L1 S1 UE 1 Histoire Moderne
Posté le 02.01.2008 par courslille3
1422 : Charles VII
1461 : Louis XI
1483 : Charles VIII
1498 : Louis XII
1515 : François Ier
1547 : Henri II
1559 : François II
1560 : Charles IX (1560->1563 : Catherine de Médicis)
1574 : Henri III
1589 : Henri IV
1610 : Louis XIII (1624->1642 : Richelieu)
1643 : Louis XIV (1643->1661 : Mazarin ; 62->83 : Colbert)
1715 : Louis XV (1712->1723 : Régence de Philippe d'Orléans)
1774 : Louis XVI (1774->1777 : Turgot ; 1781 + 88->90 : Necker)
1789 -> 1792 : Louis XVI roi des Français (et non plus de France)
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Posté le 30.11.2007 par courslille3
Chapitre 1 : Définition de l’Ancien Régime
1350 : fin de la Grande Peste
1492 : prise de Grenade, découverte de l’Amérique
1637 : discours de la méthode de Descartes
1700 : les Bourbons sur le trône d’Espagne
1789 : prise de la Bastille
Chapitre 2 : Découverte et conquête des Nouveaux Mondes
XIIIe : gouvernail étambot, boussole fixe, astrolabe, portulans (cartes maritimes)
1394-1460 : Henri le navigateur (por)
1420 : les Portugais commencent l’exploration des côtes africaines
1487 : découverte du Cap de Bonne Espérance par Barthélemy Diaz
1492 : fin de la reconquista, découverte des Antilles par Christophe Colomb
1494 : traité de Tordesillas, partage du monde entre l’Espagne et le Portugal
1498 : Vasco de Gama atteint l’Inde à Calcutta
1521 : Hernán Cortés prend possession du Mexique en annexant l’Empire Aztèque. Il devint le capitaine général de la Nouvelle Espagne
1522 : tour du monde de Magellan, mais ce dernier meurt en route
1530 : Francisco Pizarro et Diego de Almagro annexent l’Empire Inca et Pedro de Valdivia entame la conquête de l’actuel Chili
1540 : découverte de mines d’argent au Pérou (mines du Potosi) et au Mexique (mines Zacatecas)
1607 : fondation par les anglais de la Virginie
1608 : fondation de Québec
1614 : fondation de la Nouvelle Amsterdam
Cette colonisation possède un aspect dramatique, notamment pour les autochtones décimés par un choc microbien, en effet, il y avait 25 millions d’habitants en 1520, là où il n’en reste qu’un million cinq cent mille en 1650.
Chapitre 3 : L’éclatement du Christianisme occidental
1517 : 95 thèses de Luther affichées
1521 : excommunication de Luther
1530 : début de la guerre des religions dans le Saint-Empire
1555 : paix d’Augsbourg, un prince, une foi
1534 : affaire des Placards (Calvin)
1536 : institution de la religion chrétienne publiée en latin par Calvin
1531 : suite au refus du pape d’annuler son mariage, Henry VIII se proclame maître de son église
1534 : premier acte de suprématie qui fonde ce qui est nommé l’Eglise établie
1559 : nouvel acte de suprématie établie par Elizabeth Iere qui se rapproche ainsi du calvinisme
1563 : 39 articles établissent les dogmes de cette Eglise
1534 : fondation des Jésuites en Espagne
1540 : reconnaissance des Jésuites par le Pape
1545-1563 : concile de Trente
1562-1598 : guerre des religions en France : huit conflits
1580-1682 : chasses aux sorcières dans l’Empire
1598 : Edit de Nantes
1629 : pertes des garanties militaires des protestants
1685 : Edit de Fontainebleau révoquant celui de Nantes
1787 : restauration des droits civiques des protestants
Chapitre 4 : Relations et conflits entre états
1516 : Empire de Charles Quint où « le soleil ne se couche jamais »
1521-1559 : guerres entre la France et l’Espagne
1559 : traité de Cateau-cambrésis
1635-1648 : guerre de trente ans
1648 : traité de Munster
1659 : fin de la guerre prolongée avec l’Espagne par le traité des Pyrénées
1707 : Acte d’Union entre l’Ecosse et l’Angleterre
1700-1714 : guerre de succession d’Espagne
1733-1738 : guerre de succession de Pologne
1740-1748 : guerre de succession d’Autriche
1763 : traité de Paris, la France cède le Canada et l’est du Mississippi aux Anglais
1783 : traité de Versailles, fin de la Guerre d’Indépendance Américaine
Chapitre 5 : Les lentes évolutions de l’Economie
Théorie du mercantilisme : XVI et XVIIèmes siècles
1664 : Compagnie des Indes Occidentales
1673 : Compagnie du Sénégal
1750 : Mouvement économique des Physiocrates
1560 : fin du beau XVIème siècle, début d’un difficile XVIIème
1620 et 1630 : Pestes
1693-94 et 1709-1710 : Crises de régime frumentaire
1720 : retour de l’expansion
Chapitre 6 : Une Société d’Ordres et de Communautés
Pas de dates majeures
Chapitre 7 : Le Roi et l’Etat dans la France Moderne
Don de Thaumaturge : « le Roi te touche, Dieu te guérit »
puis en 1617 : « le Roi te touche, Dieu te guérisse »
1648-1653 : la Fronde
1614-1789 : les Etats Généraux ne sont plus convoqués
1626 : l’Assemblée des Notables n’est plus convoquée
Chapitre 8 : Les Provinces-Unies, Naissance d’une République
1522 : introduction de l’inquisition aux Pays Bas
1555 : abdication de Charles Quint aux PB, Philippe II souverain
1567-1573 : duc d’Albe gouverneur des PB, Guillaume d’Orange quitte les PB
1568 : exécutions d’Egmont et Hoorn à Bruxelles
1572 : Les Gueux prennent la Brielle en Zélande
Guillaume d’Orange est élu stadhouder en Hollande et en Zélande
1575 : les provinces du nord rejettent l’autorité de Philippe II
1576 : Sac d’Anvers par les Espagnols
1579 : 6 janvier : Union d’Arras ; 29 janvier Union d’Utrecht
1584 : assassinat de Guillaume d’Orange
1609-1621 : Trêve de douze ans
1648 : Traité de Munster, reconnaissance de l’indépendance des Provinces-Unies
Chapitre 9 : Les mutations de la Monarchie Britannique
1603 : même roi sur toute la Grande Bretagne, néanmoins Royaumes distincts
1640 : le roi demande une augmentation des impôts afin de pouvoir envoyer une armée réprimer la révolte de l’Ecosse
1642-1645 : le Parlement contourne la volonté du roi en montant une armée dirigée par le Comte d’Essex pour contrer l’invasion écossaise et les actions des royalistes
14 juin 1645 : bataille de Naseby où Charles Ier est vaincu
30 janvier 1649 : régicide
1649-1659 : Commonwelth
1660 : Charles II monte sur le trône
1685 : Jacques II (catholique) succède à son frère et provoque l’hostilité des anglicans
1688 : Guillaume III d’Orange (G3O) (époux de Marie, fille de J2) débarque en Angleterre, J2 fuit en France
28 décembre 1688 : G3O à Londres fait valoir que la fuite de J2 équivaut a une abdication
février 1689 : Bill of Rights, déclaration des droits préservant les acquis des révolutions et interdisant qu’un catholique puisse monter sur le trône
Posté le 30.11.2007 par courslille3
Chapitre 9 : Les Mutations de la Monarchie Britannique
(note : rédigé à partir de livres et d'internet, très incomplet)
I. Les révolutions fondatrices
Depuis 1603, un même roi règne sur l'Angleterre, le Pays de Galles et l'Écosse. Toutefois, l'Ecosse et l'Angleterre étaient toujours deux royaumes distincts, disposant chacun d'un parlement propre. Charles 1er, roi depuis 1626 désire réaliser le rêve de son père Jacques Stuart : unifier l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande dans un même royaume. Ces aspirations inquiètent certains Anglais qui craignent pour leurs droits. En effet, Charles, comme son père, se réclame du droit divin et n'accepte pas les limites que la tradition impose au roi d'Angleterre. D'autres événements contribuent à tendre la situation. En 1625, Charles épouse Henriette-Marie de Bourbon, une catholique.
En 1627, le favori du roi, le duc de Buckingham échoue lors d'une expédition destinée à rompre le siège de la Rochelle, le parlement entreprend alors contre lui une procédure d'impeachment. Le roi répond par la dissolution du parlement. Le nouveau parlement lui demande de signer la Petition of Right. Charles accepte, car il a besoin du soutien du parlement pour pouvoir lever de nouveaux impots.
Sauf pour lever des impôts, le roi n'a pas besoin de parlement. Charles a besoin d'argent, mais sait qu'il ne peut pas compter sur un réel soutien de la part des parlementaires, et il s'abstient de convoquer un parlement. Il a recours a des moyens détournés pour tenter d'augmenter ses revenus. Ces procédés ne sont pas illégaux, mais sont perçus comme contraires à l'esprit de la tradition, et ils entretiennent des rancœurs.
Des réformes religieuses suscitent également des hostilités. En Angleterre, les puritains accusent Charles de vouloir rétablir le catholicisme. En Écosse, les dissensions sont plus graves encore. Charles, voulant unifier les pratiques religieuses de ces deux royaumes, cherche à imposer un nouveau livre de prière en Écosse. L'entreprise aboutit à des émeutes, qui s'enveniment et la guerre civile éclate, et les insurgés écossais connaissent des succès.
En 1640, pour faire face à la rébellion Charles a besoin de lever de nouveaux impôts. Un nouveau parlement est convoqué. Celui-ci profite de l'occasion pour exposer ses griefs au roi qui le dissout au bout de quelques semaines, c'est le "court parlement". Charles reprend donc la guerre en Ecosse sans nouveaux moyens financiers. Mais, face à une situation financière intenable, il se résigne en novembre à convoquer un nouveau parlement.
Le nouveau parlement se montre plus hostile à Charles encore. Il fait passer plusieurs lois destinées à défendre ses droits contre le pouvoir royal, notamment la Grande Remontrance. Le parlement interdit notamment au roi de le dissoudre.
La Première guerre civile a lieu de 1642 à 1645. Le Long Parlement contourne la volonté du Roi et monte une armée dirigée par le comte d'Essex afin de contrer une invasion écossaise ainsi que les actions de reprise de pouvoir du roi par les Royalists.
Des forces royalistes, se distingue un neveu du roi, le prince Rupert et des forces parlementaires, un puritain représentant au Parlement, Oliver Cromwell. Suite aux tournures des débuts de la Première guerre civile, la New Model Army est formée par le parlement.
La bataille de Naseby est la bataille clé de la Première révolution anglaise. Le 14 juillet 1645, l'armée de Charles Ier d'Angleterre est détruite par celle des Parliamentarians, la New Model Army, dirigée par Thomas Fairfax.
La fin de la première guerre civile est marquée par la retraite du Roi avec une armée écossaise à Southwell.
La Deuxième guerre civile a lieu de 1648 à 1649. La New Model Army met en déroute des insurrections royalistes dans le Surrey et le Kent. À la bataille de Preston, elle met fin à une invasion écossaise. C'est une bataille clé de la Première révolution anglaise, remportant la victoire sur les royalistes et les Écossais.
Tout membre de la Chambre des communes qui n'est pas du côté de la religion des Independents ou du côté des Grandees, les officiers supérieurs de la New Model Army, est retiré de force du Parlement. Le très réduit Parlement croupion fait passer une loi afin que le roi soit jugé. Il est jugé coupable de haute trahison le 30 janvier 1649 et sera décapité le 9 février.
C'est le début de la République, ou Commonwealth (de 1649 à 1653), suivie par une période de gouvernement personnel du Lord Protector Olivier Cromwell. Le nouveau régime est impopulaire, et la mort de Cromwell en 1658 laisse la place à un vide politique que le gouvernement de son fils Richard (1658-1659) ne parvient pas à combler. En 1659, on tente de revenir au système antérieur au Protectorat de Cromwell, mais, en définitive, la volonté de stabilité politique pousse le Parlement à négocier la Restauration de la monarchie en 1660. Le fils de Charles Ier, Charles II, monte sur le trône. La période des crises entre le parlement et Charles Ier dans les années 1620 jusqu'à la restauration de la monarchie en 1660 est de plus en plus surnommé la Révolution anglaise par les historiens.
Succédant à son frère Charles II en 1685, le catholique Jacques II s'aliéna rapidement l'opinion par des mesures impopulaires : brutalité de la répression contre la rébellion du duc de Monmouth, création d'une armée permanente, entrée de catholiques au gouvernement, dans l'armée et dans les universités, ainsi que le rapprochement avec la papauté (venue d'un nonce apostolique à Londres). En 1687, il ordonna qu'une déclaration d'indulgence, accordant la liberté de culte aux catholiques et aux dissidents, soit lue dans toutes les églises.
Cette décision, ajoutée à la naissance de son fils en juin 1688 d'un second mariage avec une catholique, qui garantissait une succession catholique, incita les opposants au roi à agir, mais le souvenir encore frais de la guerre civile, assorti d'un certain loyalisme, dissuadaient tout mouvement violent.
Le gendre de Jacques II, Guillaume III d'Orange, stathouder des Pays-Bas, époux de la princesse Marie, voyant s'éloigner la perspective d'accéder indirectement au trône, déclencha les hostilités en débarquant avec une petite armée anglo-hollandaise le 5 novembre 1688, à Brixham (Torbay). Pris de panique, le roi Jacques II s'enfuit en France, ce dont Guillaume d'Orange profita, dès son arrivée à Londres le 28 décembre 1688, en faisant valoir que la fuite du roi équivalait à une abdication. S'emparant de fait du gouvernement, Guillaume d'Orange, en accord avec le Parlement, fit réunir une convention qui proclama la déchéance du roi et offrit conjointement le trône au prince Guillaume et à la princesse Marie.
En contrepartie, ceux-ci durent contresigner, en février 1689, la Déclaration des droits (Bill of Rights) qui inscrivit dans la loi les acquis du Commonwealth d'Angleterre et du règne de Charles II. La Déclaration interdisait l'accession au trône d'un catholique, assurait des élections libres et le renouvellement du Parlement, et rendait illégale la présence d'une armée en temps de paix.
II. Le roi et son parlement
Depuis le Moyen Âge, le pouvoir royal est limité par le Parlement qui se compose de deux assemblées législatives : la Chambre des Lords, où siègent les grands seigneurs laïcs et ecclésiastiques, et la Chambre des communes où siègent les députés élus des comtés et des villes. À chaque fois que le souverain a besoin de lever une armée et un nouvel impôt, il doit consulter le Parlement. Celui-ci dispose d'un droit de regard sur les dépenses de l'état. Les règnes de Jacques Ier (1603-1625) et de Charles Ier (1625-1649) sont marqués par des tensions de plus en plus violentes, qui aboutissent à une guerre civile et à la révolution. Ce dernier souverain a voulu régner en monarque absolu, et se passer du consentement du Parlement. Mais ce mode de gouvernement ne convenait pas du tout aux marchands et aux petits agriculteurs anglais, ni même à la noblesse qui, en Angleterre, s'occupait de commerce. S'ajoutaient à cela des problèmes religieux : le clergé anglican soutenait le roi alors que de nombreuses sectes, parmi lesquelles celle des puritains (calvinistes), soutenaient le Parlement.
…
III. Libertés anglaises : mythes et réalités
…
Posté le 30.11.2007 par courslille3
Chapitre 8 : Les provinces Unies, naissance d’une république
(note : rédigé à partir de livres et d'internet, très incomplet)
I) Troubles religieux et émancipation politique
Avec la propagation des idées de la Réforme luthérienne et, postérieurement, celle de Jean Calvin, le rapport entre les anciennes provinces bourguignonnes et Philippe II d'Espagne se corse. Guillaume le Taciturne comte de Zélande, de Hollande et d’Utrecht, éminent luthérien au service de la couronne madrilène jusqu’à sa résignation en 1567, prit une position favorable à la résistance populaire contre les tentatives de centralisation castillane. Il fomente la lutte armée contre celles-ci dès lors.
Face à la venue du duc d’Albe, ayant pour mission d’instaurer l’Inquisition et de réduire les prérogatives locales administratives et fiscales, les calvinistes et les bourgeois se braquent. Les exactions religieuses débutent avec le «conseil des troubles» instauré à Bruxelles. Ces agissements polarisent l’opinion publique et politique (habitué à une large autonomie depuis le règne bourguignon) et aide la cause de la rébellion contre la Couronne. Les Gueux, habiles marins originaires majoritairement des provinces septentrionales, sous la commande de Guillaume le Taciturne (Maison d’Orange-Nassau), frappent l’imaginaire en 1572, défaisant les forces espagnoles effectuant la prise de Brielle, un village portuaire de la Hollande. Cet exploit encourage d’autres bourgs des provinces septentrionales à expulser l’occupant hors de provinces de Zélande, de Hollande et d’Utrecht. L’année suivante, Guillaume le Taciturne est proclamé stadhouder (chef des forces armées) des provinces libérées et se convertit officiellement au calvinisme. Le mécontentement généralisé force le retrait du duc d’Albe en 1574 alors que le siège de Leyde est contrecarré par les Gueux de la mer. Les successeurs au duc d’Albe parviennent à en venir à un accord (Pacification de Gand de 1576) avec les états généraux, représentant alors les dix-sept provinces des Pays-Bas, qui permet l'espérait-on, une plus grande tolérance religieuse et le statut quo quant aux mesures centralisatrices.
Pourtant, Philippe II ne démord pas et s’obstine à appliquer une politique fiscale centripète et spirituellement homogène à son royaume, désavouant implicitement ainsi l'accord de Gand. Le duc de Parme, Alexandre Farnèse, est donc chargé de reprendre le pays subversivement ; les combats reprennent de plus belle. Partant du Luxembourg, les armées espagnoles reprennent le terrain tout en s’assurant de la conversion des sujets réformé à l’Église catholique. Un flot d’immigrant religieux se hâte ainsi vers le nord, renforçant ainsi le visage calviniste des provinces septentrionales et catholiques du sud. Les États généraux fuient aussi vers Anvers puis Delft. Jouant de la méfiance des catholiques envers les protestants, le duc de Parme orchestre l’Union d'Arras de 1579 où les provinces francophones méridionales reconnaissent officiellement la souveraineté de Madrid. En réaction à cette machination politique, les provinces du nord toujours libres (Hollande, Zélande, Utrecht, Brabant, comté de Flandres, Overijssel, Groningue, Gueldre, Frise (et leurs dépendances) forment l’Union d'Utrecht la même année. Le processus d’émancipation politique est complété en 1581 avec l’Abjuration de La Haye qui ne dépose pas officiellement le roi d’Espagne comme souverain légitime des Pays-Bas mais plutôt stipule plutôt que par ses exactions, celui-ci a volontairement abandonner les Pays-Bas. Alors que Guillaume le Taciturne est assassiné en 1584, les combats se poursuivent au profit de l’Espagne qui réussit à reconquérir la Flandre et le Brabant qui doivent accepter leur rattachement aux Pays-Bas espagnols. Lorsqu’une trêve est finalement signée entre les États généraux des Provinces-Unies et l’Espagne en 1609 (orchestrée par le Grand pensionnaire hollandais Oldenbarnevelt), seules les sept provinces septentrionales et leurs dépendances (moins le Brabant et la Flandre) demeurent.
II) Les Institutions des Provinces Unies
Les Provinces-Unies sont le nom que prirent les sept provinces du nord des Dix-sept Provinces ou Pays-Bas espagnols en 1581 jusqu'à la création par les Français de la République batave et du Royaume de Hollande.
Le 2 juillet 1581, par l'Acte de La Haye, ces provinces, alors sous l'autorité du roi d'Espagne, prenaient leur indépendance et constituaient une fédération. Les causes de cette sécession étaient la volonté d'autonomie à l'égard du roi et le problème religieux, les habitants de ces provinces ayant majoritairement choisi la Réforme protestante. Depuis 1586, les États généraux des Provinces-Unies ont cessé de chercher un nouveau souverain et l'union confédérale est pratiquement devenue une république.
Les institutions des Provinces-Unies sont celles d'une République fédérale : contrairement à la plupart des autres États européens, le pays n'est pas dirigé par un roi. Les institutions centrales sont relativement faibles : les États généraux des Provinces-Unies sont l'assemblée délibératrice. Le Stathouder est le chef d’Etat. En outre, le grand pensionnaire s’occupe des affaires extérieures. Pour l’essentiel, la fiscalité repose sur les impôts indirects.
Les sept provinces ont un haut degré d'autonomie : elles disposent chacune de leurs propres institutions, telles que les états provinciaux, une assemblée législative. La République ainsi comporte un ensemble de sept provinces (plus leurs dépendances) comportant chacune un Parlement ainsi qu'un gouverneur. Ces provinces sont indépendantes les unes des autres, et peuvent lever les impôts ainsi que des armées séparément.
Les municipalités elles-mêmes sont jalouses de leurs privilèges et de leurs prérogatives ; elles sont dirigées par des membres de la noblesse locale et les grands marchands.
III) Hésitations Politiques
Au XVIIe siècle, les Provinces-Unies font plusieurs guerres à l'Angleterre, qui leur dispute la supériorité navale et commerciale dans la Mer du Nord. Les Provinces-Unies sont également, en tant qu'ennemi, de toutes les guerres de Louis XIV ; celui-ci les menaces dans ses désirs d'annexer les Pays-Bas espagnols (Belgique actuelle). C'est notamment le cas à Noordpeene, lors de la bataille de la Peene, le 11 avril 1677 : le roi de France envoie son frère, Philippe d'Orléans, assiéger Saint-Omer, seule ville d'Artois encore dans les Pays-Bas espagnols ; la coalition anti-française dirigée par les Provinces-Unies (avec Guillaume III d'Orange lui-même à la tête des troupes) est défaite ; Saint-Omer tombe dans la foulée. Le traité de Nimègue viendra notamment confirmer cette défaite hollandaise.
Les Provinces-Unies sont rentrées en guerre contre l'Angleterre (1780-1784), celle-ci lui reprochant de continuer à commercer avec les Insurgents américains en se cachant derrière leur statut de neutralité. Mais les choix militaires pris par le Stathouder Guillaume V et Ferdinand de Brunswick-Lüneburg qu'il a associé à son pouvoir se révèle désastreux. C'est une sévère défaite en 1784 qui cristallise le thème du déclin parmi les élites, d'autant plus qu'elle s'accompagne d'une crise économique. Guillaume V tente de renforcer ses pouvoirs au détriment des Etats et des Régents (qui ont le pouvoir dans les villes).
En 1781, Van der Capellen, noble libéral influencé par la philosophie des Lumières qui avait soutenu financièrement les Insurgents américains, publie un pamphlet Au peuple des Pays-Bas dans lequel, tout en se référant au modèle américain, il critique Guillaume V qu'il juge responsable de la défaite et, contre le régime du Stathoudérat, il exalte la liberté et la souveraineté du peuple. Il devient le leader des patriotes ou républicains bataves essentiellement constitués d'une minorité de la noblesse, de la bourgeoisie libérale, d'artisans et de commerçants.
Géographiquement, ils sont surtout présents dans l'Etat de Hollande, alors prépondérant et dans la ville d'Utrecht. Ces patriotes reçoivent le soutien des Régents face aux Orangistes (vielle noblesse, petit peuple dominé par cette noblesse, Eglise calviniste, communauté juive, ils sont essentiellement en Frise et en Gueldre). Le mouvement des patriotes bataves s'organise et se radicalise avec la création à Utrecht des corps-francs (idéal du soldat-citoyen) et la multiplication des clubs. Ils bénéficient du soutien théorique de la France, car les Orangistes eux se sont tournés vers l'Angleterre et c'est donc une occasion pour la France de prendre sa revanche de la guerre de 7 ans. En 1785, une émeute menace directement Guillaume V dans son palais de La Haye. Il doit le quitter en 1786 pour la Frise et la Gueldre. Les patriotes bataves le démettent alors de ses fonctions et forment un comité chargé de mettre au point des institutions républicaines. Mais face à cette radicalisation, le mouvement se divise. Ayant remporté un beau succès aux élections municipales en 1787, les patriotes bataves obtiennent la majorité des sièges à Amsterdam et Rotterdam. Ils apparaissent de plus en plus comme une menace pour les Régents qui se rapprochent des Orangistes. Lorsque la femme de Guillaume V d'Orange-Nassau, qui est la sœur de Frédéric Guillaume de Prusse, tente de traverser la frontière de l'Etat de Hollande et y est arrêtée, La Prusse lance un ultimatum, puis une offensive en septembre 1787. La France n'intervient pas pour secourir les patriotes bataves, elle n'en a ni les moyens politiques (Louis XVI se heurte aux Parlements et à la noblesse face aux projets de réformes de l'Etat), ni financiers. Guillaume V est rétabli dans ses fonctions. La répression anti-patriote est sévère: dissolution des corps-francs, des clubs, une centaine de patriotes sont emprisonnés, leurs maisons sont mises à sac, 40 0000 patriotes fuient, notamment vers la France.
Posté le 30.11.2007 par courslille3
Chapitre 7 : Le Roi et l’Etat dans la France Moderne
(note : rédigé à partir de cours de l'année dernière)
Au 18eme siècle, l'Etat est déconsidéré, affaibli.
La notion d'absolutisme n'existe pas sous l'Ancien Régime, elle n'apparaît qu'à la fin du 18ème. Au début on parle de pouvoir absolu.
La définition de la légitimité ne change pas contrairement à la manière dont le roi met en pratique ses pouvoirs, il parvient mieux qu'avant à les appliquer.
Le renforcement de l'Etat au 16ème et 17ème n'est pas un phénomène continu, il procède par à coup avec des moments de crise, d'affaiblissement qui parallèlement renforceront le pouvoir royal. Par exemple pendant les guerres de religion de 1562-1598 et la fronde 1648-1653, sous Henri IV et Louis XIV, à l'issus de ces crises, le roi a renforcé son pouvoir.
1) Le roi et son image.
a) Une personne sacrée.
En théorie, le roi tient son pouvoir de Dieu, c'est un principe affirmé dans toutes le monarchies Européennes, il n'y a pas de séparation entre le trône et l'autel.
L'illustration la plus nette de ce lien entre l'Eglise et l'Etat est la cérémonie du sacre.
- le sacre ne fait pas le roi, parfois il y a plusieurs années qui s'écoulent entre l'accès au trône et la cérémonie du sacre. "le mort saisi le vif" quand un roi meurt un autre prend immédiatement la suite, il n'a pas besoin d'être sacré pour exercer.
- le sacre est une cérémonie symbolique pour rappeler les principes, l'ensemble des symboles. Le roi prête serment: défendre l'Eglise, intérêt des peuples, il reçoit les insignes du pouvoir: sceptre, main de justice, éperon et épée. Il reçoit aussi l'onction sainte qui manifeste la production divine, il devient l'oint du Seigneur, il est alors sacré ce qui lui donne un pouvoir supplémentaire: le don de thaumaturge.
b) le don de thaumaturge.
Depuis le XIème siècle, le roi est un roi guérisseur, il a la possibilité d'appeler la clémence de Dieu sur les scrofuleux (les malades des écrouelles, adénite tuberculeuse ou non, bouton sur tout le cou). Au lendemain du sacre, le roi se rend en pèlerinage à St Marcoul où il prie et après il touche ses premiers malades en prononçant une formule: "le roi te touche Dieu te guérit" jusqu'en 1617. Après la formule devient "le roi te touche Dieu te guérisse". Toutes les guérisons sont notées. Le roi prétend intervenir dans la guérison des malades, son pouvoir est reconnu par les gens et on vient de loin (également de pays étrangers) pour voir le roi. A chaque fête religieuse, la cérémonie de guérison à lieu.
c) un mystère de la monarchie.
L'idée est que le roi et son peuple ne forme qu'un. Le roi est la tête et le peuple forme le corps et les membres, on ne peut séparer les deux, du moins jusqu'au XVIIIème siècle. On considère que le roi agit toujours dans le bien du peuple, lui seul connaît ses besoins. La légitimation est très forte. Le roi est aussi un roi qui incarne l'Etat: "l'Etat fait chaire".
On distingue les deux corps du roi: le roi comme enveloppe charnelle qui vieillit et meurt, qui disparaît un jour, et le roi incarnation de l'Etat, "le roi ne meurt jamais", il n'y a pas d'interrègne.
Le Second personnage de l'Etat est le chancelier, il ne prend jamais le deuil du roi défunt, il montre ainsi que le roi ne meurt jamais.
2) les pouvoirs du roi.
a) les supériorités du roi.
- d'origine féodale qui place le roi à la tête de tous les seigneurs du royaume. Le roi est suzerains des suzerains, seigneur des seigneurs.
- le roi est lieutenant de Dieu sur terre.
- le roi est empereur de son royaume. Légitimité d'origine romaine qui affirme l'autorité du "prince" sur l'Etat qu'il dirige.
Le croisement de ces trois points affirme l'autorité du roi, rien ne peut mettre en cause son autorité, il n'y a pas d'autre régime politique possible en France.
b) la prérogative royale.
Il faut distinguer la théorie de la pratique. Théoriquement le roi à tous les pouvoirs mais question pratique, il faut prendre en compte la taille du royaume, la lenteur des communications, la faiblesse de l'administration, la nécessiter du roi de déléguer ses pouvoirs. L'Etat moderne a une autorité plus faible que l'Etat contemporain.
- le roi fait la loi, c'est le premier pouvoir. "si veut le roi, si veut la loi", le roi est la loi. C'est un principe mais le droit qui s'applique n'est pas seulement royal mais aussi coutumier, élaboré par les usages du Moyen-Âge. Le pouvoir royal ne fait pas disparaître le droit romain au Sud et le droit canon de l'Eglise. Le roi est législateur suprême mais tous les droits ne sont pas d'origine royale.
- le roi est justicier mais ce n'est pas le seul à rendre la justice il y a aussi les villes, seigneurs, l'Eglise.
- le roi est le seul à avoir le droit de lever les impôts (la dîme n'est pas un impôts ni le cens et le champart, ce sont des redevances).
- le roi seul peut faire la guerre et la paix.
- le roi seul peut battre la monnaie.
Le roi possède donc des pouvoirs très larges, il n'y a pas l'idée d'un partage des pouvoirs. Les 3 pouvoirs de Montesquieu sont une idée étrangère aux systèmes politiques moderne, les contemporains disent que les pouvoirs doivent être unis.
c) les limites au pouvoir du roi. Le roi absolu n'est pas un despote ni un tyran, c'est un monarque légitime qui ne peut faire ce qu'il veut. Il vit selon des règles supérieures à lui:
- règles du droit divin, ne pas voler, ne pas tuer. Règles définit par la loi Catholique. Si elles sont rengraissées, la sanction arrivera après la mort.
- règles du droit naturel. Etat de nature est un Etat sans organisation sociale. Règles de propriétés, droit à la vie. Mais il n'y a pas de contrôle, le roi doit respecter ces règles mais on ne peut l'y obliger.
- loi fondamentale du royaume, ce sont les règles traditionnelles qui s'imposent dans des domaines précis: la succession: règles de primogéniture masculine, règle que le roi ne peut changer; protection de domaine royal: les biens qui appartiennent à la couronne, donc au roi ou à l'Etat sont des biens inaliénables. Le roi ne peut dilapider ses terres, il peut seulement engager son domaine.
Le roi n'a donc pas tous les droits, il est roi pour les autres mais pas pour lui même.
3) L'affermissement réussi du pouvoir royal.
Comment la crise de la Fronde permet à l'affermissement réussi du pouvoir royal.
a) La Fronde.
1648-1653
Peut être présenté comme une crise de croissance de l'Etat moderne, c'est la convergence manquée d'oppositions qui s'expriment contre certaines évolutions de l'Etat qui permettent au roi d'envoyer des intendants dans les provinces, d'augmenter les impôts, de soumettre la noblesse à l'Etat, de même que les tribunaux.
C'était l'objectif de Richelieu et Mazarin.
L'opposition est forte, soulèvement des parlements, de la noblesse, de certaines villes comme Bordeaux, contre la politique.
Elle se termine par une reprise en main de l'Etat par Mazarin puis par Louis XIV.
b) le développement de la centralisation.
C'est la volonté du roi de contrôler plus étroitement son territoire et d'imposer plus directement sa volonté.
A partir de 1661, il prend la décision de gouverner seul, sans premier ministre, simplement à l'aide de quelque ministres choisis: le Chancelier, 4 secrétaires d'Etat et en 1665 d'un contrôleur général des finances.
Le gouvernement se trouve ainsi resserré. Le roi ne convoque plus les Assemblées représentatives de la Nation (état généraux) depuis 1614 et ce jusque 1789. De même, il n'y a plus d'Assemblée des notables (cinq à six fois moins de députés) la dernière est convoquée en 1626.
Parallèlement, des intendants sont envoyés dans toutes les provinces pour surveiller (police, justice, finance) et agir au nom du roi.
c) contrôle culturel et social.
Le contrôle n'est pas seulement politique mais aussi social et culturel. Cela sous l'ambition du monarque Louis XIV.
- religion: l'édit de Fontainebleau de 1685 interdit le protestantisme.
- il veut contrôler la société pour mettre un terme à l'opposition. On assimile le temps de Louis XIV à la domestication de la noblesse car parfois les nobles prenaient les armes contre le roi.
Il y a une acceptation totale de l'autorité du monarque.
La cour s'installe à Versailles, des pensions sont données aux nobles et on recherche les faux nobles. Il y a donc une adhésion complète de la noblesse, adhésion qu'on cherche à imposer aux parlementaires. En 1665, les parlements deviennent des cours supérieures. En 1673 on limite le droit de remontrance des parlements (c'est le droit d'émettre des remarques lorsque le roi propose l'enregistrement des lois).
Louis XIV veut s'imposer comme monarque au pouvoir incontesté, une réussite qui ne lui survit pas.
En 1715, ça lui sera discuté.
On s'aperçoit que l'Histoire de l'Epoque moderne est l'histoire de la construction de l'Etat qui s'opère par différents moyens:
- la guerre (augmentation des impôts, représentants dans les provinces.)
- renforcement de l'autorité du monarque dans ses frontières.
- justice de plus en plus royale.
Posté le 30.11.2007 par courslille3
Chapitre 6 : Une Société d’Ordres et de Communautés
(note : rédigé à partir de cours de l'année dernière)
Il y a une cohérence d'ensemble mais la notion de société d'ordres ne peut résumer la complexité de la société d'ancien régime. C'est une société de corps plus encore qu'une société d'ordres.
Ce n'est pas une société figée: entre le 16e et le 18e il y a de nombreuses évolutions dûes aux évolutions économique (montée des catégories marchandes, industrielles, manufacture...), culturelle (liée à la manière dont on perçoit la société à un moment donné) un recul du respect vis à vis de la noblesse, des reclassements sociaux s'opèrent, la hiérarchie sociale se modifie petit à petit.
1 Une société d'ordres?
a) le regard des contemporains
Au 16 et 17eme, quand on lis des textes on s'aperçois que le premier élément de définition de la société est la société d'ordres. C'est le cas du juriste Charles Loyseau (début du 17eme) qui présente les institutions et la société de son temps comme le reflet d'une divine volonté: Dieu a structuré la société en 3 ordre. Le premier a pour fonction essentielle de prier, le second de se battre pour le roi et enfin le troisième qui regroupe le reste de la population a pour fonction de faire vivre le pays. C'est une vision encore reconnue unanimement.
rq: pour Loyseau, la noblesse n'est pas seulement militaire mais c'est aussi une noblesse de services (tribunaux, magistrats..) qu'il estime autant que les soldats.
Une première différence apparaît: c'est la monté du prestige des serviteurs de l'état qui souligne le développement administratif royal à cette époque.
Fin du 18eme, le regard change, une critique de la société d'ordres se développe, on dénonce les privilèges. La société d'ordre s'effondre en quelques semaines en 1789: dès le 4 août 1789 les privilèges sont supprimés, la société d'ordres n'existe plus.
La conclusion qu'on en tire est que progressivement la vision traditionnelle de la tripartition perd de sa consistance et de sa légitimité, on se demande alors comment présenter la société d'ordres.
b) Les interrogations des historiens.
Durant les années 60-70, un vif débat se crée entre les historiens pour savoir si la société d'ancien régime était déjà une société de classes. C'est une interrogation qui s'inscrit pendant les temps de guerre froide, de tension idéologie contraire. Ce questionnement n'échappe pas aux enjeux de cette période. Pour certains historiens tel que Soboul et Vilar, la société d'ancien régime est clairement une société de classe avec des tensions entre les classes concurrentes.
On applique au temps moderne une analyse des temps moderne. C'est accepté par une partie des historiens seulement.
R. Moosnier, lui, insiste sur l'importance des cadres, surtout sur celui de la société d'ordres.
Aujourd'hui ce débat est dépassé.
c) la logique de l'organisation sociale.
Pour les historiens d'aujourd'hui, le débat des années 60-70 est vain car il est vrai et faux en même temps.
La notion de société d'ordre est incontestable car la société n'est pas égale: pas les même droits, devoirs, peines, jugements dans la France moderne.
Pour autant, la notion de société de classe n'est pas tout à fait sans fondement: la place des groupes dans les systèmes de production a une importance sociale. Ce n'est pas encore une société de classe consciente d'elle même, la société se transforme.
La société est incontestablement une société de corps, d'individu. Existence d'abord par le corps auquel on appartient: jurande, confrérie, paroisse, ville, village, communauté d'habitants... Tous ces corps de la société sont les éléments essentiels de la société d'ancien régime. De même, il y a peu de journaux intimes mais énormément de livres de raison (ce sont des livres de familles notant les naissances, mariages, décés...). Ce livre traverse les génération. On s'imagine comme membre d'une lignée et non comme individu. A partir du 19eme ça n'a plus de sens, les journaux intimes primes.
C'est un changement dans la perception de la société.
2 Le monde des privilégies.
a) qu'est ce que les privilèges?
Avant 1789, le privilège n'a pas de connotations péjoratives, c'est un avantage mais légitime et accepté. L'habitude est de dire que le privilège est la loi commune: chaque personne qui vit dans son pays est un privilège, le privilège appartient à tous.
Les privilèges sont les droits particuliers de chaque ordres mais il existe aussi des privilèges de provinces (en Bretagne pas de gabelle), de villes (de nombreux impôts comme la taille ne sont pas à payer) de groupes professionnels (jurandes ont des monopoles, des exemptions fiscale..), d'institutions (les universités ont le droit de juger leur propres membres…). Le privilège est donc aussi un droit particulier. Il n'y a pas d'unité de la loi et des règles. Ce fait est pendant très longtemps accepté.
b) 2 ordres privilégiés: le clergé et la noblesse.
Les privilèges de ces deux ordres sont larges et importants et seront dénoncés pendant la révolution française.
NOBLESSE:
Pour l'historien G. Chaussinand-Nogaret, au 18e la noblesse compterait 120 000 personnes. Pour P.Goubertça serait 300 000. Cette différence s'explique par le fait qu'il est difficile de savoir qui est noble ou non et cela pour plusieurs raisons:
* tous les nobles ne sont pas titrés, seule la minorité l'est car le titre de noblesse repose sur la terre.
* beaucoup de noble ne dispose pas d'une noblesse entière: il existe des personne en cours d'anoblissement (sur 2 ou3 générations.)
Les anoblis se situent entre tiers état et noblesse donc définir la noblesse n'est pas évident.
La noblesse est avant tout un statut qui entraîne des droits et des devoirs: privilèges fiscaux (ne pas payer la taille réelle, les aides..), privilèges honorifiques (port de l'épée..), privilèges judiciaires. En échanges, ils ont aussi des devoirs, celui de servir le roi dans l'armée ou dans l'administration, de garder sa noblesse en ne dérogeant pas c'est à dire en n'occupant pas des fonctions indignes de lui (petit marchand, artisan, commerçant..) il peut par contre cultiver la terre tant que c'est pour son propre compte. Il peut être soldat, juge, avocat, médecin, travailler dans le grand commerce…
La noblesse se sépare en 2 grandes catégories:
* les nobles de race: des familles entrées dans la noblesse depuis le Moyen-âge qui sont considéré par certains comme les seuls vrai noble.
* les nobles de naissance anobli de 2 façons: anoblissement par lettre c'est à dire par décision royale qui récompense un service rendu ou un anoblissement par charge quand on occupe une fonction dans la magistrature qui donne la noblesse comme être juge au parlement.
CLERGE:
Les ecclésiastiques forment un ordre mieux organisé que la noblesse qui ne possède pas d'assemblé régulière (le roi dit que la noblesse ne fait corps que pendant les états généraux.
L'Eglise a assemblé depuis 1561 l'assemblé du clergé de France qui se réunit tout les 5 ans. On y vote le don gratuit: contribution financière à l'Etat, on discute des questions religieuse comme le protestantisme. Mais cette assemblée n'est présente que dans les provinces françaises en 1561. Le clergé non représenté est le clergé étranger.
Derrière une apparente unité, on remarque un clergé multiple:
* haut clergé: archevêques, évêques, abbé (chefs d'abbaye)
*moyen clergé: chanoine issus de la noblesse ou de la bourgeoisie
*bas clergé: presque tous les moines et curés issus du tiers états.
La structure du clergé reflète les structures générales de la société.
3 Les hommes du commun
a)la communauté villageoise.
groupe sociaux, communauté de vie.
Pour plus de 80% de la population, la communauté de vie de base est celle du village et de la seigneurie. Dans une véritable communauté villageoise, il y a une unité de travail et d'existence avec beaucoup d'intérêts communs et une appartenance culturelle. L'étranger est un forain, il vient d'un autre village.
Dans la plupart des villages français existe des communaux. Ce sont des terres, bois, étangs qui appartiennent à la communauté villageoise entière et qui sont exploités dans l'intérêts de tous, c'est une propriété commune.
La fabrique est une association qui a pour fonction de gérer le patrimoine de la paroisse (terres, bâtiments, revenus...). Les fabriciens ou marguilliers s'en occupent et souvent ils ont aussi un rôle dans la subsistance pour les pauvres, le recrutement de sage-femme, de maîtres d'école.
droit de glanage, de vaine pâture
Ces différentes règles font la vie de la communauté.
b) la diversité sociale des campagnes.
La société campagnarde n'est pas seulement paysanne mais aussi artisanale, marchande, rentière..
La société est hiérarchisé par un pouvoir social que certain ont sur les autres ou un pouvoir économique.
La répartition professionnelle des hommes n'est pas aussi simple qu'actuellement: souvent ceux qui ne sont pas agriculteurs ont plusieurs activité professionnelles.
c) la société urbaine.
La ville ne se définie pas par son seuil démographique. C'est d'abord une unité qui dispose d'un pouvoir municipal autonome (échevinage au nord et consulat au sud), des murailles, remparts, fonctions artisanales, administratives et religieuses.
Les villes connaissent une petite révolution au 18eme, une révolution démographique avec une croissance urbaine qui s'accélère comme à Bordeaux en 1715 comptait 55 000 habitants en 1789 elle en compte 110 000.
Il y a un changement d'apparence: une prospérité économique avec les grands travaux (opéra, théâtre, hôtel de ville, axe routiers entourés de maison, lampadaire, rues parées, questions d'urbanisme..)
Une évolution aussi de la société urbaine qui est le reflet de la croissance économique avec la montée des marchands. C'est le temps des hôtels particuliers.
ccl: Il y a une complexité des définition à mettre en oeuvre pour comprendre ce qu'est la société d'ancien régime. Il faut toujours et simultanément prendre en compte les réalités économiques, culturelles, religieuses.
Posté le 30.11.2007 par courslille3
Chapitre 5 : Les lentes évolutions de l’Economie
L’Ancien Régime ne signifie pas une stabilité de la structure économique, cette dernière évoluant petit à petit au fur et à mesure du temps, il existe des conjonctures économiques.
I) Définir l’économie de l’Ancien Régime
On peut d’abord remarquer la prédominance de l’agriculture dans l’économie de l’Ancien Régime, car 90% des français vivent alors en campagne et que, même les artisans possèdent eux même un lopin de terre afin de pouvoir subvenir à leurs besoins. Il s’agit cependant d’une agriculture d’autosuffisance et non une agriculture de vente ou d’exportation, notamment du fait qu’il existe des douanes entre provinces. En effet, seuls 30% de la production agricole est destiné au marché, le reste étant destiné à l’autoconsommation.
La première production agricole est céréalière, il s’agit de la culture des « bleds » (blés), comme le froment, le seigle ou encore le méteil qui est un mélange des deux précédents. On cultive également des fèves, des pois, des légumes verts ou encore des carottes. L’élevage vient compléter ces cultures, que ce sont des bovins, des moutons ou des cochons.
Pour cultiver la terre, les agriculteurs utilisent des outils simples, au nord il s’agit de la charrue, qui est tirée à l’aide de chevaux, au sud, régions plus caillouteuses, il s’agit de l’araire, tirée par des bœufs, car en effet cette agriculture n’est pas du tout mécanisée et demande un travail et une main d’œuvre importante. Cependant, cette culture de la terre est de plus en plus « intensive », du fait que la jachère tend à disparaître petit à petit, au lieu de laisser en jachère une terre une année sur deux, on le fait une année sur trois, puis sur quatre. Au XVIIIème siècle même, avec l’implantation de cultures fourragères on arrive à faire disparaître la jachère.
Mais il ne faut pas négliger pour autant l’industrie et l’artisanat, dont le premier secteur reste le textile avec la confection de vêtements à l’aide des toiles (lin, chambre) pour l’habillement populaire, mais également les draps. De même, la métallurgie et les mines comptent également pour beaucoup. Il existe une multitude de métiers qui ont pour charge de fonder une maison, créer des chaussures, se charger de l’ameublement, il y a donc au XVIIème siècle des métiers jurés, ou stiles, qu’on appelle également jurande et qu’on appellera corporation au XVIIIème siècle. Ces jurandes possèdent des règles et sont organisés hiérarchiquement entre les maîtres, les compagnons et les apprentis.
Cependant, les échanges demeurent difficiles, notamment du fait des moyens de transports lents et coûteux, les moins onéreux demeurant les bateaux qui acheminent les marchandises par la mer ou par les cours d’eau, du fait qu’il subsiste des douanes entre les provinces, que les routes sont mal entretenues et qu’il existe une vrai réticence des populations de voir certains produits les quitter, notamment lorsqu’il s’agit de produits alimentaires. Ainsi, les échanges sont surtout des échanges de produits ayant une certaine valeur, ou encore de produits manufacturés qu’on ne peut produire partout.
II) L’Etat face à l’Economie
On peut distinguer deux périodes distinctes dans les rapports entre l’état et l’économie.
La première, aux XVI et XVIIème siècles est la période où l’on élabore la théorie du mercantilisme, créé à la fin du XVIème siècle, elle se formalise au début du siècle suivant, notamment grâce à la participation de personnes comme Barthélemy de Laffemas qui est l’un de ceux qui établira les règles de lecture de l’économie qui seront reprises en grande partie par Colbert.
C’est un courant qui se nourrit des évènements qui se sont produit au cours du seizième siècle, notamment de la hausse des prix qui suivit l’arrivée de l’or des Amériques, en établissant un lien de cause à effet, le mercantilisme établit l’idée que plus un état possède des matériaux précieux, plus il prospère.
D’où la politique de Colbert, le colbertisme, qui consiste à ramener davantage d’or au sein du royaume et de s’assurer que cet or reste au sein du royaume. On va chercher des artisans à l’étranger, afin de créer des manufactures en France pour produire les produits qui étaient auparavant importés des Pays Bas, d’Italie, d’Espagne ou d’Angleterre.
C’est ainsi qu’on développe toute une série de manufactures privées subventionnées et de manufactures publiques, en leur accordant un monopole et en insistant que ces produits sont destinés au marché national mais également à l’exportation afin d’obtenir davantage d’or de l’étranger.
On crée également des compagnies maritimes de commerce, comme en 1664 la Compagnie des Indes Occidentales, ou encore en 1673 la Compagnie du Sénégal, celles-ci sont chargées de vendre à l’étranger les produits français et d’importer des produits qui ne peuvent être produits en France.
Afin de limiter les importations, des tarifs douaniers élevés sont établies en 1664 et 1667, l’objectif étant d’enrichir le pays à l’aide d’une balance excédentaire.
La seconde période, aux XVII et XVIIIème siècles, couvre le mouvement des économistes, ou des physiocrates, qui écrivent vers 1750 comme Quesney et Gournay que l’enrichissement d’un pays est sa production agricole, sa production réelle et non l’or qui sert de transaction. Ils demandent une libéralisation des échanges, un allégement du système seigneurial, ils développent l’idée d’une augmentation des prix afin d’accroître les revenus des agriculteurs pour que ces derniers investissent davantage dans leur production et qu’ils produisent plus.
Il s’agit en quelque sorte du début du libéralisme, du laisser-faire, de la liberté d’entreprendre, de travailler et d’échanger, cependant cela demeure un libéralisme protecteur au sein des frontières nationales. Ils demandent ainsi la suppression des douanes intérieures et des corporations.
Turgot, au début du règne de Louis XVI (1774-1776) mène une politique inspirée des économistes en instaurant la libéralisation du commerce des grains, en supprimant les corporations et en refusant d’augmenter les impôts.
III) Conjonctures et évolutions structurelles
Les dates de 1560 et 1720 structurent l’économie de l’Ancien Régime.
• Le beau XVIème siècle s’achève vers 1560
Il s’agit d’un siècle d’expansion démographique, en effet vers 1500, la France (avec ses frontières actuelles) avaient entre 15 et 16 millions d’habitants, en 1560, ce chiffre s’élevait entre 18 et 20 millions d’habitants.
Cette période de croissance démographique s’accompagne d’un développement agricole, bien que ralenti du fait de la hausse des prix. La prospérité agricole, du commerce internationale et du commerce avec l’Amérique amorce le développement des ports de l’Océan Atlantique, ou encore de la ville de Lyon située entre les axes d’échanges.
• Le difficile XVIIème siècle
Il y a cependant un retournement de conjoncture en 1560, la croissance démographie se ralentit en effet, la France ne compte que 24 millions d’habitants vers 1635. La population souffre en effet de crises démographiques majeures répétées avec des années de Peste (1620-1630), des années de crises de régime frumentaire (1693-94 et 1709-1710), crises qui sont aussi des crises épidémiques. Il s’agit également d’une période de dépression économique avec une stagnation, voir une baisse de la production agricole, de la production des manufactures ou encore des prix, ainsi qu’une hausse des prélèvements fiscaux.
• L’expansion du XVIIIème siècle
Vers 1720, une phase d’expansion et de transformation profonde de l’économie du pays s’amorce, vers 1726 la valeur de la livre (monnaie théorique) est fixée et ne variera plus, elle « coûtera » toujours tant de louis (monnaie d’échange). Cela engendre une certaine stabilité économique. A partir de 1730 il y a une légère croissance des prix et la population recommence à augmenter, à la veille de la révolution, en 1789, ainsi, la France compte 29.5 millions d’habitants. Il existe désormais une paix relative, notamment du fait que les guerres sont portées hors des frontières, de même les hivers sont moins graves.
De même, il y a un développement économique du fait du développement agricole, avec la mise en culture de nouvelles terres, un recul de la jachère et l’utilisation de nouvelles cultures, comme la pomme de terre en Flandre, en Alsace et au Dauphiné, du maïs en Aquitaine. Une certaine spécialisation s’effectue dans les régions, comme l’élevage, autour de Paris, comme en Normandie. Certains historiens parlent même d’une révolution agricole même si la majorité des historiens ne sont pas favorables à cette expression.
Il y a également un développement de l’industrie, et donc du textile qui représente 57% de la production agricole. Avec parfois de grandes industries qui apparaissent, comme l’Oberkampf à Paris qui emploie jusqu’à 800 salariés. Mais c’est surtout dans le domaine des mines et de la métallurgie que les entreprises vont prospérer, ainsi les mines d’Anzin qui produisent la moitié de la production française de charbon de l’époque, emploient en 1783 plus de 4 000 ouvriers. C’est également à cette époque que l’Angleterre démarre sa révolution industrielle.
Enfin, c’est également une période de développement du commerce, on creuse des canaux entre les fleuves et les rivières, on pave les voies royales, ce qui facilite les échanges entre les régions. Il y a un certain développement des grands ports, principalement sur l’Atlantique, avec Rouen, le Havre, Nantes, Bordeaux, mais également Marseille, principalement grâce au commerce triangulaire. On estime qu’il y avait environ 1 million 350 milles esclaves dans les colonies françaises.
En conclusion, le XVIIIème siècle est donc une période de transition qui annonce de profonds changements, car en effet, à partir de 1750, il y a un nouveau régime démographique, une nouvelle pensée économique, un développement des échanges et l’exploitation de l’industrie lourde.
Posté le 30.11.2007 par courslille3
Chapitre 4 : Relations et conflits entre états
I) Etats et relations internationales
* Il existe de nombreux états dans l’Europe de l’Epoque Moderne, en effet dans certains espaces européens, comme l’Italie, la péninsule ibérique, ou encore le Saint Empire, l’espace politique est extrêmement morcelé en une multitude d’états. Néanmoins, ceux-ci ont tendance à coexister au sein d’un même ensemble, ce qui tend à corriger se morcellement, ainsi les principautés germaniques sont regroupées au sein du Saint Empire Romain Germanique et les royaumes de Castille, de Navarre et d’Aragon possèdent le même roi.
Hormis l’Italie et l’Allemagne qui s’unifieront plus tardivement, la tendance est aux regroupements et au renforcement des entités politiques, comme le montre l’unification de l’Espagne et de la Grande Bretagne. C’est en effet en 1703 que le roi d’Ecosse devint également roi d’Angleterre, il s’agit de la famille Stuart qui prend le pouvoir pour une durée d’un siècle. S’il ne s’agit tout d’abord que d’une union où le seul lien entre les deux royaumes est le roi, en 1707 l’Acte d’Union est proclamé unifiant définitivement l’Angleterre et l’Ecosse au sein du nouveau Royaume de Grande Bretagne.
C’est ainsi que dès le XVIIème, voire le XVIème, certains états possèdent déjà une forme géographique assez proche de celles qu’ils auront au XXème siècle.
* Nous sommes ici dans une Europe des princes, ce sont en effet des dynasties qui dirigent l’Europe de l’Epoque Moderne et le régime le plus courant demeure la Monarchie, même s’il existe également des Républiques oligarchiques, comme Gênes et Venise, des Principautés Ecclésiastiques comme Liège, ou encore des villes libres, comme Strasbourg, le plus souvent intégrées au sein d’un ensemble plus grand, comme ici le Saint Empire. Mais hormis ces nombreuses exceptions, ce sont des princes qui gouvernent, qu’il s’agisse de Roi, de Duc ou de Comte, ce sont des princes qui transmettent leur pouvoir à leur descendance.
C’est ainsi que les relations entre états sont avant tout des relations entre hommes, des relations entre familles et la diplomatie se joue toujours sur des rapports personnels, c’est ainsi que les unions entre pays s’opèrent par le biais du mariage. De même, les conflits se produisent généralement pour déterminer la succession d’un état, c’est ainsi que les plus grandes guerres de l’Epoque Moderne sont la guerre de succession d’Espagne (1700-1714), la guerre de succession d’Autriche (1740-1748) et la guerre de succession de la Pologne (1733-1738).
Il y a également des princes qui dirigent plusieurs états alors que ceux-ci restent indépendants officiellement, comme la Couronne de Castille, la Couronne de Navarre et la Couronne d’Aragon.
Les familles unissent également les états en alliance, c’est le cas des Habsbourg qui dominent l’Europe et sont divisés, après le règne de Charles Quint entre les Habsbourg de Vienne (Autriche, Saint-Empire) et ceux de Madrid (Espagne, Amérique, Pays Bas), ou encore le cas des Bourbons au XVIII qui après une guerre de succession prend pied en Espagne qui devient alors l’alliée de la France. Un pacte de famille est établi entre Bourbon de France, d’Espagne et d’Italie.
Nous sommes encore dans un monde qui sort du Moyen Age et qui n’a pas perdu ses traditions.
II) Deux siècles de rivalité franco-espagnole
* François Ier et Charles Quint
Par ses parents, Charles Quint hérite, en 1516, d’un véritable Empire où le soleil ne se couche jamais, il domine en effet l’Amérique, l’Espagne et le Saint Empire. Ces territoires Habsbourg sont au cœur de l’Europe et possèdent donc de nombreuses frontières avec la France (Pyrénées, Franche Comté, Pays Bas), ce qui est la cause de nombreux conflits entre les deux puissances, la France du XVIIème, qui possède un territoire plus ramassé, craignant l’encerclement. C’est ainsi qu’entre 1521 et 1559 les deux Etats sont en guerre de manière pratiquement continue. Cette guerre se poursuit sous Henri II et ne s’achève qu’en 1559 par le traité de Cateau-Cambrésis.
* Richelieu et Olivares.
A partir de la première moitié du XVIIème siècle, Richelieu, principal ministre de Louis XIII, et Olivares, ministre et valido (favori) de Philippe IV d’Espagne entrent également en conflit, la guerre de trente ans débutant en 1635 s’achève en 1648 par le traité de Munster. Même si les hostilités entre les deux nations persistent jusqu’en 1659 avec le traité des Pyrénées.
* Louis XIV
Ces conflits sont des conflits de puissances qui sont liés à la méfiance qu’entretiennent les deux états, peur d’un encerclement d’une part, peur de l’expansionnisme français d’autre part. Le choc entre ces deux puissances économiques et militaires est un choc entre deux états en construction, où le pouvoir se renforce et où la prétention du monarque s’accroît. Par le biais de la guerre le pouvoir se renforce à l’aide des impôts, du cens, du contrôle des provinces.
On parle ainsi de Roi de guerre mais c’est surtout sous Louis XIV que les résultats seront les plus nets avec de nombreuses expansions du territoire, sur l’Artois, la Flandre, le Hainaut, la Franche Comté, l’Alsace, Montbéliard, le Roussillon, mais également une partie du Luxembourg et de la Sarre que la France ne conservera pas.
Il y a une volonté de construire l’état, mais au début du règne de Louis XIV, pragmatique, il n’y a pas de prétentions sur l’ensemble de ces territoires, ces prétentions évoluent au fur et à mesure du règne afin de renforcer le territoire royal.
A la fin du XVIIème, le changement de dynastie en Espagne change la donne, en effet en 1700, Charles II meurt et choisit comme héritier le duc d’Anjou (petit fils de Louis XIV) pour assurer la pérennité de ses terres, il devient ainsi Philippe V, ce qui suscite des contestations chez les princes allemands, qui craignent, à raison, puisque c’est le souhait de Louis XIV, que Philippe V devienne également Roi de France, ce qui provoque la guerre de succession d’Espagne en 1700, qui ne s’achèvera qu’en 1713-1714 avec le maintien des Bourbons en Espagne.
On entre dans une nouvelle époque, en effet, après ces guerres, il n’est plus question d’accroître le territoire continental mais il est question d’accroître le domaine colonial qui rapporte davantage. Les intérêts économiques prennent plus d’importance et l’ancienne opposition entre la France et l’Espagne se mue en la nouvelle opposition entre la France et la Grande Bretagne
III) La France contre l’Angleterre
* le traité d’Utrecht (1713) et le traité de Rastadt (1714) qui mettent fin à la dure guerre de succession d’Espagne provoquent l’humiliation de la France qui doit accepter des concessions humiliantes en faveur de l’Angleterre, qui s’intéresse beaucoup aux colonies, notamment à celle du nord de l’Amérique; c’est ainsi que la France doit céder Terre Neuve, l’Acadie et la baie d’Hudson aux britanniques, qui annexent également au dépend de l’Espagne Gibraltar et Minorque qui lui confère un important appui en Méditerranée. Ces traités comportent également des clauses mal acceptées comme l’occupation du port de Dunkerque.
* le traité de Paris (1763) est de nouveau un traité difficile qui met fin à la guerre de sept ans qui opposait l’Angleterre, alliée à la Prusse, face à la France. Ce traité marque de nouveau un recul du domaine colonial puisque le Canada est céder à l’Angleterre et que les territoires du Mississippi sont cédés, à l’est à l’Angleterre et à l’ouest à l’Espagne, en compensation pour son alliance.
La France conserve cependant le principal, aux yeux des souverains, de son domaine colonial, les Antilles, dont la plus grande colonie est l’île de Saint-Domingue, mais des tensions persistent autour du commerce colonial.
* le traité de Versailles (1783), reconnaît l’indépendance des treize colonies d’Amérique du Nord, proclamée en 1776, qui deviennent treize états au sein d’une fédération, les Etats-Unis d’Amérique. Ce traité est vécu par les Français comme une revanche sur l’Angleterre qui aurait, selon les Français, perdu ses principales colonies. La France peut également remilitariser le port de Dunkerque.
Conclusion :
Le principe dynastique qui dirige les relations entre états demeure important jusqu’à la révolution française, cependant, les historiens insistent sur la rupture que représente la Guerre de Sept ans, du fait d’une forte mobilisation et de la propagande, elle montre un engagement des populations dans la guerre, un certain patriotisme national semble apparaître même s’il faudra attendre la révolution française pour que le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes apparaisse réellement.
Les motivations religieuses qui incitaient alors les alliances lors des guerres (la Guerre de Trente Ans débute ainsi dans un conflit opposant protestants et catholiques) tendent à disparaître et on assiste à partir du XVIIème siècle à une laïcisation des relations internationales.
Enfin, l’on observe également une monté des enjeux économiques, ainsi les traités observent de nombreuses clauses économiques, on s’intéresse désormais davantage au contrôle des mers, des routes maritimes et aux échanges.
Posté le 30.11.2007 par courslille3
Chapitre 3 : L’éclatement du Christianisme occidental
Au XVème siècle encore, l’Europe occidentale était unie, il s’agissait d’une Europe Catholique qui reconnaissait l’autorité de Rome, cependant, au XVème siècle, cette Eglise connaît une certaine crise qui s’explique par la grande peste, par la peur face à la mort, par la montée des critiques et une remise en question de la conception du monde. Il y a un décalage entre ce qu’apporte l’Eglise et ce qu’attendent les fidèles. Il y a de plus en plus d’hérésies au XVème siècle, hérésies qui s’implanteront au XVIème siècle et se regrouperont sous le terme de protestant. L’Europe n’est plus unie religieusement.
I) Des réponses au besoin de réforme
* Luther
Le Luthérianisme débute en octobre 1517, alors que Luther fait afficher ses 95 thèses sur la vertu des indulgences, c’est une critique très sévère contre une pratique de la papauté qui vendait ces indulgences afin de remplir les deniers de l’Eglise. En 1521, Luther est excommunié, car il refuse de négocier avec la papauté et durcit ses positions.
Malgré cette excommunication, il développe toute une doctrine, dont le premier principe est que c’est la foi qui rend l’Homme juste et que cela ne peut s’acheter. Le second principe est que cette foi peut se nourrir de la lecture de la Bible, et que cette lecture peut se faire directement dans sa langue natale, tout le monde est « habile » pour comprendre la parole universelle et non plus seulement les hommes d’Eglise. On appelle cela, le sacerdoce universel.
D’après Luther, il n’y a pas sept sacrements, mais deux, le Baptême et l’Eucharistie. Il refuse de même le culte de la Vierge et des Saints. De même qu’il ne trouve aucune justification au célibat des prêtres. Il s’oppose également au monachisme et est favorable à la suppression des monastères.
La doctrine Luthérienne séduit certains princes allemands qui l’installent dans leur état, par conviction, mais également par intérêt, du fait de la confiscation des biens des monastères.
Ce qui provoque à partir de 1530 une guerre civile au sein du Saint-Empire, en Allemagne qui ne s’éteindra qu’en 1555 avec la Paix d’Augsbourg établissant le fait qu’il y a pour un prince, une foi. Ainsi si un prince est protestant, les habitants de son état devront être protestants, dussent-ils se convertir ou quitter la principauté.
* Calvin
Le Calvinisme s’exprime pour la première fois de manière sensationnelle avec l’affaire des placards en 1534, des affiches contre la messe sont en effets placardées jusque sur la porte de la chambre du roi, une doctrine calviniste.
En 1536, « L’institution de la religion chrétienne » est publiée par Calvin en Latin, puis traduit en Français. Cette doctrine possède de nombreux points communs avec celle de Luther mais on trouve chez Calvin un véritable pessimisme sur la nature humaine, seule une poignée d’Hommes seront sauvés et seul Dieu sait qui sont ses hommes, avant même leurs naissances. Il s’agit de la prédestination.
Le Calvinisme c’est également l’Ordre moral, que Calvin fera régner à Genève, avec la fermeture des cabarets par exemple. Cette doctrine s’implante principalement en France, en Angleterre, en Ecosse et dans les futures Provinces-Unies.
* Anglicanisme
C’est en 1531 que l’Anglicanisme naît, en effet, Henry VIII, fervent catholique ayant attaqué le protestantisme dans un écrit, se voit refusé l’annulation de son mariage avec Catherine d’Aragon, il décide donc de devenir lui-même le maître de l’Eglise d’Angleterre. Dès 1534 la rupture est consommée par un premier acte de suprématie qui permet de fonder ce qui est alors nommé « l’Eglise établie ».
Au XVIème siècle, Avec Elizabeth Iere, cette Eglise dont la doctrine est tout d’abord proche du catholicisme se rapproche du protestantisme sous l’influence des calvinistes. En 1559 un nouvel acte de suprématie est établi, et en 1563 trente neuf articles établissent les dogmes de cette nouvelle Eglise.
En parallèle, tout en restant au sein du catholicisme, des Eglises nationales se développent en France et en Espagne.
II) Contre réforme et réforme catholique
* Définition
La notion de contre réforme renvoi à une notion de lutte, de reconquête des territoires perdus face au protestantisme, la notion de réforme catholique elle renvoie à une notion de renouvellement de la doctrine de l’Eglise.
Entre 1545 et 1563 se tiens le Concile de Trente, où l’on y réaffirme le dogme Catholique, où l’on rappelle qu’il y a sept sacrements, que le rôle des prêtres demeure important, que la vie monacale possède une utilité et que le Latin est la langue de l’Eglise.
Il s’agit également d’un effort de réorganisation de l’Eglise, avec une volonté certaine de mieux former les prêtres, c’est pour cela qu’on fonde des séminaires. De même, on choisi désormais des Evêques ayant au moins plus de trente ans, afin qu’ils soient formés et afin qu’ils puissent jouer réellement leur rôle d’encadrement.
Le cumul des bénéfices (diriger une abbaye, diriger un évêché, etc …) est désormais interdit, on ne peut être Abbé que d’une seule Eglise. Le but est évidemment de former un meilleur encadrement de la société catholique. On essaye de faire des fidèles de véritables catholiques, on lutte ainsi contre les superstitions.
* Œuvre de reconquête
Dès le XVIème siècle en Espagne et en Italie, sont fondés des communautés catholiques, les Jésuites en Espagne en 1534, qui ne seront reconnu par le Pape qu’en 1540, par Ignace de Loyola. Prêtres qui ouvre des collèges (= collèges+lycées modernes) dans toute l’Europe afin d’éduquer.
En Italie, ce sont les Oratoriens qui sont fondés et qui ouvrent également des collèges tout en jouant aussi un rôle dans les séminaires. Ce sont également les Ursulines qui forment les jeunes filles à être de bonnes mères de famille catholique. Au début du XVIIème siècle, ces deux communautés seront présentes en France.
A l’époque, l’Eglise est convaincu que c’est par le biais des enfants que la reconquête s’effectuera.
* Les Guerres de religion en France (1562-1598)
C’est une série de huit conflits de religion qui se succède en France entre 1562 et 1598, opposant protestants et catholiques, qui ne s’achèvera qu’en 1598 par la publication de l’Edit de Nantes qui garanti aux protestants des droits et leur permet de cohabiter avec les Catholiques. C’est le début d’un équilibre religieux qui ne durera pourtant pas avec un recul des droits des protestants avec en 1629 la perte de leurs garanties militaires qui leur permettait de tenir des places fortes, ou encore l’Edit de Fontainebleau en 1685 révoquant l’Edit de Nantes. Ce n’est qu’en 1787 que l’on rend aux protestants leurs droits civils.
III) Un Bilan : la religion dans la France du XVIIème
* Un clergé mieux formé
A partir de 1520 on crée des séminaires qui vont permettre de former convenablement les ecclésiastiques, on leur apprend le latin, la doctrine catholique, ainsi que l’idéal du bon prêtre qui se doit de se distinguer de ses fidèles en portant la soutane, en ayant des mœurs différents (pas de concubinage, pas de chasse). Il doit être un modèle pour ses fidèles.
L’officialité qui juge le clergé qui ne respecte pas les règles de l’Eglise voit son nombre de poursuites diminué à partir de la fin du XVIIème siècle.
* Un peuple plus chrétien
Les élites ont été formées dans les collèges et les gens du peuple suivent les missions, comme par exemple les Eudistes, qui voyage de village en village afin de prêcher, planter des croix, confesser les autochtones et construirent des chapelles.
On essaye de rendre le peuple plus catholique en favorisant les regroupements dans des confréries, qui peuvent être religieuse.
* Pour autant les divisions religieuses persistent
Le problème du protestantisme ne sera pas réglé avant 1685, encore que ce règlement ne soit qu’officiel. De même les Jansénistes posent également problème alors qu’ils deviennent particulièrement actifs à partir de 1640, après la publication du livre Augustinus.
Il s’agit de catholiques, qui reconnaissent l’autorité du pape, mais qui considèrent que la grâce divine n’est donnée qu’à quelques personnes, même si elle est toujours efficace.
Le troisième problème se révèle être les croyances populaires, comme les croyances magique contre lesquelles on se déchaîne entre 1580 et 1682. C’est tout d’abord en Allemagne du nord, puis, dans la France actuelle, dans les terres qui appartenaient alors au Saint Empire, que la chasse aux sorcières commence. Dans le Royaume de France, ces chasses sont plus marginales. Il fallut néanmoins attendre 1682 pour qu’il soit interdit d’envoyer les « sorcières » au bûcher, avec une rationalisation de la justice.
Pour conclure, a la fin du XVIIème siècle, un équilibre nouveau c’est établi en Europe, les tensions religieuses se sont apaisée mais l’Europe occidentale demeure divisée, tout comme la France même si cette dernière demeure majoritairement catholique.
Posté le 30.11.2007 par courslille3
Chapitre 2 : Découverte et conquête des Nouveaux Mondes
Le XVIème siècle est l’époque de la renaissance, c’est l’époque de la redécouverte de l’homme, où l’homme a une nouvelle vision de la culture antique, il s’agit d’une rupture culturelle, mais il s’agit également d’une époque colonialiste.
I) Les Grandes Découvertes
Les découvertes sont permises par des conditions techniques, mais également des conditions mentales, ainsi, la capacité technologique d’explorer le monde est possédée par les Occidentaux depuis le XIIIème siècle, avec des instruments comme le gouvernail étambot, la boussole fixe, l’astrolabe qui permettait de s’éloigner des côtes. On utilise déjà au XIIIème siècle des cartes marines, nommées portulans.
Au XVème siècle, la Caravelle, navire léger et maniable, est mise au point, ce sera le navire des Grandes Découvertes. Mais il faut aussi attendre des occasions, attendre que les conditions mentales soient favorables. La première motivation de l’exploration est religieuse, il faut étendre la chrétienté, étendre le royaume du prêtre Jean, royaume chrétien qui serait séparée de l’Occident par le monde musulman et qui se trouverait, selon les légendes, en Inde ou en Afrique.
Mais cette motivation n’est pas la seule motivation, l’intérêt, l’appât du gain est également présent. Sur les côtes africaines, les occidentaux recherchent en effet de l’or, des esclaves, des épices. C’est pour pouvoir rallier directement la route des Indes, sans passer par d’autres intermédiaires que les européens se lanceront à l’exploration du monde.
L’une des impulsions majeures est l’achèvement de la reconquista qui se produit en 1492 avec la prise de Grenade, ce sont en effet les états ibériques qui, débarrassés de leur voisin musulman, se lanceront dans l’exploration de nouvelles contrées.
Dès 1420-1430, les portugais ayant libéré l’ensemble de leur territoire, commencent une exploration systématique des côtes africaines.
Henri le navigateur (1394-1460) est l’un de ces explorateurs.
En 1487 Barthelemy Diaz découvre le Cap de Bonne Espérance et poursuit sa route.
En 1498 Vasco de Gama achève ces découvertes en abordant Calcutta en Inde.
Les portugais établissent des comptoirs commerciaux le long de l’Afrique et l’Océan Indien.
Face à ces explorations, les espagnols ne réagissent tout d’abord pas, du fait qu’ils demeurent préoccupés par l’achèvement de la reconquista. En 1492, après la prise de Grenade, la Reine d’Espagne accepte la proposition d’un explorateur génois de trouver la route des Indes par le Ponant (l’ouest). Il s’agit de Christophe Colomb.
Avec ses trois navires, il aborde les Antilles en pensant arriver en Orient, il faudra attendre dix ans pour savoir qu’il s’agit d’un nouveau continent, et non d’Indes occidentales. C’est en le découvrant qu’Amerigo Vespucci donnera son nom au continent américain.
En 1522, le tour du monde de Magellan est achevé, même si ce dernier meurt en route. Toutes les mers sont reliées entre elles, cela ouvre de nombreuses possibilités d’établissement de routes commerciales. En l’espace de 30 ans, le monde est beaucoup plus vaste qu’on ne l’imaginait auparavant, d’autant qu’il s’agit d’un monde déjà habité par des populations dont la Bible ne parle pas. Ces découvertes remettent en cause toute une série de pensées, de choses considérées comme acquises.
II) De l’exploration à la conquête.
De ces nouveaux territoires, que faut-il en faire ?
Des territoires chrétiens selon les esprits de l’époque, sans pour autant omettre les motivations commerciales qui s’expriment dès 1494 par le traité de Tordesillas où Portugais et Espagnols se partagent le monde en deux sphères d’influence. Au début du XVIème siècle, ces espaces vont être en effet conquis.
Les Espagnols mettent en place de véritables colonies de peuplement en Amérique à l’aide de Conquistador.
Hernán Cortés prend possession du Mexique en annexant l’Empire Aztèque dont la conquête s’achève en 1521. Il devint le capitaine général de la Nouvelle Espagne.
En 1530, Francisco Pizarro et Diego de Almagro annexent l’Empire Inca et Pedro de Valdivia entame la conquête de l’actuel Chili.
Il existe deux vices-rois, l’un à Lima, l’autre a Mexico, qui gouvernent en Amérique au nom du roi d’Espagne. 150 000 colons sont rapidement envoyés dans le nouveau monde, où l’on cultive du riz, des plantes, où l’on élève des bovins. A partir de 1540 on découvre des mines d’argent au Pérou (mines du Potosi) et au Mexique (mines Zacatecas), argent qui constituera la majeure partie de la valeur de l’exportation de ces colonies vers l’Europe.
Cette colonisation possède un aspect dramatique, notamment pour les autochtones décimés par un choc microbien, en effet, il y avait 25 millions d’habitants en 1520, là où il n’en reste qu’1 million 500 000 en 1650.
L’Empire portugais quant à lui, fonctionne sur une toute autre logique, principalement en se basent sur des places commerciales dont la plus importantes est Goa, en Inde. La seule exception demeure le Brésil qui devient une colonie de peuplement, avec, à la fin du XVIème siècle, 60 000 habitants, dont 25 000 blancs. On y exploite principalement la canne à sucre et le bois. Il s’agit d’un empire épars qui sera vite convoité par d’autres puissances.
D’autres nations occidentales s’intéresse aux nouvelles contrées, dès l’époque de François Ier, Jacques Cartier explore en effet le Canada, mais c’est surtout au XVIIème siècle que les français s’implanteront et fonderont des villes telles que Québec et Montréal. Ils s’intéresseront également aux Antilles.
L’Angleterre, elle, s’intéresse aussi à l’Amérique du Nord et y fonde en 1607 la Virginie, puis douze autres colonies.
III) Bouleversements culturels et économiques.
Avec la découverte de nouvelles civilisations, des interrogations naissent, pourquoi la Bible ne parle t-elle pas de ces contrées ? Ces changements obligent des remises en cause de ce qui était alors considéré comme acquis. On dépasse ainsi l’héritage antique en le remettant en cause.
C’est également le développement d’un commerce trans-océanique, les européens commercent en effet directement avec l’Orient, ils peuvent exploiter les ressources de l’Amérique.
Au XVème siècle, le centre commercial de l’Europe se situé en Méditerranée, au XVIème siècle, le déplacement de ce centre s’effectue vers l’Atlantique et la Mer du Nord avec de nouveaux grands ports comme Lisbonne, Séville et Anvers qui est alors une grande place commerciale espagnole entre l’Amérique et l’Europe. Londres et Amsterdam deviendront également de grands pôles au XVIIème siècle. Une redistribution des richesses en Europe a lieu avec des pays qui émergent peu à peu, comme l’Angleterre et les Pays Bas, qui remplacent les cités italiennes.
C’est également un bouleversement des mœurs et de la consommation avec l’arrivée en Occident de plus en plus de produits coloniaux, comme le tabac, le sucre, le cacao, le café, la pomme de terre et le maïs qui se démocratiseront peu à peu tout en changeant les pratiques agricoles des Européens.
Avec l’arrivée de métaux précieux, les échanges sont de plus en plus faciles et les famines monétaires disparaissent. Cette arrivée provoque une certaine inflation qui inquiète les contemporains car ils ne connaissent guère ce phénomène.
Ces découvertes signifient aussi le développement des groupes de marchands, qui se regroupent eux même par nation (vénitien, génois, allemands, etc…) qui s’installent dans les villes afin de jouer le rôle de banquier. Ce qui facilite le développement économique de l’Occident.