Chapitre 5 : « Les ouvrages de l’esprit »
I) La Réforme Catholique et l’art du XVIIème siècle
A) les Conditions d’élaboration de la production artistique au XVIIème siècle
Les églises et les couvents sont désormais inspirés de la nouvelle architecture qui se met en place en Italie, dans laquelle la lumière prend une place prépondérante, les nefs sont modifiées pour être percées par davantage d’ouverture. Selon le Concile de Trente, le fidèle, quelque soit sa place, doit voir l’office, être capable de lire son livre de prière et le desservant doit toujours être visible.
Afin de mettre en valeur l’autel et le tabernacle (qui abrite les hosties), on construit derrière des retables (immenses pièces de bois).
Les plus grands artistes recevront des financements, Simon Vouët par exemple recevra des commandes de la part d’institutions religieuses, mais également de la part de privés selon les dispositions de leurs testaments, ces financements pouvaient aller jusqu’à plusieurs milliers de livre.
Selon le Concile de Trente les images sont licites, c’est pourquoi l’on observe chez les peintres le développement d’un courant spécifiquement religieux. Ces peintures deviennent tellement courantes que leur prix baisse, auparavant les moins chers coûtaient 120 livres, désormais il est de 10 livres pour une peinture de petit format et est donc accessible même aux milieux populaires.
De plus les gravures ne coûtaient que quelques sols. Malgré cette baisse des prix, les artistes vivaient bien de leur art.
Le religieux est le premier genre en peinture, il est suivit par le portrait en deuxième position, l’histoire profane en troisième position, et enfin les paysages et la nature morte.
B) La signification des peintures
Les artistes mettent principalement en valeur les visages, afin que leur expression soit particulièrement visible.
On note quatre grands groupes picturaux, quatre grands thèmes au XVIIème siècle :
- la Vierge Marie, seule, avec Jésus enfant, la Sainte Famille, ou encore représentée pendant des évènements comme la fuite en Egypte, il s’agit du culte marial.
- L’eucharistie, la communion
- La passion du Christ
- La reproduction des Saints locaux, du Saint Patron de l’Eglise locale
Ces thèmes toucheront les peintres les plus modestes jusqu’aux plus grands, ainsi George de la Tour, ayant une production limité (environ 80 tableaux, dont 30 religieux) mais très élaborée a peint 9 Marie-Madelaine (symbole de la pénitence), 7 Saint-Pierre (il a renié le Christ, avant de faire pénitence et de bâtir l’Eglise), 5 Saint-Jérôme (traducteur de la Bible en latin et rédacteur de la vulgate qui fut reconnue comme « authentique » lors du Concile de Trente, il s’agit de mettre en valeur les écritures sacrées selon les interprétations catholiques en opposition avec le Protestantisme.) ou encore Saint-Joseph (considéré comme l’intercesseur parfait).
Au-delà de la représentation, il s’agit donc d’une volonté de faire passer un message. C’est à cette époque que se développe la technique de l’Allégorie, faire représenter une idée par une idéologie personnifiée, le plus souvent en choisissant une femme. Les peintres insistent sur le visage afin que les expressions soient parfaitement visibles.
La charité est ainsi une femme qui allaite un enfant, accompagnée de deux autres enfants jouant de la musique à ses cotés. Memento Moro, la mort, revient souvent également, un crâne placé dans une nature morte censé représenter la vanité matérielle et rappeler que la vie est courte.
Les frères Le Nain (nés à Laon, ils vécurent à Paris à partir de 1630) ont poussé au maximum l’allégorie, ainsi, dans le repas des paysans, il faut y lire le sacrifice de l’eucharistie.
C) Un cours rappel du Baroque et du Classicisme
Le Baroque est issu de l’Italie, il vente les mérites artistiques de la courbe, mais s’il y a beaucoup d’ellipse et d’ovales, le cercle est moins présent. Le baroque est influencé par l’art jésuite qui prônait l’existence d’un dôme surmontant l’édifice afin d’y faire entrer davantage de lumière. On privilégie l’exubérance.
Il s’agit d’une arme contre le protestantisme, c’est pourquoi l’on favorise un art ostentatoire à l’opposé du protestantisme. La musique doit être parfaite au sein des édifices, on étudie l’acoustique des lieux et on crée une musique religieuse adaptée suscitant l’émotion, que Calvin et les Jansénistes n’aimeront pas, d’où le proverbe « la musique adoucit les mœurs ».
Les grands compositeurs sont Marc Antoine Charpentier et Michel-Richard de Lalande.
Le Classicisme est issu de la préférence française pour la ligne droite, les croisements de ligne, on y abuse d’angles droits, c’est ici la symétrie parfaite.
Le décor classique est anti-baroque, d’une extrême sobriété, où très peu de personnages sont représentés, ceux-ci sont par ailleurs statiques afin de donner une posture calme et sereine.
Pour dissimuler les traits le classicisme utilise des effets de fondu.
En 1648, le classicisme sera encadré par des codes avec la création de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture par Mazarin, elle a pour mission de mettre en valeur une expression artistique originale propre à la France.
En dépit du contrôle des artistes, ceux-ci iront tout de même à Rome, car l’art antique rappelle le classicisme et afin de tirer des enseignements de la renaissance. Mais ensuite ils ne s’y déplaceront plus tout en continuant d’imiter Rome.
Le classicisme est principalement présent dans le nord du royaume, au sud il devra contrebalancer avec les influences méditerranéennes (italienne et espagnole).
II) la Médiatisation du Monarque
A) Développement du mécénat d’Etat
Elle repose sur des traités théoriques au profit d’un monarque jeune. Bossuet va recevoir ainsi de Louis XIV la commande de l’éducation du Dauphin, il dresse les contours d’une idéologie royale dans La Politique tirée des propres paroles de l’Ecriture Sainte. Il insiste sur le fait qu’avant d’utiliser de nouvelles méthodes, il faut employer celles ayant déjà marché par le passé. Il insiste donc sur la cérémonie du sacre, sur la thaumaturgie, sur le cérémonial de la vie du roi : le roi vit en public. Il insiste de même sur les manières dont le roi doit se présenter lors d’un lit de justice, ou encore lors des entrées solennelles dans une ville.
Louis XIV poussera cela encore plus loin, il met en avant la cours, en la codifiant, de même quant à la place du souverain vis-à-vis de l’armée. Il commence à prendre des distances avec la communication directe avec le peuple, il créera des cérémonies religieuses, les Te Deum, pour compenser cela dans une véritable politique de communication.
B) Début d’une propagande royale
Jean-Baptiste Colbert, dès 1661, prendra conscience de cet aspect et fera appel aux meilleurs plumes du temps en se tournant vers l’Académie Française, à qui il demandera de dresser « un plan de propagande du monarque ». Selon celle-ci il faut mobiliser toutes les capacités artistiques, qu’il s’agisse des lettres, des médailles, de la tapisserie ou de la gravure.
Colbert va donner une structure administrative à ce mécénat d’état à qui un véritable budget sera confié.
Cela passe par la création de nouvelles académies, l’Académie Royale de Musique, qui sera confié à Lully ou encore l’Académie Royale de Peinture et d’Architecture, confiée à Charles Lebrun. Le Roi, rien que le Roi, tout pour le Roi.
Ces académies créeront toute une série de canon, le premier est la référence à l’antique, le voyage à Rome sera désormais obligatoire et sera facilité par l’installation à Rome de l’Académie de France depuis 1668. Deuxième canon, l’utilisation de la tapisserie, pour les palais royaux d’une part, mais également afin d’offrir aux ambassadeurs étrangers, cela passe par la création de la Manufacture des Gobelins.
Il faut désormais donner une identité architecturale afin d’y voir le Roy de France. Cela ne sera pas facile, Colbert le verra avec le Louvre dont l’architecture n’est pas moderne. Il fera ainsi appel à un concours des plus grands architectes en vu d’améliorer le Louvre, les plus célèbres artistes y participeront, dont l’italien Le Bernin. Mais celui-ci sera refusé par Colbert qui y verra un style trop baroque. Il fera donc appel à Claude Perrault, afin d’améliorer l’architecture du Louvre uniquement selon des canons classique. Marqué par cette expérience, Colbert va sommer les architectes d’adopter les canons français et non italiens. C’est l’architecte Le Vaux qui bâtira les canons français et recevra la mission de les appliquer au pavillon de chasse de Versailles, ceux-ci doivent être présents aux jardins, dans l’architecture extérieure et à l’intérieur. Ces canons doivent donner une impression de majesté et de puissance, cela passe par la construction d’Arc de Triomphes avec des devises à leur sommet.
C) Le phénomène de cours
Les Grands du Royaume vont comprendre l’intérêt d’être toujours aux cotés du monarque, ils intégreront la cour et la fera évoluer.
La première évolution sous Louis XIV est que celui-ci prendra l’habitude de fixer la cour, qui avait auparavant l’habitude d’être itinérante jusqu’en 1670 environ, entre Paris et Versailles, cette dernière étant privilégiée, même si elle n’était point achevée.
Un système d’allégorie se met en place, ainsi une statue d’Apollon représente le Roi Soleil, de même, en 1664, lors de festivités, la danse de « les plaisirs de l’île enchantée » autour d’un seul danseur, le soleil, qui symbolise également Louis XIV, qui était par ailleurs lui-même un danseur émérite, et ce jusqu’à 32 ans.
Versailles devient le réceptacle de la pensée de l’époque, par la présence de Bossuet, mais aussi des plaisirs profanes avec Lully, Molière, Racine.
En 1668, Le Vau entreprend la construction de l’Enveloppe qui encercle le premier château.
Louis XIV met au pas l’aristocratie par le cérémonial de l’étiquette, d’inspiration espagnole, mais qui en sera beaucoup impressionnante, elle sera étudiée par les contemporains, comme Saint-Simon. Afin de réussir à Versailles, il faut disposer des « codes de civilité » qu’il faut connaître à la virgule prêt, la moindre erreur peut être fatale et certains même se suicideront.
Cette montée en puissance, entre 1668 et 1682 sera lente. A la mort de Le Vau, le nouvel architecte est Jules Hardouin-Mansart. Tout désormais sera contrôlé à Versailles, du levé au couché du roi. Le dixième de la noblesse française dépend ainsi de la bonne volonté du roi.
C’est sous l’impulsion de Louis XIV, à Versailles, qu’évolue la cour, dont le budget représente 1 à 2% du budget de l’état, le modèle français sera imité par les autres cour européennes.
D) Les autres moyens
Les collaborateurs de Louis XIV, comme Colbert vont doter la France d’institutions nouvelles visant à promouvoir l’image du roi, Colbert prendra ainsi le contrôle des périodiques, comme la Gazette de France (le plus ancien) ou le Mercure Galant qui devront ainsi faire place aux plus menus faits et gestes du roi.
En 1663 Colbert met en place la Petite Académie qui a pour fonction de rédiger les textes qui doivent accompagner les productions (médaille, art, etc…). C’est ainsi que de 1638 à 40 circuleront les médailles « Algera Fulminata » où Louis XIV représenté en Jupiter utilise sa foudre (sa flotte) contre Alger qu’il bombarde. Il y aura plus de 400 gravures différentes.
Un nouvel effort sera entrepris à destination des milieux savant, mais il y en a peu en France, si ce n’est Descartes, qui sera promu en tant que mathématicien, et non philosophe. Les travaux de Galilée seront utilisée, à travers Mersenne pour promouvoir le roi, de même pour Copernic qui promeut l’héliocentrisme (le Roi le soutien donc malgré l’opposition du clergé), Kepler, Tycho Brahe qui a identifié les cratères de la Lune, ou encore Harvey ayant découvert la circulation sanguine.
La cause du retard français s’explique par le fait que les Universités françaises se basent sur les écrits d’Aristote, et que l’Eglise contrôle encore l’enseignement, dès 1663 la Sorbonne condamne ainsi les écrits de Galilée. Colbert va donc financer, avec le budget royal, en 1665, le journal des Scavans. En 1666 est créée l’Académie Royale des Sciences où les débats sont autorisés en son sein en raison de la protection accordée par le Roi.
En 1667 est créé l’Observatoire de Paris, sa direction est confiée à l’un des membres d’une famille italienne bien connue en Europe, les Cassini, la naturalisation, effective en 1673 sera néanmoins obligatoire pour accéder a ce poste, afin de promouvoir la France.
III) L’évolution socioculturelle française au XVIIème siècle
A) Une culture orale, une culture savante et une culture de civilité
C’est encore une époque où la transmission du savoir se fait fortement à l’oral, notamment pour les chansons et les contes, mais l’on observe également un fait neuf, c’est qu’à cette voie s’ajoute des vecteurs nouveaux utilisant la transmission écrite que l’on nommera culture savante.
Il y a par ailleurs une évolution, au début l’on n’écrit que pour les initiés, ceux qui connaissent un tant soit peu le sujet et qui sont capable de comprendre, cependant, on voit apparaître petit à petit, une forme d’ouvrages de vulgarisation, destinée à la bourgeoisie.
Vers 1680 se développe une littérature bon marchée (car les livres n’ont pas de couverture), ceux qui les produisent choisissent spécifiquement certains ouvrages qui peuvent attirer les foules, c’est ainsi que l’on se permettre quelques allusions gaillardes implicites et c’est à cette période que les écrits de Rabelais se développent.
Un autre domaine populaire est les comtes de fées, dont le plus grand auteur est alors Charles Perrault qui doit son succès grâce à un fond de connaissance de contes et légendes datant du Moyen Age qu’il rebâtira en y ajoutant des éléments nouveaux. On y décèle une misogynie caractéristique de l’époque aux travers des traits de la mauvaise reine ou de la mauvaise fée.
Il doit son succès également aux renversements sociaux qui ont lieux, comme une servante qui devient princesse, mais également car ils se terminent bien, ce qui a pour message qu’il faut être optimiste.
Au niveau de la musique profane, l’on veille désormais à la qualité des chansons et l’on va bâtir des musiques spécifiques aux évènements, une musique pour le carnaval, pour l’arrivée du printemps, au baptême, etc …
Aux instruments courants s’ajoutent flûtes et cornemuses qui, si ils étaient tout d’abord destinés aux milieux populaires, se feront vite approprié par l’élite qui va s’en inspirer, avec le luth, ou encore le clavecin qui connaît alors son essor.
Contrairement aux pays méditerranéens, en France les femmes peuvent sortir seules et parler aux hommes, il faut donc ainsi éduquer ceux-ci pour qu’ils puissent parler convenablement aux femmes, d’où l’établissement de la galanterie, de la conversation et d’un certain modèle de l’homme cultivé.
Madeleine de Scudéry fera ainsi évolué la conversation vers la préciosité. Il s’agit de la « police » (dans le sens de manière) des mœurs, il s’agit d’épurer la langue française, de la dégasconiser en abandonnant les attitudes de la cour d’Henri IV (comme le fait de rouler les r), il faut désormais parler comme à Paris et savoir utiliser de nouveaux mots.
Des dictionnaires commenceront à paraître, comme en 1680 celui de Richelet, en 1690 celui de Furetière (40 000 mots), en 1694 l’Académie Française en fera paraître un également, et enfin en 1704 paraîtra le Dictionnaire Universel de Prévoux (Jésuite).
Désormais le vulgaire au théâtre n’est plus accepté, comme c’est le cas des querelles entraînées par le Cid. On discrédite les provinciaux et l’écart se creuse entre l’élite et le peuple.
B) l’Education au XVIIème siècle
Grâce à l’initiative prise Maggiolo qui ira recueillir les signatures des actes de mariage pour relever le nombre d’illettrés, nous savons que 29% de la population masculine et 14% de la population féminine sont alphabétisés, soit un total de 21% des français. Au nord d’une ligne imaginaire allant de Saint-Malo à Genève, l’on monte à 30 à 40% des français et 20% des française, alors que dans le Midi, 20% des méridionaux et moins de 10% des méridionales le sont.
Cette alphabétisation résulte de l’action des Eglises, dans dès les années 1670 les catholiques ouvrent des écoles en province, et au sein de la population protestante l’on lisait la Bible jusqu’à l’interdiction d’une telle pratique.
Les difficultés rencontrées sont liées aux langues locales, le Français étant plus facile d’accès aux personnes parlant une langue d’oïl qu’aux bretons.
Mais l’alphabétisation n’est qu’une face de la scolarisation, Richelieu comme Colbert ne veulent pas aller au-delà des bases et s’opposent donc à l’Eglise qui veut répandre les enseignements.
Jean Baptiste de La Salle va mettre sur pied des écoles charitables, puis instaura les Frères des Ecoles Chrétiennes. Dans toutes les régions le même programme serait étudié, rédigé en français, et non plus en latin, par de La Salle. Il est le premier à fixer des horaires fixes pour l’école, ainsi que le premier à établir un système de récompense et de punition, où les coups et les injures à l’encontre des élèves sont interdits.
Les collèges vont connaître une explosion, les jésuites en avaient une centaine en 1640 ce qui est considérable. Ils accueillent des fils d’officiers, de marchands, de grands agriculteurs, ou encore d’autres privilégies.
Les études se faisaient en 7 années, divisées en deux cycles, le trivium (trois matières) et le quadrivium (quatre matières). Une large place est accordée aux dévotions (prières avant les cours, messe journalièrement), la Géographie, l’Histoire et les Sciences sont enseignées.
60 000 garçons étaient formés aux collèges avec un niveau leur permettant d’accéder à l’Université.
Les Académies, quant à elles, étaient réservées à l’aristocratie, on y enseignait la maîtrise des sciences militaires, comme l’escrime, l’équitation ou la poliorcétique (art de mener un siège en offense comme en défense), ainsi que la musique et la danse.
Suite à une réforme en 1679, la licence fut élevée à trois ans avec une obligation d’assiduité.
Il s’agissait principalement d’hommes, car les femmes devaient, selon les contemporains, prendre part à la maîtrise de la maison, même si les ursulines apprenait à écrire, coudre, broder, chanter, jouer un instrument (plus tardivement), ainsi qu’un enseignement religieux.
Françoise d’Aubigné, Madame de Maintenon est à l’origine de la création de St Cyr, pour les filles de la noblesse pauvre, elles y entrent à 7 ans et en sortent à 20 ans en bonnes chrétiennes, maîtresses de maisons, bonnes musiciennes et danseuses.
D’autres s’étaient construits leur bagage culturel au contraire grâce aux salons, comme la Marquise de Sévigné et Mme La Fayette.
Les Imprimeurs, quant à eux vont vivre un XVIIème siècle difficile jusqu’en 1650, avant que la situation ne s’améliore quelque peu. Ils ont pu toucher un public plus large en faisant paraître désormais des écrits en français et des livres à bon marché, qui sont vendu par des colporteurs en province, avec notamment les demi lettrés constitués par la petite noblesse, les bourgeois et les gros laboureurs cultivés.
Ils impriment sur feuilles volantes beaucoup de textes religieux, politiques, satiriques et misogynes, des placards/canards qui racontent des faits extraordinaires, surnaturels, des récits d’ensorcellement ou encore les récits de crimes horribles, des almanachs, surtout en campagne par le biais des colporteurs, car associé en général avec un calendrier (notamment agricole) et à des prédictions astrologiques, des ouvrages à bond marché, comme la bibliothèque bleue de Troyes, il s’agit principalement de romans de chevaleries, sur la vie des saints ou encore des tragédies, enfin, des livres de civilité, de cuisine, de recettes médicales ou encore d’astrologie.
C) l’Emergence de l’Esprit critique
Théorisé par Descartes et son doute méthodique, l’esprit critique privilégie la raison et cherche à l’appliquer à chaque évènement. Tous les enseignements reposaient alors sur des livres qu’on ne remettait pas en cause, comme les écrits d’Aristote notamment.
René Descartes rédige en 1637 le discours de la méthode : tout sujet pensant peut vérifier la validité d’une idée en la soumettant à la critique, c’est la base d’une méthodologie de recherche de la vérité. Il a tenté de concilier la foi chrétienne telle qu’elle est enseignée avec les sciences nouvelles, ce qui va séduire les oratoriens qui, dès 1640, enseigneront les idées cartésiennes. Mais les Jésuites et les Universités n’y sont pas favorables et les Jésuites feront appel au Pape qui, en 1663, met à l’index l’ouvrage de Descartes, entraînant en 1669 la condamnation de l’ouvrage par la Sorbonne, puis en 1670 l’interdiction de sa simple évocation au sein d’une Université.
En 1663, Blaise Pascal finira par suivre le chemin de Descartes, tout doit être testé par des expériences selon lui, il influera beaucoup Newton.
A coté, au XVIIème siècle va se développer le rationalisme chrétien, les jansénistes seront porteurs de cette démarche, certain s’attaqueront au mysticisme comme Nicolas Malebranche qui ira plus loin en établissant un lien entre la foi chrétienne et la raison, en enlevant les principes mystiques. En 1687 la papauté finira par condamner le mysticisme est les travaux de Molina en prônant la méfiance envers ces pratiques.
En France c’est Bossuet qui s’attaquera au mysticisme, Mme Guyon qui prônait le quiétisme (pratique mystique ayant influencé St Cyr et Fenelon) sera embastillée et le quiétisme condamné dans le Royaume.
L’infériorité féminine sera remise en cause, et des querelles éclateront entre Anciens et Modernes dans la littérature.
Le doute méthodique touchera les juristes qui prendront désormais leurs distances avec la sorcellerie, l’immersion de la sorcière sera ainsi interdit, en 1670 le droit français ne condamnera plus la sorcellerie, la pratique des bûchers sera totalement éteinte en 1680.
Au XVIIème s’impose une sensibilité nouvelle, avec un goût pour les arts avec de riches mécènes faisant des commandes privés, notamment dans l’art du portrait, une même évolution pour la musique qui d’une grande manifestation de la royauté devient quelque chose de privé et de discret avec la cantate et la sonate. Les mœurs évolueront notamment dans la vie de couple, notamment de la manière dont on considère les enfants ou encore les premières tentatives (condamnées par l’église) pour limiter la fertilité des couples.
Est ce que tu vas mettre en ligne les cours qu'on est censé rattraper ce matin (donc samedi matin 3 mai)? ça serait génial...