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30.11.2007
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Chapitre 2 : La République Parlementaire 1870-1914

Chapitre 2 : La République Parlementaire 1870-1914

Posté le 30.11.2007 par courslille3
Chapitre 2 : La République Parlementaire (1870-1914)

I) L’établissement de la République

Ce régime qui est le plus long, de toute l’histoire contemporaine française, s’est installé entre 1870 et 1875. Le 4 septembre 1870, l’Empereur est déposé par une révolution parisienne qui instaure une République de fait qui est approuvé par le Parlement qui n’a guère d’autres choix.
La guerre contre les états Allemands se poursuit jusqu’en Janvier 1871, après que le gouvernement ait fui Paris en ballon, lorsque le gouvernement accepte l’Armistice.
Ceci entraîne l’élection d’une Assemblée Nationale majoritairement composées de notables et de monarchistes. En 1873, une première tentative de restauration de la monarchie à lieu, mais du fait de la divergence de conception entre la majorité des monarchistes, qui sont favorables à une Monarchie Parlementaire, et le prince qui refuse les acquis de la Révolution.

En 1875, l’Assemblée définie une Constitution, dont l’un des amendements précise que le Président de la République est élu par l’Assemblée.

Le Président de la République possède un certain nombre de pouvoir, c’est en effet lui qui nomme un certains nombre d’emplois comme les militaires, les ministres ou encore les hauts fonctionnaires. Il possède également un droit d’initiative des lois et peut dissoudre la Chambre des Députés.
En réalité il ne possède pas tant de pouvoirs que cela, puisque les ministres sont responsables devant le Parlement et afin de nommer des militaires ou des hauts fonctionnaires il doit également avoir recours à la signature du ministre concerné. Pour dissoudre la Chambre des Députés, il doit posséder l’aval du Sénat qui lui ne peut être dissout.
De même, le Président n’est pas élu au suffrage universel, mais par l’Assemblée Nationale (Chambre des Députés + Sénat) et ne possède donc pas une légitimité populaire.

La Chambre des Députés est élu au scrutin uninominal de circonscription au début, ce système fait rapidement l’objet de critique. Le Sénat quant à lui est élu au suffrage universel indirect. Au début est imaginé l’idée d’un représentant par commune, afin de favoriser les Campagnes face à Paris. Un quart des Sénateurs devaient être élu à vie, chose qui fut abrogée en 1885.
Le Sénat et la Chambre des Députés possèdent les mêmes prérogatives, si ce n’est que le Sénat peut faire dissoudre la Chambre des Députés avec l’accord du Président. Le rôle du Parlement est de contrôler l’activité gouvernementale, c’est ainsi que les ministres sont solidairement responsables devant la confiance du Parlement.
Le Président du Conseil des Ministres est, à priori, un ministre comme les autres, si ce n’est que c’est lui qui aide le Président de la République à nommer ses ministres.

Ce système est déséquilibré en faveur des chambres, c’est ainsi qu’en 1876 et 1877 une crise politique majeure éclata entre le Président monarchiste Mac-Mahon et la toute nouvelle Chambre des Députés élue en 1876, majoritairement républicaine. Mac-Mahon finit par dissoudre la Chambre des Députés avec l’aval d’un Sénat monarchiste et provoque une crise dont la solution ne peut être qu’élective. C’est ainsi que les républicains débutent de grandes campagnes et remportent la majorité avec néanmoins un recul par rapport aux précédentes élections. Mac-Mahon est obligé de nommer un Président du Conseil républicain. Il finit par démissionner en janvier 1879 lorsque le Sénat devient majoritairement républicain.
J. Grévy devient Président de la République, mais est plus effacé que son prédécesseur.
Les républicains votent alors un certain nombre de lois, comme l’établissement de la fête nationale le 14 juillet, de la Marseillaise comme hymne nationale. Au sénat, la cooptation est supprimée et remplacée par le suffrage universel. Les lois de 1881 accordant la liberté de réunion, la liberté de presse, ou encore la loi de 1901 sur les associations.

II) Les difficultés de la République Parlementaire

La République fait face cependant à deux difficultés majeures, la première est le Boulangisme (1888-84) alors que le régime parlementaire connaît des difficultés avec la démission du président Grévy suite au scandale des décorations avec un trafic de légion d’honneur, mais également des difficultés du fait de l’instabilité gouvernementale ou encore la poussée du nationalisme et du revanchisme contre les prussiens, comme l’écrivain Déroulède qui fonde et dirige en 1882 la Ligue des Patriotes qui possède des allures anti-parlementaire.

Boulanger est un général héros des campagnes du Second Empire qui apparaît sur la scène politique en 1886 lorsqu’il devient ministre de la guerre, il apparaît alors comme un patriote, comme l’homme de la revanche, il est responsable de l’Affaire Schnaebelé et est prêt à déclarer un ultimatum à l’Allemagne au risque de déclancher une nouvelle guerre en août 1887. Il est alors exclu du gouvernement en 1888. Après avoir été exclu de l’armée, il entre vraiment en politique le 26 mars 1888, il rassemble alors les protestataires du régime républicain, notamment la Ligue de Déroulède qui constitue ses troupes de chocs. Il rassemble des membres de l’extrême gauche, des socialistes, des monarchistes et des catholiques.

Il se présente à toutes les élections partielles et est élu à chaque fois, les républicains s’inquiètent lorsqu’il est élu à Paris même, ces derniers s’allient donc et interdisent les candidatures multiples (c-à-d être candidat dans plusieurs départements) et impose le scrutin uninominal (c-à-d qu’il faut présenter un nom dans chaque circonscription). Ils font courir le bruit que le Général comploterait contre l’état, après la dissolution de la ligue et les procès contre certains de ses partisans, il prend peur et s’exile en Belgique. Après la déroute électorale en 1889, le boulangisme est achevé.

La seconde difficulté majeure, est l’agitation Dreyfusard, qui débute avec les accusations portées en 1894 contre le Capitaine Dreyfus soupçonné d’espionnage au profit de l’Allemagne. Condamné à la dégradation militaire, il est envoyé au bagne en Guyane. La procédure néanmoins a été bâclée et en 1898 Zola publie dans l’Aurore l’article « J’accuse » qui devient célèbre et cette affaire divise la France entre les « Dreyfusard » et les « anti-Dreyfusard », avec l’engagement des politiques, des intellectuels, mais est également la cause de l’apparition d’organisation de masse, comme la Ligue des droits de l’Homme favorable à Dreyfus ou encore la Ligue des Patriotes, anti-dreyfusarde.

En février 1899, Félix Faure, adversaire à la révision du procès, meurt à l’Elysée dans ses ébats avec sa maîtresse, s’en suit une tentative de coup d’état par Déroulède. En juin, le nouveau président de la République, Emile Loubet est frappé par un anti-dreyfusard. Waldeck-Rousseau établit en tant que président du Conseil un bloc républicain, le « bloc des Gauches » qui uni républicains, radicaux et socialistes.

Il établit une œuvre de défense républicaine, avec une assez large ouverture allant du noble Galliffet à droite au socialiste Millerand à gauche qui fait son entrée au gouvernement, mais qui est exclu de son parti qui acceptait de soutenir le gouvernement mais ne souhaitait pas y participer.

Les premières mesures sont les suivantes : ils poursuivent les ligues de droite nationaliste, imposent de nouvelles règles pour l’avancement de la nomination des gradés, le Ministre peut désormais imposer son choix, et ils débutent une politique de laïcisation avec la loi de 1901.

Aux élections de 1902, les électeurs confirment leur choix avec une majorité accordée à la gauche et particulièrement aux radicaux qui connaissent une poussée électorale.

III) La question religieuse

C’est un mouvement général de sécularisation de la société qui existe dans toute l’Europe, à la fin du XIXème siècle ainsi, ce mouvement est très avancé. Cette séparation entre l’Eglise et l’Etat est mise en valeur par les républicains (qui ne sont pas anticléricaux mais positivistes et favorables à la liberté de conscience). La laïcisation se produit en deux vagues en France, elles touchent tout d’abord l’Ecole, puis l’Etat.

La loi Ferry de 1882 rend l’Ecole gratuite, obligatoire et impose la neutralité en matière religieuse, l’éducation religieuse est ainsi remplacée par une éducation morale. Une journée de la semaine (jeudi) est alors libérée pour ceux qui souhaiteraient suivrent une éducation religieuse en dehors du cadre de l’école. Cependant, les instituteurs avaient l’interdiction de choquer les croyants. Petit à petit, les religieux furent remplacés par du personnel laïc entre 1882 et 1890.

En parallèle, la République prend d’autres mesures, comme l’autorisation des obsèques civiles, sans cérémonies religieuses, ou encore la transformation des cimetières en lieux publics, la loi de 1884 autorisant le divorce et la disparition des insignes religieux disposés dans les bâtiments publics.

La deuxième vague de laïcisation se produit après la formation du gouvernement du bloc des gauches, en effet, il existe un problème de rapport entre l’Eglise et l’Etat, notamment au sujet des congrégations (communautés religieuses comme les contemplatifs, ceux qui enseignent comme les Jésuites et les oratoriens, ou encore des communautés hospitalière) car celles-ci dépendaient de Rome et que certaines d’entre-elles avaient pris parti lors de l’Affaire Dreyfus, comme les Assomptionnistes.

Ainsi, lors de la loi sur les associations de 1901, il est nécessaire de faire voter par le Parlement une autorisation avant de pouvoir fonder, ou reformer une congrégation. A l’origine cette loi n’était pas répressive mais à but de réglementation. Cependant, la nouvelle majorité de 1902 et le nouveau président du Conseil Emile Combes, très hostiles aux cléricaux, appliquent avec rigueur la loi et fait rejeter toutes les demandes d’autorisation ce qui provoque la dispersion des religieux (certains émigrent vers la Belgique) et la fermeture des écoles privées, ce qui est confirmé par l’interdiction faites aux religieux d’enseigner, qui reste néanmoins contourné par l’abandon des habits religieux et l’adoption officiel d’un statut laïc.

Le concordat de 1801 est abrogé en 1905 par la loi de séparation entre l’Eglise et l’Etat, proposée par A. Briand. Cette loi, qui fut appliquée sans consultation du Pape, garantit la liberté de conscience et d’exercice du culte. Désormais, la nomination des responsables religieux ne dépend plus que de l’Eglise. Cependant, l’Etat ne rémunère plus le Clergé dont les membres ne sont plus considérés comme fonctionnaires.
Malgré l’indépendance gagnée, le Pape condamne la loi, principalement pour la forme, du fait qu’il n’a pas été consulté. Les religieux sont alors obligés de fonder des associations cultuelles.



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Posté par Romain Brun le 28.02.2008
En 1875, l'Assemblée ne s'accorde pas sur une Constitution mais ce sont des lois constitutionnelles qui sont adoptées. La IIIème République ne repose pas sur une Constitution, ce qui permet sa maléabilité - et ses difficultées comme en 1877 - au cours des décennies et ce jusqu'en 1941.


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