Chapitre 1 : Les structures et les conjonctures du XVIIème siècle
Il est difficile de fixer les bornes historiques de ce siècle, en effet selon une vision nationale et gallocentrique l’on peut fixer cette période de l’assassinat de Henri IV en 1610 à la mort de Louis XIV en 1715. Dans une dimension économique, les premières décennies du siècle bénéficient encore de la croissance du beau XVIème siècle alors que la seconde moitié du siècle connaît un marasme économique, qui débute entre 1620 et 1640 selon les pays. Culturellement parlant, de 1620 à 1640 il s’agit d’un réveil des mentalités scientifiques avec Galilée et Descartes. Dans une vision religieuse, l’ensemble diverge pour les réformés, mais également pour les catholiques (avec le concile de Trente en 1563 et la fin de la guerre de trente ans en 1648).
C’est pourquoi nous nous contenterons de partir de la situation de l’Europe vers 1600, quelle est-elle par ailleurs ?
Deux adversaires se font alors face, la Maison de France contre la Maison des Habsbourg.
I) Les Puissances Européennes
Le Royaume de France : Elle est en face de redressement suite à la fin du conflit religieux achevé par l’Edit de Nantes en 1598. Maximilien de Béthune, plus connu sous le titre de Duc de Sully, conseillé du roi Henri IV a fait redémarrer la machine économique grâce à l’agriculture et sa politique permet à la démographie de se redresser, la France est alors la première puissance démographique d’Europe.
Si en 1598, avec le traité de Vervins, la paix est signée avec l’Espagne, la France est néanmoins sous le coup de menaces internes. La remise en cause, timide au début, du pouvoir royal par les officiers, notamment depuis que ceux-ci sont assurés depuis la création de la Paulette en 1604 de l’hérédité de leur office contre le payement de cette Paulette; de même, la noblesse est toujours prompte à s’enflammer notamment lors des régences quand le pouvoir royal est faible et le parti protestant profite de la situation pour se conforter militairement, jusqu’à la prise de La Rochelle par Louis XIII.
La Branche d’Autriche :
Les Habsbourg de Madrid : En 1598, Philippe II meurt, son fils Philippe III lui succède à la tête d’une puissance considérable, d’autant que le Portugal est alors espagnol, tout comme son Empire et que la présence espagnole en méditerranée est considérable, notamment avec les possessions italiennes. Il ne faut de même pas oublier les possessions néerlandaises, ainsi que la Franche-Comté. C’est ainsi que l’on peut parler d’un « Empire sur lequel le Soleil ne se couche jamais ».
Il s’agit également de la meilleure armée européenne de l’époque, qui se fonde notamment sur les Tercios. Contrairement à l’idée reçue, il s’agit également d’une marine extrêmement puissante, jusqu’à l’épisode de la Grande Armada. C’est un pays qui se veut le vecteur du catholicisme contre le protestantisme.
Mais il s’agit aussi d’un colosse au pied d’argile car son unité territoriale n’est pas assurée, en 1709, avec la trêve de douze ans, l’Espagne reconnaît de fait les Provinces-Unies, et qu’il existe des problèmes démographiques, en raison de la ruée vers l’Amérique espagnole, notamment pour son or. C’est aussi un pays fragile économiquement, malgré les apports en or des Amériques, car il est incapable de payer ses dettes et qu’il lui arrive d’être en banqueroute.
Les Habsbourg de Vienne : C’est un domaine bien centré sur les Royaumes de Bohême et de Hongrie, mais également sur la couronne impériale qui revient toujours à la famille Habsbourg depuis 1437. Il est d’autant plus respecté qu’il est la sentinelle de la chrétienté face aux musulmans, notamment lors du Siège de Vienne en 1529.
Mais c’est un pays menacé par des querelles dynastiques, entre Rodolphe III, son frère Mathias et son cousin Ferdinand, ce qui entraînera la guerre de 30 ans.
Derrière ces grandes puissances, il y a des états seconds, les états italiens, la confédération helvétique, la Pologne ou encore la Moscovie, mais également deux autres états :
Le Royaume d’Angleterre : La mort en 1603 d’Elizabeth Ière représente la fin de la dynastie des Tudor et l’altération d’une certaine forme du pouvoir qui était alors proche de l’absolutisme, dont le ciment était la religion. C’est sous le règne de cette reine que l’Angleterre redresse la tête du point de vue économique, notamment en raison du développement de la marine. Au niveau culturel on parle également de Théâtre élisabéthain, avec Shakespeare. Mais elle possède un grand défaut, elle ne possède son surnom de « Reine vierge » non sans raison et elle n’a pas d’héritier, en 1606, Jacques VI, roi d’Ecosse, devient Jacques Ier, roi d’Angleterre. Si la dynastie des Stuarts dirige toute la Grande Bretagne, les deux pays, ainsi que leur parlement, demeurent jusqu’à l’Acte d’Union. Il existe de même des soucis avec l’Irlande qui est majoritairement catholique.
La République des Provinces Unies : Ce pays neuf n’a pas de pouvoir centralité, il est en effet dirigé par les Etats Généraux qui doivent alors décider à l’unanimité, ce qui paralyse d’état. Mais la république est également fragilisée par la domination des provinces maritimes, comme la Hollande et la Zélande, où la bourgeoisie a éliminé l’importance de la noblesse et c’est pourquoi cette dernière devra se lier avec les paysans, surtout dans les provinces terrestres. Mais cet état c’est également fait un ennemi mortel : l’Espagne.
II) l’Europe, déchirée par les problèmes religieux
On parle alors de la robe tachée du Christ, symbolique de l’unité religieuse perdue. Pour les catholiques il s’agit d’une politique d’extirpation contre le protestantisme, avec un succès aux Pays Bas (du sud) grâce à la politique des archiducs, et du catholicisme de combat des jésuites.
Dans l’Empire, la situation est celle d’une balance, mais il s’agit également d’un succès grâce à Albert de Bavière, roi du même état, dans tout le sud de l’Allemagne, mais grâce également aux jésuites, aux capucins mais aussi des ursulines. Les protestants sont en voie de recul car l’Empereur fut élevé en Espagne et que le Roi de Pologne qui vient d’être élu est également un jésuite.
En Angleterre de même, si l’anglicanisme est officiel, il existe aussi des isolats catholiques (les « papistes »), mais également des dissidents protestants, les puritains, qui s’intéresse au presbytérianisme venu d’Ecosse, et dont les plus radicaux veulent la séparation entre l’Eglise et l’Etat.
En 1555, avec le Traité d’Augsbourg, c’est le principe « Cujus Regio, Ejus Religio » qui est énoncé, un Prince, une Religion. Les alliances religieuses vont chercher en dehors de l’Empire l’appui de puissances étrangères, l’Espagne pour les catholiques, l’Angleterre et la France pour les protestant.
L’Europe est au bord de la guerre, lorsqu’en 1609 Henri IV est assassiné en raison de son positionnement contre l’Espagne; cette étincelle sera suivie en 1618 par la défenestration de Prague, qui est une atteinte à l’autorité de l’Empereur. S’il s’agit à l’origine d’une guerre allemande, l’Espagne, le Danemark et la Suède entrent en jeu, suivi par la France ensuite. La moitié de la population de certains états disparaîtra. En 1648, le traité de Westphalie achève la montée en puissance de la France.
Je m'ajoute à la liste des satisfaits de ce blog !! merci beaucoup !!
Juste une question : est ce que tu vas continuer de mettre les cours de CM moderne ou tu t'es vmt arrêté à 22 février?
ça m'aiderai que tu continues, le prof parlant dans sa moustache tout le long... merci !
Je devrais poster d'ici peu le Quatrième chapitre de Moderne, le temps de finir de recopier la dernière partie.
Et le voilà désormais posté sur ce blog.
Franchement moi qui est du mal à prendre ne note j'ai trouvé l'equilibre parfait entre mes 3 lignes copiées en 1 heure et le cours entier du prof.
Merci pour ton aide Benoit, elle est plus que précieuse. As-tu l'intention de poster le cours sur les " ouvrages de l'esprit" ? Si oui, quand ?
Merci et bon courage pour les révisions.