouvant menacer l’ordre européen.
Lorsqu’il fut renversé par la révolution viennoise lors du printemps des peuples, il écrit au tsar russe pour lui dire que l’homme ne peut stopper un torrent, mais l’endiguer.
1) Liberté, Egalité, Fraternité
La révolution de février 48 est un coup de tonnerre qui met en avant :
- la Liberté : c’est la demande de droits politiques, du suffrage universel, de la liberté d’expression et de presse.
- l’Egalité : on passe d’une égalité des droits obtenu lors de la première révolution à la revendication d’une égalité sociale et au droit au travail, mais ces égalités ne sont pas toujours complémentaires.
- La Fraternité : il s’agit des inspirations chrétienne et des inspirations socialistes, la Seconde République n’est pas laïque, c’est l’utopisme de la charité chrétienne. Mais c’est également l’idée de la fraternité entre les peuples
La France est un vieux pays unifié, mais il n’en est pas de même partout, les révolutions ne sont ainsi non seulement du au souhait de libertés, mais aussi le moyen d’exprimer les revendications nationales d’autonomie ou d’indépendance.
Seules la Grande Bretagne et la Russie ne connaissent pas de révolutions, cette dernière se permettra même d’intervenir à l’extérieur de part sa puissance. Il s’agit pourtant de deux états aux antipodes, l’une étant moderne, libérale et ayant une vie politique, l’autre étant autocratique, agricole et en retard sur le plan économique.
2) l’Empire d’Autriche
Metternich est le symbole et le gardien des monarchies. Ici c’est une minorité, les allemands qui sont huit millions domine une majorité de vingt-sept millions d’individus de diverses nationalités : les magyars (dirigés par l’indépendantiste Kossuth), les slaves du nord (polonais, tchèques, slovaques), les slaves du sud (slovènes, serbes, croates), italiens et roumains. L’Empire joua sur les rivalités entre ses différentes nationalités, comme entre les hongrois et les croates, pour maintenir son autorité.
On parlera de « prison des peuples ». Mais il faut savoir que certains se contenteraient d’une simple autonomie et que d’autres également sont fidèles au souverain, car la nation est parfois assimilée au suzerain, d’où les difficultés des républicains qui utilisèrent des allégories féminines.
Metternich a fait de cet Empire un espace policier, en effet le budget de Vienne pour la police était trente fois plus haut que celui de l’instruction.
3) La Confédération Germanique
Il faut savoir qu’il n’y a pas d’autrichiens et que ceux-ci se sentent proches des bavarois catholiques, et même des allemands du nord de Saxe et de Prusse avec qui ils partagent une culture commune malgré le protestantisme de ceux-ci, mais il n’existe pas d’état allemand.
Cette Confédération établie en 1815 à sa tête l’Empereur d’Autriche qui est ainsi également le Président de la Confédération.
C’est une mosaïque d’états, et le parlement, la Diète, se réunit dans la ville libre de Francfort. Hohenlohe dira qu’il s’agit du « lit dans lequel le peuple allemand a dormi plus de trente ans » car le nationalisme allemand n’était plus aussi actif que face à Napoléon, où à la bataille de Leipzig, les soldats saxons alliés aux français passèrent du coté prussiens.
Se pose cependant de multiples questions : Quelle Allemagne faut-il faire ? Faut-il y inclure l’Autriche ? Les non-allemands qui y habitent ? Mais sans l’Autriche, quel souverain ? Ferdinand Ier d’Autriche ou Frédéric Guillaume IV (qui hésite entre céder ou être ferme face aux revendications populaires, car s’il ne veut pas céder il ne veut pas être un monarque sanglant) ? Quel type de royaume, d’empire ? Avec ou sans représentation du peuple ?
4) La Péninsule Italienne
Il existe sept états, sans lien confédéral mais qui sont gouvernés plus ou moins directement par l’Autriche, à l’exception du Piémont Sardaigne. Il n’y a pas non plus de zone d’union douanière comme le Zollverein pour convaincre l’élite économique du bien fondé de l’unité.
L’élection de Pie IX, perçu comme un Pape jeune et prometteur, et la politique du roi de Piémont qui semble s’orienter vers une politique libérale en autorisant le journal libéral de Cavour Il Risorgimento (la résurrection, la renaissance, le réveil) sont perçus comme des signes de libéralisation.
II) La Vague révolutionnaire
1) la Révolution en Italie et en France
Le 12 janvier 1848 commence la révolution sicilienne à Palerme, il s’agit d’une demande d’autonomie, ainsi que d’une constitution avec un pouvoir législatif élu. Périodiquement il y a eu en Europe des soulèvements demandant une telle constitution, il ne s’agit donc pas d’une première.
En France, Louis XVIII a octroyé une charte, car il ne pouvait effacer totalement les traces laissées par la révolution, mais il ne s’agit que d’une concession, même si celle-ci instaure un parlement de deux chambres, dont l’une est élue au suffrage censitaire.
Son successeur, Charles X, mécontent de l’opposition, décide de dissoudre cette chambre des députés, et souhaite gouverner par ordonnance. Cela constitue une violation de la Charte qui est interprété comme un coup d’état, d’où les trois glorieuses de 1830.
Dans de nombreux royaumes il n’y avait cependant pas de charte.
La constitution de Cadix est un modèle pour l’ensemble de l’Europe méditerranéenne alors qu’elle ne fut jamais appliquée. En lutte patriotique contre la France, et en quête de liberté, les députés libéraux s’étaient réfugiés en 1812 à Cadix. Ferdinand VII n’accepte pas de la faire appliqué à la chute de Napoléon, cela provoqua un soulèvement en 1820 et l’Espagne fut gouvernée par les libéraux pendant trois ans avant que la France ne restaure le pouvoir de Ferdinand VII.
Un mois après la révolution sicilienne se produit la révolution parisienne. La question du suffrage est alors au centre et il y a une entente entre les classes moyennes exclues du vote et les ouvriers.
Louis Philippe abdiquera rapidement sans s’opposer à cette révolution, cependant les monarchistes ne parviendront pas à proclamer son fils roi, et sa femme régente. Le gouvernement provisoire proclame la République le 24 février à l’hôtel de ville de Paris.
Le 29 Février Metternich déclarera : « Aujourd’hui comme il y a un demi-siècle, l’Europe à affaire à la Révolution Française, tous les gouvernements ont affaire à un ennemi commun et sont exposé à voir cet ennemi remporter bien des victoires ».
2) l’Empire d’Autriche menacé d’implosion
Une révolution éclate à Vienne et Metternich doit quitter Vienne le 13 mars, elle vise à mettre fin à l’absolutisme, les autrichiens réclament une constitution. Le 25 avril l’Empereur octroie une constitution, mais cela n’est pas accepté par les libéraux qui la jugent insuffisante, le 17 mai le gouvernement devra accepter la création d’un Reichstag pouvant s’accorder sur le choix d’une constitution. L’Empereur quitte Vienne pour Innsbruck (Tyrol).
Entre la mi-mars et mai, les hongrois et les tchèques se révoltent également. Dès le 15 mars un soulèvement à lieu à Buda et aboutit à un gouvernement provisoire qui revendique, et obtient, l’autonomie. La Hongrie ne garde qu’un simple lien avec le souverain autrichien, les magyars choisissent comme hymne la Marseillaise hongroise.
Les tchèques réclament également l’autonomie, ils sont à la pointe de l’esprit slave et réclament un congrès de tous les slaves.
3) Mouvements libéraux et unitaires en Allemagne
L’Allemagne est diverse, territorialement, politiquement, les souverains réagissent selon leurs moyens et selon l’attitude de leurs voisins. Certains rois, comme en Bavière, promettent des élections, celui-ci sera néanmoins contraint d’abdiquer en faveur de son fils à Munich.
A Berlin il faut attendre le 18 mars pour que se déclanche la révolution, la répression causera 250 morts. Le roi Frédéric Guillaume IV, changera d’avis quant à la marche à suivre pour s’incliner publiquement devant le corps des victimes, avant de prendre des ministres libéraux et d’accepter un parlement. Son entourage au contraire observe avec inquiétude ces concessions, ayant favorisé la répression.
A Francfort, la Diète de la Confédération est remplacée de fait par un Parlement National Allemand qui ouvrira ses débats le 18 mai.
4) Mouvements libéraux et unitaires en Italie
Le 17 mars à Milan, a lieu les « cinq journées » qui permettent de chasser les autrichiens, commandés par le Général Radetzky, de la ville. Dès le 4 mars le roi de Piémont accorde le Statuto, et le Pape Pie IX fait de même le 14 mars même s’il s’agit d’un texte plus modéré qui ne permet que d’introduire quelques laïcs dans l’administration et n’accepte qu’un suffrage censitaire. Le roi de Naples cédera également devant la révolution sicilienne.
Mais cela est insuffisant et ne permet pas l’unité en raison de l’obstacle autrichien, d’une révolution il faut passer à une guerre. Le 25 mars Charles Albert (roi de Piémont) déclare la guerre à l’Autriche. Mais quelle Italie unifiée faut il réaliser ? Une extension du royaume de Piémont ? Une fédération autour du Pape ? Une république ?
III) Les révolutions contenues, puis écrasées
1) Les Points faibles des révolutionnaires
Le retour à l’ordre a été rapide et l’échec général, cela s’explique par un certain nombre de points faibles des révolutionnaires.
En effet, il est à noter l’isolement et la fragilité des mouvements révolutionnaires au sein de leur nation, les élites étant en effet toutes hostiles, que cela soient les gradés de l’armée ou l’administration, celles-ci étaient en position de force.
Il n’y avait que peu d’instruits chez les révolutionnaires, la base sociale était insuffisante, les paysans étaient en effet très méfiants vis-à-vis des évolutions venues de la ville, et docile vis-à-vis de leurs anciens seigneurs, comme le montre Tocqueville, lucide, ou encore Bismarck, qui raconte dans ses mémoires comme il a maintenu ceux-ci sous son influence et les a armé contre les révolutionnaire.
De même il y avait un manque d’unité selon les idéaux de chacun, entre le bourgeois libéral, ceux qui ne souhaitaient qu’obtenir le droit de vote et les prolétaires qui souhaitaient une véritable république sociale.
Il faut également noter le manque de solidarité entre les nationalités, ce qui fut la grande force de l’Empereur d’Autriche, en effet les hongrois souhaitent fonder un état autonome, mais dans lequel les minorités croates et slovaques préfèrent un souverain autrichien, plutôt que hongrois. Les autrichiens sauront utiliser les rivalités nationales à leur profit, notamment chez les croates qui seront très sensible à la lutte contre la Hongrie.
2) Manque d’appui extérieur.
La France de 1849 n’est pas décidée à réitérer l’expérience de 1789 et le 4 mars, Lamartine, ministre des affaires étrangères, rompt avec la doctrine républicaine de la libération des nations et déclare que la France ne veut pas faire la guerre, ce qui divise les républicains français entre eux, jusqu’alors le nationalisme républicain était favorable aux guerres.
A cette politique nouvelle, une exception néanmoins, à Rome, où en mars 1849 est proclamée, plus tardivement que pour les autres révolutions, une République sous la forme d’un triumvirat entre Mazzini, Carlo Armellini et Aurelio Saffi.
Le Pape se réfugie à Naples et faits appel aux puissances catholiques (France et Autriche) pour le restaurer en ses états. En France, peut-on être pour sur des motifs différents, certains veulent restaurer le Pape, comme les conservateurs, d’autres souhaitent éviter que l’Autriche n’y aille en les devançant, pour promouvoir un compromis. Il s’avère néanmoins très vite que, une fois sur place, la position républicaine de l’intervention ne sera guère retenue et la seule exception aux propos de Lamartine est donc une intervention en faveur de la contre-révolution…
3) Défaites des italiens
La Guerre engagée, le 25 juillet 48 a lieu la défaire piémontaise à Custoza face à Radetzky qui peut donc réoccuper la Lombardie. Si l’armistice arrange les autrichiens, car cela leur permettre de s’occuper de leurs problèmes internes, les piémontais ne peuvent accepter de signer une paix humiliante, ce qui reviendrait à perdre la légitimité du roi en faveur de l’unité, d’où l’existence de partisans de la guerre malgré les risques que cela engendrerait.
A mesure que le temps passe, avec les évènements de Rome, compromettant l’idéal d’une Italie monarchique, le roi décide de poursuivre la guerre, préférant le martyr à la paix, il est battu de nouveau à Novare, le 23 mars 1849 et abdique le soir de la bataille en faveur de son fils Victor Emmanuel II pour que cette défaite, ainsi que les responsabilité de la guerre, n’entachent pas les chances d’une unité italienne autour du Piémont.
Cela n’est pas sans précédent, Ferdinant Ier en Autriche avait fait de même en décembre 1848 en faveur de son neveu François-Joseph Ier.
Si l’on retourne aux régimes précédents, la cause de l’unité a marqué les esprits et elle dévoile les difficultés qu’une République peut rencontrer, ainsi que la nécessité d’un soutien étranger.
4) Le retour à l’ordre en Allemagne et dans l’Empire d’Autriche
Après plusieurs mois, le 28 mars 1849, les partisans de la petite Allemagne l’emportent sur ceux de la grande Allemagne, la couronne du nouveau Reich ne pourra donc revenir à l’Empereur d’Autriche et le parlement de Francfort l’offre au roi de Prusse.
Le 27 avril 1849, celui-ci refusera pour plusieurs raisons, il ne souhaite pas un affrontement avec l’Autriche et est favorable à une solidarité idéologique auprès des princes allemands avec qui il ne souhaite pas s’aliéner malgré qu’ils soient plus proches de l’Autriche. Il souhaite que ce soit ces derniers qui le désignent comme Empereur, et non le suffrage universel.
Cela provoque l’arrêt de mort du parlement de Francfort, qui se verra bientôt disperser par les forces de l’ordre.
Malgré cela, le débat sur l’unité se poursuit en Allemagne, mais il n’y a pas de consensus chez les princes Allemands, c’est l’echec de la Prusse, d’autant que désormais l’Autriche a résolu ses problèmes avec la capitulation de Vilagos où les hongrois reconnaissant leur défaite.
L’Empereur mobilise donc ses troupes, et le roi de Prusse est contraint de se soumettre aux exigences autrichiennes à la capitulation d’Olmutz, qui est le dernier acte de la domination autrichienne sur l’Europe continentale.
Moltke (réformateur de l’armée prussienne) et Bismarck, ayant vécu très intensément les évènements, en tirent un enseignement sur l’utilisé des chemins de fer afin d’effectuer une mobilisation rapide, ainsi que de l’utilité du soutien des petits états allemands, en en déduisant qu’il faut faire une guerre contre un ennemi commun pour l’obtenir.
Posté le 07.04.2008 par courslille3
Chapitre 2 : Temporalités des sociétés humaines en région aride
L’homme vit depuis très longtemps dans les déserts pourtant plein de contraintes, qui ne sont des contraintes que par le fait que des hommes y vivent, mais il est a noté également la présence de ressources naturelles.
Thomas Edward Lawrence, dit Lawrence d’Arabie (1888-1935), passionné par la péninsule arabique est l’auteur des Sept piliers de la Sagesse (1926) où il décrit le désert comme une terre brûlée et hostile.
On trouve dans les régions arides, mais surtout semi-arides, des densités de populations assez conséquentes qui sont parfois la cause d’un surpeuplement.
Néanmoins les contraintes peuvent être corrigées, preuve des capacités créatrices et d’adaptation au milieu de l’Homme.
Nous nous interrogerons sur toutes les formes d’adaptation des sociétés humaines aux milieux arides, nous nous intéresserons au temps long des Hommes mais également aux temps courts, aux crises d’adaptation de l’Homme vis-à-vis des déserts.
Quels sont les grands types d’occupations traditionnels des déserts ? Qui sont les peuples du désert et comment sont-ils parvenus à s’adapter aux contraintes ?
Comment ces modes de vie évoluent-ils dans le temps, quelles sont les principales ruptures ?
Comment les temporalités humaines interfèrent-elles avec les temporalités naturelles ?
I) Les formes traditionnelles d’adaptation
Les contraintes sont notamment le vent, le manque d’eau est la température, l’Homme est adapté, à l’origine, à un climat où ces contraintes là n’existent pas, ces contraintes ne sont pas naturelles à l’Homme, mais pourtant celui-ci a très tôt habité dans les déserts.
1) L’occupation préhistorique des déserts
A) En différentes étapes
Les déserts qui ont été occupés précocement sont ceux d’Afrique et d’Asie, en raison de leur proximité avec le foyer originel de l’humanité, on trouve ainsi au Sahara des traces d’occupation humaine jusqu’à deux millions d’années.
Celui-ci a été peuplé notamment aux moments des pluviaux, alors qu’il était fuit lors des périodes arides, on observe une adéquation avec les temporalités naturelles.
Les déserts d’Asie, eux, sont peuplés depuis un million d’année.
Les déserts d’Amérique et d’Australie au contraire ont été occupés plus tardivement, et cela ne fait par exemple que depuis 60 milles ans que les aborigènes peuplent l’Australie.
B) Une occupation qui est le fait de nomades chasseurs cueilleurs
L’occupation est le fait de petits groupes humains qui survécurent dans un mode de vie de chasse jusqu’à une période récente. En effet, avant 10 000 BP tous les humains vivaient de la chasse et de la cueillette, mais depuis cette date l’histoire diverge selon les régions, les discontinuités commencent.
L’alimentation est composée de feuilles, de racines, de graines, d’insectes, de chenilles, de mollusques, d’oiseaux, de grenouilles, de lézards, de serpents, de rongeurs, de poissons et de mammifères (comme le Kangourou en Australie).
Des conditions de vie matérielle très difficiles, mais qui permettent tout de même de coloniser les milieux arides et semi-arides.
A quelques exceptions prêt, ce système a presque complètement disparu et ce temps de la Préhistoire a duré plus ou moins longtemps selon les régions, et s’il fut remplacé précocement en Afrique et en Asie, la Préhistoire a durée jusqu’au XVIe-XVIIe siècle en Amérique du Nord et jusqu’au XIXe siècle en Australie.
Cette discontinuité s’appelle la révolution néolithique qui est tout aussi importantes que les révolutions du XIXe siècle, elle se produit au début de l’Holocène par l’invention de l’agriculture et de l’élevage, cette révolution se base également sur d’autres inventions comme la construction d’habitations, entraînant un début de sédentarisation, la poterie en terre cuite, permettant de conserver et d’échanger les aliments et la sélection des espèces animales et végétales.
Cette révolution se développe dans le Croissant fertile, vers 10 000BP et marque le début de la fin des chasseurs cueilleurs.
2) Le nomadisme pastoral
A) Le nomadisme bédouin
Se situe principalement en Arabie et au Sahara, ils ont pour soucis essentiel de nourrir et de faire boire leurs troupeaux (dromadaires, chèvres, bovins). Ce nomadisme se développe au 4e millénaire avant JC, paradoxalement en parallèle avec un début d’aridification croissante du Sahara.
Le bédouin est donc amené à se déplacer sur un énorme territoire à la recherche de pâturages d’acheb. Il s’agit d’une herbe de petite taille formant des prairies en Arabie, avec un cycle très rapide de trois à quatre semaines, elles sont présentes notamment l’été quand il arrive que la moisson parvienne jusqu’aux déserts. Ces achebs suffisent aux bédouins pour satisfaire les besoins de leur troupeau, mais les obligent à transiter sur des espaces très vastes de plus d’une centaine de millions de kilomètres.
Lors des périodes de sécheresse, l’hiver notamment, ils se dirigent vers les périphéries plus humides, comme au Sahel.
Ce mode de vie a aujourd’hui disparu.
B) Le nomadisme des déserts froids d’Asie
Il se développe au premier millénaire avant JC, dans ces déserts froids, la végétation naturelle y est plus développée, les locaux n’utilisent pas de chameaux, mais des chevaux.
Les pasteurs asiatiques sont donc plus mobiles, avec davantage de ressources et donc avec des terrains de parcours moins étendus.
Ils vivent notamment dans des yourtes.
3) L’agriculture traditionnelle, pluviale ou irriguée
L’agriculture pluviale est moins technicienne que l’agriculture irriguée. Les contraintes sont plus grandes pour l’agriculteur que pour le pasteur, car celui-ci est davantage lié à la terre et donc limité aux quelques surfaces pourvues d’eau.
Les contraintes sont dépendantes du niveau d’aridité, il existe ainsi plusieurs systèmes agricoles traditionnels.
l’Agriculture irriguée dans les Oasis
Oasis qui peuvent border un fleuve (le Nil, le Draa), qui existent aux alentours de nappes phréatiques que l’on peut pomper, ou encore dans les massifs (comme l’Atlas).
Elles sont contrôlées par l’intermédiaire de puits et de barrage, l’irrigation consistant à réguler l’eau dans l’espace (canaux) et dans le temps (création de réserves d’eau). Les oasis sont des créations humaines depuis 6 à 7 milles ans.
Ces oasis ressemblent aux huertas sur le plan de l’agriculture, elles ont un réseau de canaux qui nécessitent énormément de travail (pour leur création, et leur entretien) pour seulement quelques petites parcelles. Traditionnellement, et c’est toujours le cas, c’est un travail dur qui s’effectue toute l’année, sans interruption.
Les oasis sont différents les uns des autres, au Sahara elles sont petites car liées à l’existence de puits, elles sont néanmoins très luxuriante et leur végétation est caractérisée par les palmiers dattiers et les arbres fruitiers.
Les oasis de fleuve dominent l’est, comme en Egypte, en Mésopotamie et au Pakistan, elles sont plus vastes et s’étendent le long des fleuves allogènes.
On en trouve aussi en Asie Centrale, leur végétation est caractérisée par une faune plus tempérée, comme les peupliers et les saules.
Enfin, il y en a également au Sud ouest des Etats-Unis, chez les Anasazi et chez les indiens pueblo, grâce aux cours d’eau et depuis environ 1000 ans, créant ainsi une grande civilisation hiérarchisée et centrée autour de l’agriculture.
L’oasis a néanmoins beaucoup changé désormais.
l’Agriculture pluviale dans les régions semi-arides
Elle n’est possible en effet que dans les régions semi-arides car elle dépend uniquement de la courte saison humide de quelques mois qui existent grâce aux moussons. L’agriculture pluviale consiste à égratigner les sols, à l’aide d’outils, comme l’araire, la mise en valeur agricole est donc difficile. Nulle part l’agriculture est continue, comme c’est le cas en Europe et les espaces cultivés sont disparates, ne concernant que les meilleurs sols.
Il s’agit principalement d’une agriculture extensive, de subsistance, susceptible de nourrir qu’une faible population humaine.
La limite géographique de l’isohyète pluviale est d’environ 300 mm/an d’eau, au dessus l’agriculture des céréales reste en effet rentable, en dessous au contraire cette agriculture est fort aléatoire.
Au Sahara cela fait environ 10 000 ans que le mil (céréale) a été domestiquée sur les bords du Sénégal avant de se répandre, il est accompagné secondairement par le blé et l’orge.
On trouve très peu cette agriculture en Amérique, et nulle part en Australie, cela concerne surtout l’Afrique et l’Asie où les modes de vies se sont fortement diversifiés de part leur ancienneté.
4) Le commerce caravanier
Dans certaines régions arides, il existe de longues traditions de routes commerciales, dès le Vème siècle avant Jésus-Christ au Sahara. Et jusqu’au XIXème siècle le commerce Saharien était très actif, notamment sur trois pistes, l’une à l’ouest (Sanégal, Maurétanie, Maroc), une autre au centre (Sénégal, Tombouctou, Maghreb) et la dernière à l’est (Vallée du Nil, vers l’Egypte et la Cyrénaïque).
Quels étaient les produits échangés ? Il s’agissait principalement de produit de luxe, le sel, les épices, l’ivoires, de l’or et des esclaves contre les produits méditerranéens et européens.
La région de Taoudenni, au nord du Mali (23°N ; 5 mm/an d’eau : hyperaride), est réputée pour ses mines de sels exploitées dès le XVIème siècle. Au début du XXème siècle des journalistes qualifièrent les lieux d’horreur ou d’« enfer du sel ».
Pendant l’optimum climatique de l’Holocène, la région abritait des lacs, mais depuis, on a assisté à une aridification du climat, les lacs se sont asséchés et se sont des Chotts qui ont pris leur place.
Les mines d’Agorgott sont toujours d’activité, on y prélève des dalles de sel de 30kg qui sont chargées sur des chameaux. Les caravanes de sels parcouraient les 700km qui séparaient les mines de Tombouctou, sur cette piste il n’y a seulement que deux oasis, pour quinze jours de voyages. La vie est donc très rude, mais ces caravaniers sont riches, ils sont les Seigneurs des Oasis, ce sont ces grands caravaniers qui ont créé les oasis.
Les caravanes ne peuvent exister que grâce à l’aide de la domestication des chameaux, elles ne sont donc possibles qu’en Afrique du Nord et en Asie (route de la soie par exemple).
II) La relation de l’Homme à l’aridité et son interprétation
1) Un discours savant : le déterminisme en géographie
C’est un concept philosophique qui prétend qu’il existe des rapports simples et linéaires de cause à effet dans les phénomènes, une causalité exclusive et non réciproque.
On donnera ainsi à certains facteurs géographiques un poids consistant pour qu’en découlent les autres facteurs. En France, la Géographie Classique a longtemps été caractérisé par un déterminisme naturel. Cette géographie se place dans une perspective naturaliste, ainsi la nature des roches pourrait expliquer l’allure des campagnes.
Hérodote : « un pays mou fait toujours des hommes mous »
Montaigne : « la forme de notre être dépend de l’air, du climat et du terroir où nous naissons, non seulement le teint, la taille, mais encore les facultés de l’âme. »
Un tel déterminisme aussi naïf est répudié par les géographes, mais il continue d’imprégner plus ou moins dans la culture de masse.
2) Une réflexion entre la Révolution néolithique et Holocène
Il existe une corrélation évidente entre le début de l’Holocène et la Révolution néolithique (il y a environ 10 000 ans), pour autant ce lien est a relativisé car cette agriculture n’a été inventé qu’en certains lieux, et si l’agriculture peut être liée à une hausse du nombre des précipitations, elle peut l’être également par une augmentation du nombre des hommes, forçant ces derniers d’inventer quelque chose afin de subvenir à leurs besoins.
3) L’aridité, stimulant ou inhibant ? Les grandes sociétés hydrauliques
Ce qu’on appelle société hydraulique est une société organisée où les fonctions administratives, religieuses, etc … sont diversifiées et hiérarchisées et utilisant les techniques de l’irrigation reposant sur des aménagements
Très anciennes, les premières traditions hydrauliques sont apparues dans des contextes géographiques divers, où l’eau est extrêmement présente sous forme de précipitation (Gange, Amérique Centrale, etc …), mais en réalité on s’aperçoit que les plus grandes civilisations hydrauliques se sont épanouies dans les régions désertiques, le système hydraulique du Nil, le système hydraulique de la Mésopotamie, de l’Indus ou encore de la Mer d’Aral.
Pourquoi l’aridité n’a pas été un frein au développement de l’agriculture mais un stimulant ?
A) La Mésopotamie
Il s’agit de la plus anciennes de ces civilisations hydrauliques. On parle de croissant fertile du bassin persan aux deux cours d’eau, le Tigres (qui prend sa source dans les Monts Taurus et Zagros) et l’Euphrate (qui prend sa source aux Monts Taurus), caractérisé par l’aridité, par opposé aux montagnes où il y a davantage de précipitations. Dans le cœur de la Mésopotamie il pleut 100mm d’eau par an. Sans les grands fleuves cette civilisation n’aurait pas existé.
L’agriculture est née dans la moyenne vallée de l’Euphrate aux alentours de l’an 8 000 avant JC. Il faut attendre cependant deux mille ans pour passer d’une agriculture pluviale à une agriculture irriguée, et ce n’est qu’en 6 000 avant JC qu’une hiérarchie plus complexe se met en place. Des digues, des prises d’eau artificielles ou encore des ouvrages de régulation de l’eau sont construits, permettant la diversification de la culture (blé, pois, …).
Peu à peu, le développement et l’extension de l’espace permettent de mettre en culture par l’irrigation des régions impropres à l’agriculture pluviale.
Cette présence humaine est le fait d'inventions humaines.
B) Le système hydraulique du Nil
Il s'agit du plus long fleuve d'Afrique, sa vallée forme un ruban vert large d'une centaine de mètre au milieu du désert. La richesse et l'abondance en ressources expliquent que l'irrigation est arrivée tardivement, c'est en effet au IVème millénaire avant notre ère que des cultures adaptées (mil, blé, orge) s'installe. A partir de -3000 des canaux sont établis; une partie de la vallée est réellement organisée d'amont en aval. Si la société pharaonique arrive à prendre en main cette technologie c'est qu'il s'agit d'un état fort, avec une administration complexe et pouvant former des ingénieurs.
L'aridité n'est pas seulement une contrainte, c'est aussi un défi pour l'Homme, la contrainte doit être dépassée.
C) L'irrigation contemporaine de l'Ouest américain, technologie moderne et démesure L'aridité en Amérique du Nord se localise de la Californie au Texas, ils furent occupés tardivement par les Hommes, il y a seulement 12 mille ans par des amérindiens qui ont développé des modes de vie divers. Il existe des chasseurs cueilleurs (Navajo), mais aussi des agriculteurs (Hopi, Pueblo). C'est derniers sont organisés en village depuis le Ier millénaire avant notre ère, ils ont développé une forme d'irrigation qui n'atteint pas néanmoins le niveau de l'Egypte.
Le regard des premiers explorateurs sur ces terres est très négatif, et elles demeurent peu connues jusqu'au milieu du XIXème siècle par les habitants de l'est des Etats-Unis. Pour eux, l'ouest est pauvre, c'est l'anti-civilisation, ils imaginent des déserts de sable et cette région est nommée le Grand Désert. A partir du milieu du XIXème siècle cependant, les choses vont changer avec une colonisation rapide en raison d'une modification de l'imaginaire de l'ouest, on y découvre en effet de l'or, cela attire rapidement un flux de chercheurs d'or et entraîne de ce fait le développement de l'agriculture locale. Le chemin de fer se développera également, permettant ainsi à l'élevage extensif de se mettre en place.
L'or, le chemin de fer et l'élevage extensif désenclavent cette immensité désertique, en deux décennies le peuplement se transforme, se développe, autour de villes principalement comme Los Angeles ou Phoenix, cette dernière est une véritable ville champignon qui est créée ex-nihilo en raison de la présence du chemin de fer.
Cette forte croissance ne s'est depuis pas démenti, encore de nos jours il s'agit d'états dynamiques en raison de la Sun Belt.
Les aménagements sont gigantesques, de grands barrages sont créés, de longs canaux d'une centaine de km sont creusés. La ville de Los Angeles ainsi, au bord du désert Mohave, a imposé aux régions alentours par sa croissance un contrat qui lui arroge l'exclusivité de toutes les sources d'eau. Ainsi les cours d'eau qui se dirigeait vers le lac Owens ont été détournés vers Los Angeles par un canal de 400 km de long. Le lac fut ainsi asséché en une dizaine d'années.
La Grande Vallée de Californie fut elle aussi aménagée autour de San Francisco, par un pompage des eaux profondes et le forage des nappes aquifères, cela grâce aux plans gouvernementaux, par la prise en charge de l'administration. Sans la présence d'état, l'irrigation n'est pas possible.
L'Imperial Valley est irriguée par le fleuve Colorado qui a été détourné. Des Oasis furent créées en Californie, au Nevada, en Arizona, il est désormais possible grâve aux pompages d'arroser toute l'année. Des techniques modernes, comme l'aspersion, sont également utilisée afin d'économiser de l'eau car tout cela ne va pas sans poser des problèmes environnementaux.
La culture est spéculative, qu'il s'agisse de fruits, de vigne ou de légumes, elle est très spécialisée, mécanisée et sous dépendance des sociétés agro-alimentaires. L'agriculteur ne ressemble pas à un paysan, mais à un homme d'affaire qui s'endette pour investir.
"L'eau rare limite l'occupation par l'Homme, à moins que stimulant son ingéniosité, elle n'engendre à la limite ces sociétés hydrauliques" A.Cauvin. Le rôle des sociétés humaines est prédominant, les contraintes humaines sont relatives et n'empêchent pas l'adaptation de l'Homme, grâce au poids politique.
III) Les Ruptures contemporaines dans l'occupation et la mise en valeur des Déserts
La grande majorité des régions désertiques n’a pas connu de changements majeurs avant la moitié du XIXème siècle, même si à partir de l’Holocène, les déserts furent occupés par l’Homme.
Aujourd’hui, il n’y a que très peu de groupes humains dont les techniques traditionnelles n’ont pas été bouleversés, d’une part en raison de la révolution agricole et industrielle, d’autre part en raison de la colonisation et de la transition démographique.
Il apparaît que la période contemporaine est une période de rupture, voir de crise. C’est une rupture car il s’agit d’un développement brutal et rapide, par opposition aux « temps longs » (Braudel) pendant lesquels le développement était plus lent. Ces changements brutaux induisent des crises sociales, mais également environnementales.
1) Le désert marginalisé : la disparition du nomadisme
Il s’agit de la forme d’occupation la plus menacée, car elle fut frappée de plein fouet par les partages politiques imposés par la colonisation, autrefois le Sahara constituait une unité avec des échanges avec le Sahel et la Méditerranée, mais depuis qu’il s’est vu découpé, les parcours traditionnels n’existent plus.
Les nomades ont désormais le choix entre la soumission, et la sédentarisation, ou au contraire le combat, et l’exil.
Le nomadisme pastoral est très menacé, de nombreux états ont en effet adopté des politiques de sédentarisation, comme c’est le cas en Arabie à partir de 1918 ou encore après la révolution soviétique en URSS où, vers les années 50, les kazakhs ont été sédentarisé de force au profit de l’élevage et des usines.
On considère alors que le nomadisme est incompatible avec la modernité, que les terres qui servent aux pâturages sont gaspillées et qu’elles pourraient être utilisée au profit de l’agriculture, grâce à l’irrigation, notamment du fait que les pays d’Afrique et d’Asie connaissent une forte croissance démographique.
Le commerce caravanier quant à lui semble inadapté et inadaptable, car il est trop lent, la plupart des pistes ont donc cessé d’exister. Si la Sahara avait pu se repeupler avec le nomadisme, celui-ci est désormais en reflue, il se « vide » de ses nomades.
2) Une agriculture pluviale sous pression démographique
Les systèmes traditionnels agricoles, au rendement aléatoire et faible, et à l’intensivité limité, ont été fortement perturbés
La première solution est la réorganisation de l’agriculture, on choisit des plantes au cycle plus court, dans le Nordeste brésilien, d’une agriculture traditionnelle extensive de maïs et d’abricots, on est passé au développement de plantes africaines, comme le Sorgho et le Mil, plus résistant à l’aridité.
La deuxième solution est le développement de l’irrigation, de grands fleuves africains sont ainsi transformés par l’irrigation, comme le Sénégal (Rosso) et le Niger (Mopti au Mali)
On y a ajouté de nouvelles plantes, notamment le riz qui est extrêmement nourrissante, grâce a ces aménagements. Au Sénégal on a construit des barrages qui ont facilité une colonisation et une urbanisation récente, ce qui est néanmoins une source de conflit entre anciens et nouveaux occupants.
La troisième solution n’est autre que la migration des campagnes semi-arides vers les villes, on observe en effet un phénomène d’exode rural avec une urbanisation rapide qui pèse sur les environs immédiats et semi-arides de la ville, ce qui contribue à dégrader la couverture végétale.
3) l’Agriculture irriguée s’étend
On voit l’irrigation gagner des surfaces de plus en plus importantes, ce qui s’explique par l’utilisation des nappes aquifères, très importantes au Sahara, grâce à des techniques de plus en plus scientifique.
Au cours du XXème siècle en Egypte, on a construit des barrages et il est désormais possible de produire des cultures toute l’année. Ces aménagements sont également source de ressource électrique.
Au Pendjab, on constate cette même progression par la modernisation qu’effectuèrent les anglais sur les aménagements d’irrigation autochtones, permettant ainsi un développement plus vaste.
Les états du Golfe, grâce à l’argent du pétrole, on vu fleurir, en plein milieux du désert, des cercles verts, grâce aux bras d’aspersion. Ce qui a cependant des conséquences redoutables sur l’écologie.
En effet la Mer d’Aral est l’exemple même des victimes de l’irrigation, du fait des canaux d’irrigation sur les fleuves Syr-Daria et Amou-daria.
4) L’urbanisation dans le Désert
Il n’y avait au Sahara, dans les années 50, qu’une seule ville de plus de 50 mille habitants : Biskra, il y en a désormais une dizaine, comme Tamanrasset en plein Sahara algérien.
Le Sahara a gagné prêt de 5 millions d’habitants en réalité, à cause de la transition démographiques, cela à pour cause l’exploitation des matières premières, les flux migratoires et le développement du transport et des infrastructures.
En conclusion…
Le temps historique des géographes n’est pas le même que celui des historiens, ceux-ci découpent en périodes séparées par des césures chronologies propres à certaines civilisations le temps historique. Cette périodisation ne convient pas en géographie et le temps social du géographe est subdivisé en temps longs qui permettent une mise en perspective des bouleversements récents qui entraînent des déséquilibres qui vont en s’accroissant, la crise actuelle est en effet d’envergure sans précédent.
Ce chapitre relativise également la notion de contrainte naturelle qui peut être surpassée par l’originalité et l’ingéniosité du rapport entre l’Homme et son milieu.
Posté le 21.03.2008 par courslille3
Chapitre 4 : Questions Religieuses en France au XVIIe siècle
La dimension religieuse est omniprésente en ce siècle car tout phénomène culturel est bercé dans la religion. On estime que les ouvrages religieux représentaient un tiers de la production des livres au début du siècle et plus de la moitié après la Contre Réforme. Le clergé est riche, grâce à la dîme, mais aussi aux héritages, et il a lié son sort à celui de la monarchie.
Les français étaient dans une démarche de ferveur au quotidien, chaque action étant vu au travers de la religion, cela résulte d’une démarche poussée de l’Eglise.
I) Superstitions et Sorcelleries
A) Superstitions vivaces
La société est chrétienne du fait du baptême systématique des nouveaux nés, mais elle n’est pas totalement baignée dans cette religion car il subsiste des croyances anciennes et des pratiques éloignées du christianisme. Les théologiens du XVIIème constatent que cela ne concerne pas uniquement les campagnes et le monde populaire.
Une superstition est une croyance considérée comme déviante ou, plus grave, comme une erreur et considérée comme tel par les autorités religieuses.
D’où le travail d’identification de ces pratiques pour mieux lutter contre celle-ci, par une pédagogie parfois violente et parfois par l’envoi de missionnaires. C’est l’acculturation par les dogmes, c’est-à-dire l’affirmation de la supériorité du christianisme en tout circonstance face aux subsistances païennes et à la magie.
C’est ainsi que l’on modifiera, voir supprimera les pèlerinages et les processions n’ayant pas de justification religieuse. Exemple : plonger dans des eaux sacrées, caresser des statues, allumer les feux de la Saint-Jean (survivance du solstice d’été), pratique des envoûtements, des mauvais sorts, ou encore le nouage d’aiguillette (mauvais sort lancé pendant un mariage en nouant une corde autour d’un bâton pour qu’il ne soit pas fertile).
B) La Sorcellerie réprimée
Le XVIIème siècle est le dernier siècle de répressions, mais il s’agit des plus sévères. On faisait appel aux guérisseurs car on croyait à la magie, mais la simple référence à la magie pouvait être considéré comme de la sorcellerie.
Il existait une sorcellerie « moins » grave : la magie noire, l’envoûtement notamment à l’aide d’une figurine en cire, d’un cheveu (ou d’une rognure d’ongle) et d’une aiguille. Il fallait alors faire appel à un désenvoûteur (magie blanche, de la « bonne » sorcellerie).
Il existait aussi une sorcellerie très grave, la croyance au Diable, le culte de Satan. L’Eglise a formé des démonologues pour identifier le rapport à Satan et afin de savoir s’il y avait culte maléfique. Le Malleus Maleficarum, de Sprenger et Institutaris, permet d’apprendre à repérer les marques sataniques repérées sur le corps.
On recherchait à trouver la pratique du Sabbat, les nuits nocturnes avec le Diable, qui signifie que l’on souhaite inverser l’ordre voulu par Dieu.
La Justice royale absorbera la sorcellerie comme cause de répression judiciaire à son tour dans la première moitié du XVIIème siècle avec l’intervention des magistrats, comme c’est le cas de Pierre de Lancre (1710-1712) qui usa de torture et conduisit au bûcher une centaine de personnes, notamment des femmes.
C’est en 1580 que la répression débute, et c’est dans la période 1630-1680 que la répression chutera.
La vague de répression se fait surtout dans les campagnes, car les juges sont des citadins et ils supposent que les ruraux sont ignares et réceptifs à la sorcellerie. 95% des personnes persécutées sont des femmes, surtout âgées de plus de 50 ans en raison de l’image de la sorcière laide. C’est un temps de forte misogynie, les « femelles » seraient plus faibles avec une « intelligence moindre, imbécile » (dans le sens de faiblesse physique) et d’une « sensualité insatiable ». C’est le fantasme des juges que de voir la relation partout la relation entre sorcière et Diable.
On observe que géographiquement, cette répression touche des zones périphériques du royaume, comme la Guyenne, la France Comté et le Cambraisis.
C) L’emblématique affaire des poisons en 1679
Au début l’on traque Mme Montvoisin (La Voisin) réputée dans la haute société comme fournisseuse de potions aphrodisiaques mais également de poisons. C’est tout d’abord une affaire de simple police mais après des interrogatoires brutaux sur elle et ses clients, on découvre des crimes horribles ainsi que des messes noires. Louis XIV crée une chambre spéciale qui agira jusqu’en 1682, avec 482 prévenus, dont 36 condamnations à mort. Des proches du roi sont impliqués comme Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, Marquise de Montespan, maîtresse du roi. Elle était soupçonnée d’avoir fait égorgé des nouveaux nés sur son corps dénudé afin de plaire au roi.
II) Les Minorités religieuses
A) Les Juifs.
Il existait une communauté importante à Avignon, où le Pape acceptait leur présence, ils étaient tolérés en France mais relégués dans des carrières d’où ils ne pouvaient sortir sans un chapeau jaune. Ils pouvaient se livrer cependant aux activités économiques, ce qu’ils firent notamment dans la Midi où se trouvait majoritairement la Communauté d’Avignon, la plus grande de France.
Des Communauté étrangères existaient également, notamment dans les ports Atlantiques, comme Bayonne, Bordeaux, Nantes et Rouen, notamment les Marranes, sépharades d’origine portugaise chassé de ce dernier pays par la politique ibérique de « pureté du sang », ils sont extrêmement cultivés et ont fait appel à ceux-ci comme médecins.
Il y avait également la Communauté Ashkénaze à Metz, suite à l’annexion des Trois évêchés, extrêmement réputés, en 1657 Louis XIV leur rendra même visite. A la fin du XVIIème cette communauté, surtout alsacienne deviendra la plus grande communauté juive suite aux diverses annexions à l’est.
B) La Religion Prétendument Réformée (RPR)
Il existe un million de protestant suite à l’Edit de Nantes, soit un vingtième de la population, mais cela ne cessera guère de chuter, il n’y a plus que 750 milles protestant quand Louis XIV arrive au pouvoir et moins de 700 milles lors de la révocation de l’Edit de Nantes.
Cela s’explique par la conversion des élites afin de regagner une place au sein de la société, par les lourdes pertes humaines au siège de la Rochelle, par l’édit de Grâce d’Alès en 1629 où les protestants perdent leurs privilèges politiques, militaires et territoriaux et enfin par la politique répressive de Louis XIV.
Il s’agit de 2 à 3% de la population, notamment dans le croissant réformé s’étendant du Poitou au Lac Léman, avec une forte cohésion d’où la guerre des camisards sous Louis XIV.
C) Les libertins
Si cela débute au XVIIème siècle, c’est surtout au XVIIIème siècle que les libertins prennent de l’importance, ils sont extrêmement isolés. Ceux-ci sont critiques à l’encontre de la religion et certains expriment un début d’athéisme. Afin de les dévaloriser, on considère qu’ils n’ont pas de bon raisonnement à cause de l’alcool et de leur sexualité, d’où le terme de libertins.
Ils commencent à défendre l’athéisme et la libre pensée au milieu du siècle, mais il s’en suit un cycle de répression et à la fin du siècle certains seront même conduits au bûcher, provoquant la chute de ce mouvement, il faut donc attendre la régence, au début du XVIIIème siècle pour qu’ils s’expriment de nouveau.
III) La Réforme Catholique à la française
La France c’est tout d’abord opposée à la publication des décrets du Concile de Trente sur son territoire en raison de la doctrine gallicane. Il faut donc attendre 1615 pour que les décrets du Concile de Trente soient considérées comme des doctrines acquises au sein de l’Eglise de France, grâce à l’action de Grands Prélats, comme Pierre de Bérulle qui, de part leur idéologie de dévot, développèrent des idées favorables au Pape et à l’Espagne.
Il faut noter également que le Catholicisme tridentin peut également être une forme d’opposition à la politique des ministres et de Richelieu.
A) La Réforme des Ordres réguliers
C’est un siècle de développement monastique dont les ordres les plus anciens, comme les franciscains, les dominicains et les carmélites, sont à la pointe, en effet les anciens ordres mendiants sont les premiers agents de la Réforme Catholique et ils influèrent les ordres nouveaux comme les Cordeliers, les Capucins et les Récollets. Les ordres anciens s’illustreront lors des épidémies et seront ainsi considérés comme des saints par leurs contemporains, les ordres nouveaux eux s’illustrèrent par des Missions dans les régions difficiles où le protestantisme était développé, comme dans le Poitou.
Les dominicains quant à eux sont également un vecteur de l’enseignement.
A partir de 1615, il y aura beaucoup de congrégations nouvelles qui se formeront, mais c’est sur l’ordre plus ancien des Jésuites qu’il faut porter son attention, chassé du royaume à la fin du XVIème siècle, ils seront en effet rappelé en 1603 sous l’impulsion de la Reine. S’ils ne sont alors moins d’une centaine, dès 1625 ils seront plus de 20 000.
Une cinquantaine de collèges seront construit par ceux-ci, ils deviendront des établissement de prestiges en raison de la pédagogie obligeante et novatrice (ex : les langues étrangères).
Le mysticisme est d’inspiration espagnole, le rapport à la prière est très exigeant et l’on note l’apparition de stigmates sanglants, mais également de l’extase. Le mysticisme n’est pas le propre du christianisme et on le retrouve en d’autres religions comme l’islam.
Les congrégations féminines sont les plus sensibles au mysticisme, le manuel de Thérèse d’Avila sera ainsi traduit en français en 1620.
L’influence de cette idéologie se ressentira sur les visitandines, les ursulines et les carmélites.
La France se couvre alors de bâtiments ecclésiastiques, alors que cela n’avait que fort peu évolué depuis le Moyen Age, en 60 ans, 25 établissements seront construits à Lille.
Le courant mystique ne sera pas sans conséquences sur les communautés, beaucoup de communautés féminines sont ainsi touchées par des dérives démoniaque. En 1609, Aix en Provence, 1613, Lille, 1643 l’Affaire de Louviers et en 1632-34 l’Affaire des possédées de Loudun.
Dans cette dernière, il s’agit d’une communauté ursuline récente avec de jeunes moniales (18 à 30 ans) qui sera très vite dénoncée et considérée possédée par le Démon. L’exorcisme sera tenté sans succès, un interrogatoire aura donc lieu et plusieurs ursulines désignent le prêtre de la communauté, Urbain Grandier, comme responsable.
Les autorités constateront que celui-ci s’intéresse de prêt à ses paroissiennes, l’Affaire remonte jusqu’à Richelieu qui fera condamné Urbain Grandier, il sera mis au bûcher en 1634.
Les convulsions des moniales se poursuivront néanmoins, devant un public de plus en plus nombreux qui se rendra là-bas pour y assister.
L’Archevêque de Bordeaux fera donc appel aux meilleurs médecins, ceux-ci déclareront finalement qu’il n’y a pas de possession démoniaque, mais qu’en réalité le fait d’être enfermées, dans un mysticisme contraignant, avait provoqué une névrose mentale.
B) La reprise en mains des séculiers et des fidèles
Les Séculiers
Beaucoup de prêtres sont ignorants, ne connaissent pas le latin, les dogmes principaux, ne savent pas argumenter, vivent comme leurs paroissiens et donc ne se distinguent pas, c’est se que révèle les enquêtes de l’Eglise. La Réforme introduit donc l’instruction des séculiers, il faut « exalter l’état de la prêtrise », leur donner un état de culture qu’ils n’ont pas, la tâche est donc immense.
Pierre de Bérulle fera créer l’Oratoire de France en 1613 en se basant sur le modèle romain, peu à peu sera créé des oratoires provinciaux et la formation s’améliorera. La hausse du niveau intellectuel permettra également de développer de nouveaux collèges.
Il y aura un conflit entre les Oratoriens et les Jésuites, une compétition visant à être les meilleurs éducateurs de France, les prélats n’interviendront pas pour contrer cette "concurrence", jugeant qu’elle permettra ainsi de faire hausser le niveau culturel.
En 1628 Vincent de Paul, aumônier général des Galères, ordonnera de mettre en place une instruction encore plus exigeante pour les milieux pauvres. Mystique, il est à l’origine des Conférence de Saint-Lazare favorables à la formation des milieux populaires, entraînant ainsi en 1642, l’enseignement des enfants pauvres destinés à la prêtrise.
C’est également dans le but de hausser les connaissances des prêtres parisiens que Jean Jacques Oliers organisera un séminaire.
En se développant, la Contre-Réforme produira le modèle du bon prêtre qui réside au sein de sa paroisse, qui se distingue de ses paroissiens par sa tonsure, sa propreté, sa culture et par le port de la soutane.
La grande période de construction de séminaires est de 1640 à 1660.
Les Fidèles
L’enseignement du clergé séculier permet désormais de se concentrer sur les fidèles à qui l’ont donnera des cadres qui deviendront des automatismes :
- la confession devient obligatoire au moins une fois par an
- il ne faut plus lire directement la Bible, afin d’éviter les lectures erronées, populaires, ou protestantes
- le serment dominicain prend désormais en importance
Une littérature d’oraison se développe dans la haute société notamment, elle promeut des pratiques exigeantes. François de Sales publie ainsi en 1609 l’Initiation à la vie dévote, il y a des chapitres pour hommes et d’autres pour femmes. Pour ces dernières il incite à aider les pauvres et à faire preuve d’œuvre de charité. D’où la création par Louise de Mariac de la Congrégation des filles de la Charité lorsqu’on s’apercevra que les femmes aisées répugnent le contact.
On réoriente les flux financiers vers ces mêmes œuvres de charité.
On observe la création de nombreuses congrégations à cette époque, dont celle, secrète, de la Compagnie du Saint-Sacrement en 1629 qui donnera naissance au parti dévot. Elle est très exigeante sur l’action pieuse et intransigeante sur le sujet de la transsubstantiation (présence réelle du Christ dans l’eucharistie) en opposition directe avec le protestantisme.
Elle touchera bientôt la plupart des grandes villes françaises, elle recrute particulièrement parmi les prêtres, les notables ainsi que ceux ayant reçus une éducation chez les Jésuites ou les Oratoriens.
Ils sont favorables à une entraide spirituelle, qu’il s’agisse de prières pour son voisin ou d’accompagner les défunts –également par des prières-.
Ils surveilleront particulièrement les déviances et dénoncerons celles-ci, c’est une chasse aux blasphémateurs, aux duellistes, une lutte contre les protestants et les libertins, c’est un véritable harcèlement des déviants.
Des Missions d’évangélisations sont organisées, pour les régions où le christianisme n’est pas jugé assez vaillant, il s’agit de processions, de chants, …
La Dévotion, il existe des saints qui sont des intercesseurs légitimes, contrairement aux idées protestantes, ils affirment qu’il en existe qui le sont encore davantage comme la Vierge, Marie-Madelaine, Saint-Pierre ou encore Saint-Joseph.
Le Concile de Trente confirme que les Œuvres sont licites car il s’agit d’un moyen de rassurer les fidèles, d’atténuer leurs angoisses, cela s’exprime notamment par l’achat d’indulgences plénières qui sont censées raccourcir la durée que l’on passe au purgatoire.
La pédagogie de la Réforme Catholique est rude, la méthodologie employée est celle de la peur, peur de la mort, peur de la damnation et de l’enfer, ce qui se traduit par les testaments et par la préparation à la mort « ars moriendi », l’art de bien mourir, avec une théâtralisation de la mort, l’agonie devient publique, on observe un renouveau de la liturgie funèbre avec les pompes baroques (qui deviendront nos actuelles pompes funèbres) ou encore le cérémoniale de conduite au cimetière.
Le clergé français a exporté ses méthodes, notamment dans ses colonies, en effet les Jésuites s’installent en 1613 en Acadie et en 1625 au Canada. Il existe quelques succès de conversions chez les tribus indiennes, comme les Hurons et les Alconquins, mais la nation Iroquoise refusera toute conversion, ce qui entraînera de 1642 à 1649 les guerres indiennes, avec des martyrs jésuites.
IV) Les Débats théologiques du XVIIème siècle
Les questions de l’accès au Salut Eternel, de la Grâce Divine et du Libre Arbitre de l’Homme demeureront au cœur des débats théologiques de ce siècle ; chez les Protestants en effet le débat porte sur la prise en compte de la pensée de Saint Augustin, c’est une vision pessimiste, en défiance vis-à-vis de l’optimisme humaniste, comme celui d’Erasme.
Pour les protestants en effet il n’y a pas de libre-arbitre et seule la Grâce Divine est efficace, mais elle n’est pas donnée à tous, d’où les débats sur la prédestination (« suis-je élu ? »)
Les Catholiques au contraire cherchent à préserver une part de liberté pour l’Homme, il existe toujours une lueur d’espoir, les Jésuites ont eut un rôle déterminant dans cette vision, notamment l’Espagnol Luis Molina qui est à l’origine du Molinisme, qui cherchait une voie médiane entre le laxisme humaniste et le radicalisme protestant, c’est une doctrine d’accommodement, Dieu accorde à tous les individus la « Grâce suffisante », c’est à soi, en tant qu’Homme que l’on doit son salut, par son action l’Homme peut transformer la Grâce suffisante en « Grâce Efficace ».
Cette pensée influencera également les Calvinistes, notamment dans les Pays Bas où Arminius (s’inspirant du molinisme, l’Homme ayant une part dans son salut) et Gomar s’opposent (la Grâce Divine est irrésistible).
Ce débat gagnera la communauté protestante en France, mais bien vite les calvinistes français seront gomaristes dès les années 1620 sous l’influence de prédicateurs étrangers, notamment écossais.
L’héritage théologique de Saint Augustin reprend une extrême vitalité vers 1640 avec la publication posthume de l’Augustinus de l’évêque de Ypres et professeur à l’Université de Louvain, Cornélius Otto Jansen (mort en 1638) qui provoquera un véritable séisme théologique.
Selon lui, le libre-arbitre de l’Homme n’existe pas, seule la Grâce Divine est efficace pour le Salut, et seuls les prédestinés seront sauvés ; c’est la naissance du Jansénisme.
Jansen a déjà séjourné en France, il est connu par les théologiens et se liera d’amitié avec Jean Amboise Duverger de Hauranne, supérieur de l’Abbaye de Saint-Cyran a également écrit sur Saint Augustin après la visite de Jansen. Un élève de l’abbé de Saint-Cyran, Antoine Arnauld, développera une thèse à la Sorbonne dont il enverra une copie à Jansen, influençant ainsi celui-ci dans sa rédaction de l’Augustinus.
Saint-Cyran deviendra le confesseur de la communauté de religieuses à Port-Royal où la Mère Supérieure n’est autre qu’Angélique Arnauld (sœur d’Antoine). L’abbaye de Port-Royal deviendra un lieu prisé pour les débats mais également pour accomplir une retraite spirituelle.
En 1643, Antoine Arnauld publie De la Fréquente Communion, où il y oppose deux conceptions du catholicisme par rapport aux sacrements, les théories Molinistes aux théories Jansénistes. Il dénoncera la Casuistique, cette réflexion spirituelle des Jésuites qui avaient trouvé des accommodements à la morale, cet art consommé de lire la frontière entre le bien et le mal, le permis et l’interdit selon les circonstances.
Arnauld s’attaque également au Molinisme, selon lui, en toute circonstances, avant même de se confesser, il faut s’exiger à soi même une réelle repentance.
Il s’agit de l’opposition entre la Contrition (reconnaissance de sa faute et repentance) défendue par les Jansénistes et l’Attrition (regret exprimé par crainte de l’Enfer) que tolèrent les Jésuites.
En 1653, une bulle papale condamne cinq points notables du Jansénisme, tous les ecclésiastiques du royaume sont donc conviés à signer un formulaire condamnant le Jansénisme, ce qui ne sera pas le cas, les ecclésiastiques Jansénistes refusant de s’y plier.
Antoine Arnauld sera chassé de la Sorbonne.
Au sortir de la fronde, les idées augustiniennes reprennent du poil de la bête. Blaise Pascal par exemple rejoindra les Jansénistes, en 1656 il publiera Les Provinciales, où il y critique les Jésuites ainsi que l’opposition de ces derniers vis-à-vis du Jansénisme.
Le Pape Clément IX imposera ce que l’on nomme « Paix clémentine », ou « Paix de l’Eglise », texte ramenant le calme dans l’Eglise Catholique Romaine pour une période relativement longue d’une trentaine d’année.
Le Jansénisme continue de séduire les milieux aisés et cultivés, c’est à cette époque que Racine, proche du Jansénisme, remporte de nombreux succès.
Comment c’est achevé la Réforme Catholique en France ?
L’apogée de la Réforme se situe au milieu du siècle, dans les années 1660. L’enseignement des prêtres est fonctionnel et régulièrement ceux-ci sont encadrés. Le rythme de construction des séminaires c’est accéléré, d’une trentaine de séminaires construit entre 1640 et 1660, il y en a plus d’une centaine de 1660 à 1680, mais après cette date le rythme décélérera pour qu’il n’y en ait plus qu’une dizaine au XVIIIème siècle, 90% des 130 diocèses français ayant déjà un séminaire.
L’achat de livres est désormais obligatoire pour les prêtres qui seront ainsi plus cultivés, ils devront également se retirer quelque temps dans une retraite spirituelle au cours de leur vie.
En contrepartie la portion congrue de la dîme (qui est la forme de « salaire » des prêtres) est augmentée et s’élève en 1686 à 300 livres.
Tous ces efforts ont totalement modifié la morale du clergé et les inconduites sont désormais plus rares. On constate un enracinement de cet encadrement, tout le monde va à la messe régulièrement, la Paque devient universelle.
En conclusion, les spécialistes estiment qu’il faut ranger comme succès du Concile de Trente :
- la pratique des dévotions (le Culte de la Vierge notamment)
- le développement des inscriptions religieuses dans les testaments
- l’important développement des confréries
- le baroque qui s’instaure comme style architectural pour les Eglises
- la charte de moralité et les interdits (condamnation des veillées, interdits sexuels, qu’il s’agisse de positions, de l’inceste, de la « sodomie » (homosexualité), de la « bestialité » (zoophilie), l’adultère et les relations hors mariage).
On constate néanmoins une divergence selon les régions, très respectés dans le nord du royaume (3% de déviances) et à l’ouest (4%), ils le sont moins dans les régions méditerranéennes (8%).
Posté le 21.03.2008 par courslille3
Chapitre 4 : De la Révolution industrielle à la lutte des classes
Engels : « La révolution industrielle a donné naissance à une classe de puissants industriels capitalistes, mais aussi à une classe ouvrière plus nombreuse »
I) Croissance et Crises
Les économistes on mit du temps avant de dégager les cycles, au début une crise était considérée comme une maladie, un état incertain. En 1860, la crise agricole devint une crise industrielle. Les crises boursières étaient inconnues car la spéculation est un fait nouveau au XIXème siècle et est considérée comme normale.
Lorsque la bulle spéculative éclate, suite à une surproduction (comme la crise des années 1930, où la demande, puis la production ne suivait plus la hausse des cours en bourse), cela provoque donc la faillite de banques.
Globalement le mouvement est en croissance, c’est une « ardeur irrésistible », mais il existe des cycles (Kondratiev), des crises récurrentes, une mondialisation croissante très nette, une concurrence extérieure et une uniformisation nationale.
De même que le mouvement n’est pas continu, la géographie n’est pas fixe, si l’Angleterre est pionnière, la puissance industrielle se déplace vers l’Allemagne en Europe et vers les Etats-Unis dans la seconde moitié du siècle.
II) Les politiques sociales
Cette révolution entraîne la perte de la stabilité sociale, de part la mobilité sociale rendue possible, mais également la précarisation car il est possible de perdre son emploi. Selon Engels, cela fait suite à la destruction des liens sociaux.
Mais bien vite, l’opposition entre entrepreneurs/employeurs et ouvriers s’installe et la mobilité sociale décroît, l’on n’est ouvrier de père en fils, alors que la précarité demeure.
Le premier facteur social est la charité philanthropique d’initiative privée, mais elle se révèle insuffisante, d’où les lois permettant de créer des structures d’aide, comme les mutuelles et celles permettant de réguler la durée du temps de travail.
C’est en 1833, en Angleterre, que le Factory Act interdit le travail de nuit pour les enfants et limite à 48h par semaine le travail des enfants de 9 à 13 ans. Afin de faire respecter ces mesures, le Factory Act prévoit la création d’un corps d’inspection du travail. En 1843, la durée du travail féminin est limitée à 10h par jour dans le textile et en 1853 le Week-End est instauré (il faudra attendre 1906 en France, bien que ça ne sera pas forcement le dimanche en raison de la politique laïque).
C’est lorsque la menace ouvrière se précise que les gouvernements lâchent du lest. On qualifie en effet Bismarck de révolutionnaire blanc (car monarchiste), car de part sa politique sociale, a-t-il coupé l’herbe sous le pied des révolutionnaires rouges dans les années 1880.
En 1883 sont crées des caisses locales d’assurance maladie, car il s’agit du plus grand danger pour les travailleurs, suivit en 1885-87 par une assurance des accidents du travail, le second plus grand danger.
En France, avant 1898, les ouvriers devaient apporter la preuve que l’accident du travail n’était pas de leur faute, après cette date c’est maintenant aux patrons de prouver que la faute est à l’ouvrier s’ils ne souhaitent pas indemniser celui-ci.
En 1889, en Allemagne, est établie une assurance vieillesse pour les travailleurs ayant moins de 2000 marks par an et ayant plus de 70 ans.
Il faudra attendre 1910 pour qu’une loi sur les retraites ouvrières et paysannes en France existe.
III) L’action politique et syndicale
La notion de services publics ne fait que se mettre en place, à l'origine il n'y a rien entre l'état et le citoyen. Il n'y a de même de droit libre à l'association, celles-ci sont encore sous la surveillance de l'état. En Angleterre, dans une logique libérale les corporations sont abrogées (comme en France en 1789) à partir des années 1820, lorsque les coalitions d'ouvrier (les futurs syndicats) sont autorisées, il s'agit d'une exception en Europe, mais cela uniquement car l'on constate que les syndicats peuvent être une soupape de sécurité.
Trade Unions (syndicats professionnels) -> Charte -> Chartistes
Les chartistes réclament une représentation ouvrière et est favorable au suffrage universel, ce qui suscite l'opposition chez les progressistes car les femmes et les ouvriers sont sous dépendance, respectivement de leur mari et de leur patron. C'est par le Suffrage Universel que le Parti de l'Ordre et Louis Napoléon Bonaparte seront élus, il s'en suivit que le Parti de l'Ordre restreint l'accession au droit de vote, ce qui profita de ce fait au Prince Président qui était opposé à ces restrictions.
C’est sous le règne de Napoléon III que les premières manifestations de conscience de la classe ouvrière apparurent. Napoléon autorisa une délégation française à se rendre à la Confédération Internationale du Travail et donne le droit de coalition aux ouvriers.
En 1869 le Parti Ouvrier allemand est fondé par Eisenach, en 1875 c’est le Parti Socialiste Allemand (SPD) qui est fondé par Gotha.
Marx ne souhaitait pas que l’Allemagne annexe l’Alsace Lorraine afin d’éviter de ne provoquer une idéologie revanchiste en France et d’empêcher ainsi l’unité des travailleurs.
En France le mouvement révolutionnaire est divisé au sujet de la Commune, certain sont réformistes, ils sont pour la conquête du pouvoir par la voie légale, comme Jaurès, d’autres sont favorable à la révolution.
En Allemagne et en Angleterre, ces derniers sont minoritaires, les mouvements sociaux y sont davantage réformistes.
En 1879 à lieu à Marseille le Congrès fondant le Parti des Travailleurs Socialistes de France, la même année est créer le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE).
Les partis soutiennent les revendications des travailleurs et les états lâchent du lest afin d’éviter les dérives révolutionnaires :
1884 : Loi Waldeck Rousseau autorisant la constitution de syndicats
1885 : Congrès Fondateur du Parti Socialiste Belge
1886 : Gouvernement libéral de l’Italie qui refuse d’autoriser le droit de grève
1887 : le droit d’association est limité en Espagne
1895 : Congrès de Limoges fondant la CGT, avec des aspirations unitaires.
1899 : l’entrée de Millerand au gouvernement provoque des débats chez les socialistes.
1905 : Congrès fondant la SFIO qui sera notamment sous l’influence de Jaurès.
1906 : Congrès d’Amiens de la CGT qui adopte une position opposée à la SFIO est plus radicale.
1906 : Réformes Stolypine (libérales) en Russie (autorisation des syndicats)
Si la révolution s’est produite en Russie et non en Angleterre, c’est parce que cette dernière a su se réformer.
Posté le 19.03.2008 par courslille3
Chapitre 3 : L’Europe dans la civilisation industrielle
Le premier à avoir utilisé le terme de révolution industrielle est Adolphe Blanqui (1798-1834) (frère de Auguste Blanqui (1805-1881), l’« éternel enfermé »), économiste plutôt libéral au contraire de son frère.
Par la suite les historiens utilisèrent ce terme pour désigner d’autres notions. C’est un phénomène apparu en Grande Bretagne qui est une rupture avec les moyens de productions antérieurs, mais les historiens désormais, nuance le terme de révolution/rupture par la désignation d’une période « proto-industrielle » auparavant effectuant une transition avec l’Ancien Régime et le Monde Industriel.
Il s’agit tout de même de mutations complètes avec un ensemble d’innovations techniques et le remplacement du travail humain par des machines qui fonctionnent elles-mêmes sans travail humain et par l’utilisation d’énergie fossile.
Cependant il se pose le problème des temporalités, quand comment la civilisation industrielle ? Quand s’achève-t-elle ? Dans le nord par exemple nous voyons la mine apparaître et disparaître, es-ce que cela correspond à la civilisation industrielle ? Ou au contraire cette civilisation se poursuit-elle et les nouvelles technologies de l’information et de la communication seraient-elles une nouvelle révolution industrielle ?
I) Les principaux facteurs
1) Le rôle de l’Agriculture
L’augmentation de la production agricole est à l’origine de surplus qui a permis un enrichissement des agriculteurs, leur permettant par conséquent d’investir et d’épargner dans de nouvelles techniques, ainsi, une main d’œuvre moins nombreuse fut nécessaire pour les productions agricoles, libérant ainsi une main d’œuvre pour les productions industrielles. De même, la croissance de l’agriculture entraîna une demande matérielle plus conséquente, incitant à produire davantage de machines et à innover pour répondre à cette demande des agriculteurs.
2) Le rôle de la Croissance Démographique
L’industrialisation n’est pas la seule cause de la croissance démographique, mais elle a contribué à cette dernière par l’amélioration du niveau de vie, comme la constaté l’historien de gauche Yves Lequin qui se reposa sur des statistiques complètes sur l’évolution en baisse de la part de l’alimentation sur les ressources disponibles des hommes, montrant ainsi que les hommes pouvaient désormais consacrer davantage d’argent pour des besoins autres que l’alimentation.
C’est également cette industrialisation qui a contribué plus tard à la chute de la croissance démographique par la progression de l’enseignement.
Elle a également contribué à la création de nouvelles classes, une classe ouvrière distincte des artisans, une nouvelle classe moyenne, etc…
Il y eut également des conséquences spatiales avec le développement d’agglomérations industrielles comme Roubaix. Il faut noter que le développement mono-industriel, ce qui contribua tout d’abord à la richesse du Nord, qui fut ainsi le département le plus riche du Second Empire, mais qui fut ensuite une faiblesse lorsqu’un changement d’orientation fut nécessaire, le Nord fut ainsi sinistré lors de la désindustrialisation.
Enfin, l’industrialisation fut également à l’origine d’une immigration économique, polonaise, belge, italienne, avec parfois également des causes religieuses comme le départ de nombreux juifs d’Europe de l’est vers les Etats-Unis en raison des pogroms.
3) L’accumulation du capital
Pour adopter les innovations, cela suppose avoir les moyens et donc l’accumulation primitive du capital. Mais il semble que, au départ, même les entreprises modestes r