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Chapitre 2 : La lente transformation des campagnes

Chapitre 2 : La lente transformation des campagnes

Posté le 08.03.2008 par courslille3
Chapitre 2 : La lente transformation des campagnes

Cette impression d’immobilité du paysan tiens de la comparaison avec l’évolution de la ville, d’autant que le paysan ne laisse pas de traces sinon indirectes, ils ne parlent qu’entre eux et ne savent pas écrire, ce sont les citadins qui les décrivent, plus mobiles, ils considèrent les ruraux comme des conservateurs.

Michel Augé-Laribé dans La révolution agricole souligne que quand l’agriculture commence à entrer dans le régime des échanges avec la monnaie, elle est dominée, sauf en période de disette, car elle ne fait ni les prix, ni les lois. On lui donne cependant un moyen de s’exprimer par le vote, la France étant un cas extrême du fait de son Sénat favorisant les campagnes.

Qu’es-ce que la révolution agricole ? Bloch la définie par « les grands bouleversement de la technique et des usages agraires » qui dans toute l’Europe marqua, selon des dates variables, l’avènement de l’exploitation contemporaine.

L’Angleterre est un pays pionnier avec la Bill of Enclosure, qui privatisa les propriétés communes, à partir du moment où les terrains n’appartiennent plus au village, au commun, on accélère les contrastes, ce qui favorise les changement, il y a ainsi une recomposition de la société paysanne.

Avec la vente des terres de l’Eglise, nationalisées et vendues par lots en France, lors de la Révolution, on entre dans la logique de la société marchande ce qui s’accentue par la révolution des transports qui accroît la mobilité.

1) Un monde plein qui se dépeuple

Il se dépeuple lentement et selon des variables, il s’agit avant tout d’une diminution relative et non d’une diminution absolue. Il y a une croissance en valeur absolue dans les campagnes, mais celles-ci ont une croissance démographique plus faible que celle des villes.
L’exode rural ne dépeuple pas, à l’exception de la France où la population rurale perd deux millions d’habitants dans la seconde moitié du XIXème siècle. On le sait grâce aux recensements organisés par la République tous les cinq ans depuis 1876. En 1931 c’est la première fois que les citadins sont plus nombreux en France que les ruraux. 1936 constitue le dernier recensement de la IIIème République.

Si ce monde se dépeuple, c’est car il était surpeuplé. On considère qu’en 1850 on atteint la limite des ressources disponibles, d’où les migrations et la colonisation de peuplement dans les pays neufs.
Les campagnes européennes furent des foyers d’émigrations à des périodes différentes, le seuil n’étant pas atteint partout aux mêmes périodes.
Ces migrations peuvent être définitives, comme l’installation d’ouvriers agricoles venant de Belgique dans la Beauce (région céréalière), de polonais en Saxe, de calabrais dans la plaine du Pô, mais aussi temporaire, ainsi des espagnols à la morte saison, vont dans l’hémisphère sud, en Amérique pour cultiver.

Cela entraîne une désagrégation des communautés familiales et villageoises au profit de l’individualisme (endettement pour conserver ou accroître ses propres terres).
Cela entraîne également l’abolition progressive de la servitude en Europe, ce qui n’est pas partout gratuit, il faut parfois racheter le lopin de terre au Seigneur. Ce mouvement s’achève pour l’Allemagne en 1848. L’émigration est surtout sensible dans les régions de grands domaines seigneuriaux, où il n’y a pas de place pour les petits propriétaires.

Là où l’artisanat se maintient, il n’y a cependant pas de changement avant le XXème siècle, les dentelles de Velay incite ainsi les ruraux a rester travailler dans leur campagne, alors que dans la région de Saint-Etienne les artisanats sont remplacés par l’industrie.

2) Progrès économiques et techniques

En 1848 à lieu la création d’école d’agronomie. Les terroirs ne se prêtent pas tous à la mécanisation (haie, isolement des terres, etc …). En 1891, en Allemagne, il y a douze fois plus de faucheuses et de moissonneuses qu’en France et onze fois plus de machine à battre à vapeur (deux fois plus de machine à battre à cheval).

On observe une augmentation de la surface agricole par l’assèchement des marais ou le défrichement de nouvelles terres. On augmente également les rendements par l’utilisation des engrais, d’origine naturelle tout d’abord, avec le Guano (entre 1840-1870, excréments des oiseaux marins et des chauves souris), dont le Pérou détient un certain monopole, ce commerce fera la richesse de commerçants comme Auguste Dreyfus, mais il y a également les engrais chimiques, utilisés notamment en Allemagne.

Une sélection des espèces animales dans l’élevage, et des plantes, dans l’agriculture, s’effectue également. La greffe et les boutures se développent pour lutter contre les maladies, comme le Phylloxera qui s’attaquaient aux vignobles, il fut nécessaire d’effectuer une greffe d’un cépage américain.

Il y a une évolution des mentalités, la polyculture recule petit à petit, surtout depuis les années 1870, au profit de la spécialisation. « Se suffire à soi-même signifie, non plus tout ce que l’on a besoin, mais ce qui permet d’acheter ce qu’on ne saurait produire à bon compte » (Robert Schnerb).

La main d’œuvre agricole, payée en nature sur les récoltes auparavant est maintenant payée en liquide, ce qui entraîne le problème de la question des salaires et de la hausse du coût de la main d’œuvre. Cela est perçu comme un recul, car la main d’œuvre agricole recevant une part de la récolte serait d’autant plus motivée à produire davantage pour accroître sa part.

3) L’entrée dans l’économie capitaliste
A) 1850-1860

La terre rapporte davantage et la valeur locative augmente, la progression de la valeur de la terre en 30 ans passe de 60 à 90 milliards de Francs. En Prusse la valeur est multipliée par 4.
Les paysans considèrent qu’ils doivent leur prospérité à Napoléon III et ils commencent à épargner, il s’agit de la sortie définitive de l’Ancien Régime. Certains s’enrichissent et entrent dans le système capitaliste, d’autres, les plus petits, y perdent et doivent migrer vers les villes ou vers les pays neufs.



B) 1870-1895

Les échanges se mondialisent, vers 1870 avec le développement des transports, on ne voit alors pas la concurrence comme un stimulant mais comme un danger.
La baisse des prix suite à la concurrence entraîne la baisse des revenues de la terre (-30% entre 1875 et 1895). Cela accroît l’exode rural et l’émigration, la main d’œuvre rurale coûte donc plus chère et cela accélère la spécialisation dans les productions rentables et à la mécanisation, on assiste à la séparation entre l’élevage et la culture du blé.
La Suède avant 1850 exportait du blé et importait de la viande, après cette date, elle ne produisait que la moitié de sa propre consommation de blé mais exportait du beur, on assiste en effet à la spécialisation des pays du nord dans les produits laitiers.
Les Pays Bas, la Suisse, l’Irlande et le Danemark se spécialisent dans l’élevage, et les pays de l’est dans la production céréalière.

En réaction à la crise les grands propriétaires réclament des protections et l’Agrarisme, un courant se défense des propriétaires, se développe, ainsi que le syndicalisme propriétaire qu’il ne faut pas confondre avec le syndicalisme prolétaire.
De même il existe une classe intermédiaire, les Métayers qui partagent par moitié le produit de leur récolte avec le propriétaire des terres, si les petits métayers sont précaires, ils peuvent employer et leurs syndicats n’auront donc les mêmes intérêts que ceux des prolétaires sans avoir pour autant les mêmes que les syndicaux propriétaires.

On assiste également au développement de coopération pour faire face aux coûts de la production et de la mécanisation.

4) Variétés et contrastes selon la taille des exploitations

Il faut distinguer la propriété de l’exploitation, il n’y a pas de coïncidence entre grande propriété et grande exploitation. Il faut de même distinguer les propriétaires exploitants et les propriétaires absents, les premiers sont des modernisateurs, comme les Junkers prussiens (Bismarck par exemple), alors que les seconds défendent leurs propres intérêts, vivent généralement en ville et se sont vu frappé par la crise.
On observe de violent conflit dans le sud de l’Europe, comme en Italie ou en Andalousie.

La société entre dans une logique individualiste, une logique de compétition, les auteurs contemporains soulignent les disputes qui existent au sein des familles même lors du partage des terres suite à un héritage, du fait du Code Civil (Code Napoléon), ce qui entraîne un morcellement des propriétés. Dans certains pays on a privilégié un remembrement des parcelles progressivement.

Il est a noté qu’il n’y a pas qu’une seule classe rurale mais qu’il y en a plusieurs, mais malgré les différences entre celles-ci, pour tous, la vie c’est globalement améliorée avec l’amélioration dans l’alimentation et la disparition des disettes.
L’hygiène et l’habitat évoluent néanmoins plus lentement, notamment pour ce qui est de l’électrification. Cette dernière néanmoins changera fondamentalement le mode de vie car, en effet, en raison des impôts sur les portes et les fenêtres, beaucoup de maisons n’en comportaient que fort peu et étaient ainsi sombres, limitant les activités humaines.

Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un développement inégal selon les régions européennes, le nord-ouest étant beaucoup plus développé que le sud et l’est de l’Europe.



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:: Les commentaires des internautes

cheveux
Posté par maomet le 28.05.2008
ce texte est trés difficiles a comprendre pour les jeunes qui on des exposés sur ce sujet
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