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L1 S2 UE 2 Histoire Contemporaine

Chapitre 5 : Des nationalités aux nationalisme

Posté le 17.04.2008 par courslille3
Chapitre 5 : Des nationalités aux nationalisme

I) Les aspirations des peuples européens
Contrairement à aujourd’hui, la nation relevait alors principalement de la gauche et l’extrême gauche. L’Europe hérite les frontières du Congrès de Viennes, qui a eu lieu dans la capitale autrichienne en raison du fait qu’il s’agissait de l’état le plus puissant sur le continent. L’homme fort de l’Europe était alors Metternich qui domina la diplomatie internationale de 1815 à 1848, il fut surnommé « le cochet de l’Europe », il était favorable au retour de la légitimité, à une idée de restauration, de contre-révolution.
A l’opposé de nombreux européens, il n’est pas sensible au philhellénisme et il est opposé à l’indépendance grecque car il y voit une révolution pouvant menacer l’ordre européen.
Lorsqu’il fut renversé par la révolution viennoise lors du printemps des peuples, il écrit au tsar russe pour lui dire que l’homme ne peut stopper un torrent, mais l’endiguer.

1) Liberté, Egalité, Fraternité
La révolution de février 48 est un coup de tonnerre qui met en avant :
- la Liberté : c’est la demande de droits politiques, du suffrage universel, de la liberté d’expression et de presse.
- l’Egalité : on passe d’une égalité des droits obtenu lors de la première révolution à la revendication d’une égalité sociale et au droit au travail, mais ces égalités ne sont pas toujours complémentaires.
- La Fraternité : il s’agit des inspirations chrétienne et des inspirations socialistes, la Seconde République n’est pas laïque, c’est l’utopisme de la charité chrétienne. Mais c’est également l’idée de la fraternité entre les peuples

La France est un vieux pays unifié, mais il n’en est pas de même partout, les révolutions ne sont ainsi non seulement du au souhait de libertés, mais aussi le moyen d’exprimer les revendications nationales d’autonomie ou d’indépendance.
Seules la Grande Bretagne et la Russie ne connaissent pas de révolutions, cette dernière se permettra même d’intervenir à l’extérieur de part sa puissance. Il s’agit pourtant de deux états aux antipodes, l’une étant moderne, libérale et ayant une vie politique, l’autre étant autocratique, agricole et en retard sur le plan économique.

2) l’Empire d’Autriche
Metternich est le symbole et le gardien des monarchies. Ici c’est une minorité, les allemands qui sont huit millions domine une majorité de vingt-sept millions d’individus de diverses nationalités : les magyars (dirigés par l’indépendantiste Kossuth), les slaves du nord (polonais, tchèques, slovaques), les slaves du sud (slovènes, serbes, croates), italiens et roumains. L’Empire joua sur les rivalités entre ses différentes nationalités, comme entre les hongrois et les croates, pour maintenir son autorité.

On parlera de « prison des peuples ». Mais il faut savoir que certains se contenteraient d’une simple autonomie et que d’autres également sont fidèles au souverain, car la nation est parfois assimilée au suzerain, d’où les difficultés des républicains qui utilisèrent des allégories féminines.

Metternich a fait de cet Empire un espace policier, en effet le budget de Vienne pour la police était trente fois plus haut que celui de l’instruction.

3) La Confédération Germanique
Il faut savoir qu’il n’y a pas d’autrichiens et que ceux-ci se sentent proches des bavarois catholiques, et même des allemands du nord de Saxe et de Prusse avec qui ils partagent une culture commune malgré le protestantisme de ceux-ci, mais il n’existe pas d’état allemand.
Cette Confédération établie en 1815 à sa tête l’Empereur d’Autriche qui est ainsi également le Président de la Confédération.

C’est une mosaïque d’états, et le parlement, la Diète, se réunit dans la ville libre de Francfort. Hohenlohe dira qu’il s’agit du « lit dans lequel le peuple allemand a dormi plus de trente ans » car le nationalisme allemand n’était plus aussi actif que face à Napoléon, où à la bataille de Leipzig, les soldats saxons alliés aux français passèrent du coté prussiens.

Se pose cependant de multiples questions : Quelle Allemagne faut-il faire ? Faut-il y inclure l’Autriche ? Les non-allemands qui y habitent ? Mais sans l’Autriche, quel souverain ? Ferdinand Ier d’Autriche ou Frédéric Guillaume IV (qui hésite entre céder ou être ferme face aux revendications populaires, car s’il ne veut pas céder il ne veut pas être un monarque sanglant) ? Quel type de royaume, d’empire ? Avec ou sans représentation du peuple ?

4) La Péninsule Italienne
Il existe sept états, sans lien confédéral mais qui sont gouvernés plus ou moins directement par l’Autriche, à l’exception du Piémont Sardaigne. Il n’y a pas non plus de zone d’union douanière comme le Zollverein pour convaincre l’élite économique du bien fondé de l’unité.

L’élection de Pie IX, perçu comme un Pape jeune et prometteur, et la politique du roi de Piémont qui semble s’orienter vers une politique libérale en autorisant le journal libéral de Cavour Il Risorgimento (la résurrection, la renaissance, le réveil) sont perçus comme des signes de libéralisation.

II) La Vague révolutionnaire
1) la Révolution en Italie et en France
Le 12 janvier 1848 commence la révolution sicilienne à Palerme, il s’agit d’une demande d’autonomie, ainsi que d’une constitution avec un pouvoir législatif élu. Périodiquement il y a eu en Europe des soulèvements demandant une telle constitution, il ne s’agit donc pas d’une première.

En France, Louis XVIII a octroyé une charte, car il ne pouvait effacer totalement les traces laissées par la révolution, mais il ne s’agit que d’une concession, même si celle-ci instaure un parlement de deux chambres, dont l’une est élue au suffrage censitaire.
Son successeur, Charles X, mécontent de l’opposition, décide de dissoudre cette chambre des députés, et souhaite gouverner par ordonnance. Cela constitue une violation de la Charte qui est interprété comme un coup d’état, d’où les trois glorieuses de 1830.
Dans de nombreux royaumes il n’y avait cependant pas de charte.

La constitution de Cadix est un modèle pour l’ensemble de l’Europe méditerranéenne alors qu’elle ne fut jamais appliquée. En lutte patriotique contre la France, et en quête de liberté, les députés libéraux s’étaient réfugiés en 1812 à Cadix. Ferdinand VII n’accepte pas de la faire appliqué à la chute de Napoléon, cela provoqua un soulèvement en 1820 et l’Espagne fut gouvernée par les libéraux pendant trois ans avant que la France ne restaure le pouvoir de Ferdinand VII.
Un mois après la révolution sicilienne se produit la révolution parisienne. La question du suffrage est alors au centre et il y a une entente entre les classes moyennes exclues du vote et les ouvriers.
Louis Philippe abdiquera rapidement sans s’opposer à cette révolution, cependant les monarchistes ne parviendront pas à proclamer son fils roi, et sa femme régente. Le gouvernement provisoire proclame la République le 24 février à l’hôtel de ville de Paris.
Le 29 Février Metternich déclarera : « Aujourd’hui comme il y a un demi-siècle, l’Europe à affaire à la Révolution Française, tous les gouvernements ont affaire à un ennemi commun et sont exposé à voir cet ennemi remporter bien des victoires ».

2) l’Empire d’Autriche menacé d’implosion
Une révolution éclate à Vienne et Metternich doit quitter Vienne le 13 mars, elle vise à mettre fin à l’absolutisme, les autrichiens réclament une constitution. Le 25 avril l’Empereur octroie une constitution, mais cela n’est pas accepté par les libéraux qui la jugent insuffisante, le 17 mai le gouvernement devra accepter la création d’un Reichstag pouvant s’accorder sur le choix d’une constitution. L’Empereur quitte Vienne pour Innsbruck (Tyrol).

Entre la mi-mars et mai, les hongrois et les tchèques se révoltent également. Dès le 15 mars un soulèvement à lieu à Buda et aboutit à un gouvernement provisoire qui revendique, et obtient, l’autonomie. La Hongrie ne garde qu’un simple lien avec le souverain autrichien, les magyars choisissent comme hymne la Marseillaise hongroise.
Les tchèques réclament également l’autonomie, ils sont à la pointe de l’esprit slave et réclament un congrès de tous les slaves.

3) Mouvements libéraux et unitaires en Allemagne

L’Allemagne est diverse, territorialement, politiquement, les souverains réagissent selon leurs moyens et selon l’attitude de leurs voisins. Certains rois, comme en Bavière, promettent des élections, celui-ci sera néanmoins contraint d’abdiquer en faveur de son fils à Munich.

A Berlin il faut attendre le 18 mars pour que se déclanche la révolution, la répression causera 250 morts. Le roi Frédéric Guillaume IV, changera d’avis quant à la marche à suivre pour s’incliner publiquement devant le corps des victimes, avant de prendre des ministres libéraux et d’accepter un parlement. Son entourage au contraire observe avec inquiétude ces concessions, ayant favorisé la répression.

A Francfort, la Diète de la Confédération est remplacée de fait par un Parlement National Allemand qui ouvrira ses débats le 18 mai.

4) Mouvements libéraux et unitaires en Italie

Le 17 mars à Milan, a lieu les « cinq journées » qui permettent de chasser les autrichiens, commandés par le Général Radetzky, de la ville. Dès le 4 mars le roi de Piémont accorde le Statuto, et le Pape Pie IX fait de même le 14 mars même s’il s’agit d’un texte plus modéré qui ne permet que d’introduire quelques laïcs dans l’administration et n’accepte qu’un suffrage censitaire. Le roi de Naples cédera également devant la révolution sicilienne.
Mais cela est insuffisant et ne permet pas l’unité en raison de l’obstacle autrichien, d’une révolution il faut passer à une guerre. Le 25 mars Charles Albert (roi de Piémont) déclare la guerre à l’Autriche. Mais quelle Italie unifiée faut il réaliser ? Une extension du royaume de Piémont ? Une fédération autour du Pape ? Une république ?

III) Les révolutions contenues, puis écrasées
1) Les Points faibles des révolutionnaires
Le retour à l’ordre a été rapide et l’échec général, cela s’explique par un certain nombre de points faibles des révolutionnaires.

En effet, il est à noter l’isolement et la fragilité des mouvements révolutionnaires au sein de leur nation, les élites étant en effet toutes hostiles, que cela soient les gradés de l’armée ou l’administration, celles-ci étaient en position de force.
Il n’y avait que peu d’instruits chez les révolutionnaires, la base sociale était insuffisante, les paysans étaient en effet très méfiants vis-à-vis des évolutions venues de la ville, et docile vis-à-vis de leurs anciens seigneurs, comme le montre Tocqueville, lucide, ou encore Bismarck, qui raconte dans ses mémoires comme il a maintenu ceux-ci sous son influence et les a armé contre les révolutionnaire.
De même il y avait un manque d’unité selon les idéaux de chacun, entre le bourgeois libéral, ceux qui ne souhaitaient qu’obtenir le droit de vote et les prolétaires qui souhaitaient une véritable république sociale.

Il faut également noter le manque de solidarité entre les nationalités, ce qui fut la grande force de l’Empereur d’Autriche, en effet les hongrois souhaitent fonder un état autonome, mais dans lequel les minorités croates et slovaques préfèrent un souverain autrichien, plutôt que hongrois. Les autrichiens sauront utiliser les rivalités nationales à leur profit, notamment chez les croates qui seront très sensible à la lutte contre la Hongrie.

2) Manque d’appui extérieur.
La France de 1849 n’est pas décidée à réitérer l’expérience de 1789 et le 4 mars, Lamartine, ministre des affaires étrangères, rompt avec la doctrine républicaine de la libération des nations et déclare que la France ne veut pas faire la guerre, ce qui divise les républicains français entre eux, jusqu’alors le nationalisme républicain était favorable aux guerres.

A cette politique nouvelle, une exception néanmoins, à Rome, où en mars 1849 est proclamée, plus tardivement que pour les autres révolutions, une République sous la forme d’un triumvirat entre Mazzini, Carlo Armellini et Aurelio Saffi.
Le Pape se réfugie à Naples et faits appel aux puissances catholiques (France et Autriche) pour le restaurer en ses états. En France, peut-on être pour sur des motifs différents, certains veulent restaurer le Pape, comme les conservateurs, d’autres souhaitent éviter que l’Autriche n’y aille en les devançant, pour promouvoir un compromis. Il s’avère néanmoins très vite que, une fois sur place, la position républicaine de l’intervention ne sera guère retenue et la seule exception aux propos de Lamartine est donc une intervention en faveur de la contre-révolution…

3) Défaites des italiens
La Guerre engagée, le 25 juillet 48 a lieu la défaire piémontaise à Custoza face à Radetzky qui peut donc réoccuper la Lombardie. Si l’armistice arrange les autrichiens, car cela leur permettre de s’occuper de leurs problèmes internes, les piémontais ne peuvent accepter de signer une paix humiliante, ce qui reviendrait à perdre la légitimité du roi en faveur de l’unité, d’où l’existence de partisans de la guerre malgré les risques que cela engendrerait.
A mesure que le temps passe, avec les évènements de Rome, compromettant l’idéal d’une Italie monarchique, le roi décide de poursuivre la guerre, préférant le martyr à la paix, il est battu de nouveau à Novare, le 23 mars 1849 et abdique le soir de la bataille en faveur de son fils Victor Emmanuel II pour que cette défaite, ainsi que les responsabilité de la guerre, n’entachent pas les chances d’une unité italienne autour du Piémont.
Cela n’est pas sans précédent, Ferdinant Ier en Autriche avait fait de même en décembre 1848 en faveur de son neveu François-Joseph Ier.

Si l’on retourne aux régimes précédents, la cause de l’unité a marqué les esprits et elle dévoile les difficultés qu’une République peut rencontrer, ainsi que la nécessité d’un soutien étranger.

4) Le retour à l’ordre en Allemagne et dans l’Empire d’Autriche
Après plusieurs mois, le 28 mars 1849, les partisans de la petite Allemagne l’emportent sur ceux de la grande Allemagne, la couronne du nouveau Reich ne pourra donc revenir à l’Empereur d’Autriche et le parlement de Francfort l’offre au roi de Prusse.

Le 27 avril 1849, celui-ci refusera pour plusieurs raisons, il ne souhaite pas un affrontement avec l’Autriche et est favorable à une solidarité idéologique auprès des princes allemands avec qui il ne souhaite pas s’aliéner malgré qu’ils soient plus proches de l’Autriche. Il souhaite que ce soit ces derniers qui le désignent comme Empereur, et non le suffrage universel.

Cela provoque l’arrêt de mort du parlement de Francfort, qui se verra bientôt disperser par les forces de l’ordre.
Malgré cela, le débat sur l’unité se poursuit en Allemagne, mais il n’y a pas de consensus chez les princes Allemands, c’est l’echec de la Prusse, d’autant que désormais l’Autriche a résolu ses problèmes avec la capitulation de Vilagos où les hongrois reconnaissant leur défaite.

L’Empereur mobilise donc ses troupes, et le roi de Prusse est contraint de se soumettre aux exigences autrichiennes à la capitulation d’Olmutz, qui est le dernier acte de la domination autrichienne sur l’Europe continentale.

Moltke (réformateur de l’armée prussienne) et Bismarck, ayant vécu très intensément les évènements, en tirent un enseignement sur l’utilisé des chemins de fer afin d’effectuer une mobilisation rapide, ainsi que de l’utilité du soutien des petits états allemands, en en déduisant qu’il faut faire une guerre contre un ennemi commun pour l’obtenir.



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Chapitre 4 : De la Révolution industrielle à la lutte des classes

Posté le 21.03.2008 par courslille3
Chapitre 4 : De la Révolution industrielle à la lutte des classes

Engels : « La révolution industrielle a donné naissance à une classe de puissants industriels capitalistes, mais aussi à une classe ouvrière plus nombreuse »

I) Croissance et Crises

Les économistes on mit du temps avant de dégager les cycles, au début une crise était considérée comme une maladie, un état incertain. En 1860, la crise agricole devint une crise industrielle. Les crises boursières étaient inconnues car la spéculation est un fait nouveau au XIXème siècle et est considérée comme normale.
Lorsque la bulle spéculative éclate, suite à une surproduction (comme la crise des années 1930, où la demande, puis la production ne suivait plus la hausse des cours en bourse), cela provoque donc la faillite de banques.

Globalement le mouvement est en croissance, c’est une « ardeur irrésistible », mais il existe des cycles (Kondratiev), des crises récurrentes, une mondialisation croissante très nette, une concurrence extérieure et une uniformisation nationale.

De même que le mouvement n’est pas continu, la géographie n’est pas fixe, si l’Angleterre est pionnière, la puissance industrielle se déplace vers l’Allemagne en Europe et vers les Etats-Unis dans la seconde moitié du siècle.

II) Les politiques sociales

Cette révolution entraîne la perte de la stabilité sociale, de part la mobilité sociale rendue possible, mais également la précarisation car il est possible de perdre son emploi. Selon Engels, cela fait suite à la destruction des liens sociaux.
Mais bien vite, l’opposition entre entrepreneurs/employeurs et ouvriers s’installe et la mobilité sociale décroît, l’on n’est ouvrier de père en fils, alors que la précarité demeure.

Le premier facteur social est la charité philanthropique d’initiative privée, mais elle se révèle insuffisante, d’où les lois permettant de créer des structures d’aide, comme les mutuelles et celles permettant de réguler la durée du temps de travail.
C’est en 1833, en Angleterre, que le Factory Act interdit le travail de nuit pour les enfants et limite à 48h par semaine le travail des enfants de 9 à 13 ans. Afin de faire respecter ces mesures, le Factory Act prévoit la création d’un corps d’inspection du travail. En 1843, la durée du travail féminin est limitée à 10h par jour dans le textile et en 1853 le Week-End est instauré (il faudra attendre 1906 en France, bien que ça ne sera pas forcement le dimanche en raison de la politique laïque).

C’est lorsque la menace ouvrière se précise que les gouvernements lâchent du lest. On qualifie en effet Bismarck de révolutionnaire blanc (car monarchiste), car de part sa politique sociale, a-t-il coupé l’herbe sous le pied des révolutionnaires rouges dans les années 1880.
En 1883 sont crées des caisses locales d’assurance maladie, car il s’agit du plus grand danger pour les travailleurs, suivit en 1885-87 par une assurance des accidents du travail, le second plus grand danger.

En France, avant 1898, les ouvriers devaient apporter la preuve que l’accident du travail n’était pas de leur faute, après cette date c’est maintenant aux patrons de prouver que la faute est à l’ouvrier s’ils ne souhaitent pas indemniser celui-ci.
En 1889, en Allemagne, est établie une assurance vieillesse pour les travailleurs ayant moins de 2000 marks par an et ayant plus de 70 ans.
Il faudra attendre 1910 pour qu’une loi sur les retraites ouvrières et paysannes en France existe.

III) L’action politique et syndicale

La notion de services publics ne fait que se mettre en place, à l'origine il n'y a rien entre l'état et le citoyen. Il n'y a de même de droit libre à l'association, celles-ci sont encore sous la surveillance de l'état. En Angleterre, dans une logique libérale les corporations sont abrogées (comme en France en 1789) à partir des années 1820, lorsque les coalitions d'ouvrier (les futurs syndicats) sont autorisées, il s'agit d'une exception en Europe, mais cela uniquement car l'on constate que les syndicats peuvent être une soupape de sécurité.

Trade Unions (syndicats professionnels) -> Charte -> Chartistes

Les chartistes réclament une représentation ouvrière et est favorable au suffrage universel, ce qui suscite l'opposition chez les progressistes car les femmes et les ouvriers sont sous dépendance, respectivement de leur mari et de leur patron. C'est par le Suffrage Universel que le Parti de l'Ordre et Louis Napoléon Bonaparte seront élus, il s'en suivit que le Parti de l'Ordre restreint l'accession au droit de vote, ce qui profita de ce fait au Prince Président qui était opposé à ces restrictions.

C’est sous le règne de Napoléon III que les premières manifestations de conscience de la classe ouvrière apparurent. Napoléon autorisa une délégation française à se rendre à la Confédération Internationale du Travail et donne le droit de coalition aux ouvriers.

En 1869 le Parti Ouvrier allemand est fondé par Eisenach, en 1875 c’est le Parti Socialiste Allemand (SPD) qui est fondé par Gotha.

Marx ne souhaitait pas que l’Allemagne annexe l’Alsace Lorraine afin d’éviter de ne provoquer une idéologie revanchiste en France et d’empêcher ainsi l’unité des travailleurs.

En France le mouvement révolutionnaire est divisé au sujet de la Commune, certain sont réformistes, ils sont pour la conquête du pouvoir par la voie légale, comme Jaurès, d’autres sont favorable à la révolution.
En Allemagne et en Angleterre, ces derniers sont minoritaires, les mouvements sociaux y sont davantage réformistes.

En 1879 à lieu à Marseille le Congrès fondant le Parti des Travailleurs Socialistes de France, la même année est créer le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE).

Les partis soutiennent les revendications des travailleurs et les états lâchent du lest afin d’éviter les dérives révolutionnaires :
1884 : Loi Waldeck Rousseau autorisant la constitution de syndicats
1885 : Congrès Fondateur du Parti Socialiste Belge
1886 : Gouvernement libéral de l’Italie qui refuse d’autoriser le droit de grève
1887 : le droit d’association est limité en Espagne
1895 : Congrès de Limoges fondant la CGT, avec des aspirations unitaires.
1899 : l’entrée de Millerand au gouvernement provoque des débats chez les socialistes.
1905 : Congrès fondant la SFIO qui sera notamment sous l’influence de Jaurès.
1906 : Congrès d’Amiens de la CGT qui adopte une position opposée à la SFIO est plus radicale.
1906 : Réformes Stolypine (libérales) en Russie (autorisation des syndicats)

Si la révolution s’est produite en Russie et non en Angleterre, c’est parce que cette dernière a su se réformer.

Chapitre 3 : L’Europe dans la civilisation industrielle

Posté le 19.03.2008 par courslille3
Chapitre 3 : L’Europe dans la civilisation industrielle

Le premier à avoir utilisé le terme de révolution industrielle est Adolphe Blanqui (1798-1834) (frère de Auguste Blanqui (1805-1881), l’« éternel enfermé »), économiste plutôt libéral au contraire de son frère.

Par la suite les historiens utilisèrent ce terme pour désigner d’autres notions. C’est un phénomène apparu en Grande Bretagne qui est une rupture avec les moyens de productions antérieurs, mais les historiens désormais, nuance le terme de révolution/rupture par la désignation d’une période « proto-industrielle » auparavant effectuant une transition avec l’Ancien Régime et le Monde Industriel.

Il s’agit tout de même de mutations complètes avec un ensemble d’innovations techniques et le remplacement du travail humain par des machines qui fonctionnent elles-mêmes sans travail humain et par l’utilisation d’énergie fossile.

Cependant il se pose le problème des temporalités, quand comment la civilisation industrielle ? Quand s’achève-t-elle ? Dans le nord par exemple nous voyons la mine apparaître et disparaître, es-ce que cela correspond à la civilisation industrielle ? Ou au contraire cette civilisation se poursuit-elle et les nouvelles technologies de l’information et de la communication seraient-elles une nouvelle révolution industrielle ?

I) Les principaux facteurs
1) Le rôle de l’Agriculture
L’augmentation de la production agricole est à l’origine de surplus qui a permis un enrichissement des agriculteurs, leur permettant par conséquent d’investir et d’épargner dans de nouvelles techniques, ainsi, une main d’œuvre moins nombreuse fut nécessaire pour les productions agricoles, libérant ainsi une main d’œuvre pour les productions industrielles. De même, la croissance de l’agriculture entraîna une demande matérielle plus conséquente, incitant à produire davantage de machines et à innover pour répondre à cette demande des agriculteurs.

2) Le rôle de la Croissance Démographique
L’industrialisation n’est pas la seule cause de la croissance démographique, mais elle a contribué à cette dernière par l’amélioration du niveau de vie, comme la constaté l’historien de gauche Yves Lequin qui se reposa sur des statistiques complètes sur l’évolution en baisse de la part de l’alimentation sur les ressources disponibles des hommes, montrant ainsi que les hommes pouvaient désormais consacrer davantage d’argent pour des besoins autres que l’alimentation.

C’est également cette industrialisation qui a contribué plus tard à la chute de la croissance démographique par la progression de l’enseignement.
Elle a également contribué à la création de nouvelles classes, une classe ouvrière distincte des artisans, une nouvelle classe moyenne, etc…

Il y eut également des conséquences spatiales avec le développement d’agglomérations industrielles comme Roubaix. Il faut noter que le développement mono-industriel, ce qui contribua tout d’abord à la richesse du Nord, qui fut ainsi le département le plus riche du Second Empire, mais qui fut ensuite une faiblesse lorsqu’un changement d’orientation fut nécessaire, le Nord fut ainsi sinistré lors de la désindustrialisation.

Enfin, l’industrialisation fut également à l’origine d’une immigration économique, polonaise, belge, italienne, avec parfois également des causes religieuses comme le départ de nombreux juifs d’Europe de l’est vers les Etats-Unis en raison des pogroms.

3) L’accumulation du capital

Pour adopter les innovations, cela suppose avoir les moyens et donc l’accumulation primitive du capital. Mais il semble que, au départ, même les entreprises modestes réussissaient, en effet les bâtiments pouvaient être loués, les machines achetées d’occasion ou bricolées, le savoir faire était alors encore important.

4) Le progrès technique

Il est nécessaire en effet d’établir des prototypes avant de pouvoir produire en série un produit. Au « domestic system » prend place désormais un « factoring system » (avec pour transition un « putting of system ») qui favorise le fait que la production soit de plus en plus regroupé en un lieu. L’usine matérialise et symbolise donc la concentration spatiale de la production.

Il faut noter néanmoins quelques problèmes comme les difficultés financières pour investir ou encore l’obstacle humain que constitue les ouvriers qui ne se prêtent pas à cette révolution du travail facilement du fait qu’ils se voient dépossédés de leur savoir-faire par les machines et que leurs employeurs sont cause de pression, ce qui entraîne une résistance par la grève, voir la destruction de machines.

Le travail exige désormais une discipline horaire qui n’existaient pas avant, lorsque les mineurs étaient également agriculteur, l’on peut ainsi noter que la société Trempé a imposé à ses salariés de n’être qu’uniquement mineur afin de faire face à ses difficultés.

La seconde étape est la division scientifique du travail (dst) qui sera établie par Taylor avant d’être appliqué par Ford aux Etats-Unis et par Renault en France (cette dernière était en avance par rapport à la Grande Bretagne en matière automobile).

Les besoins élémentaires sont désormais plus facilement satisfaits et leur part dans les revenus diminue, se vêtir est désormais moins cher car le textile, par un processus de 50 ans, est passé au Factory System et les machines anglaises produisent ainsi en série.

L’ensemble de la famille, même les enfants, trouve leur place dans la production, il faudra en effet attendre les années 1870 pour que la scolarisation soit obligatoire.

5) La révolution des transports

Cette révolution est liée à la politique, grâce à la révolution française d’un système politique et fiscal compliqué la France a créer un marché national dans le cadre des départements plus simples que les précédentes entités. Cette pensée de développement est au cœur du XIXème siècle, comme le montre l’union douanière allemande, le Zollverein.
Dans la révolution ferroviaire, la Grande Bretagne est en avance. On passera des rails en bois fragiles aux rails en fonte.

Ce n’est que dans un second temps que la révolution maritime aura lieu, lorsque les contraintes techniques d’augmentation du tonnage, nécessaire au stockage de charbon, et contraintes énergétiques seront résolues.

En 1869 le Canal de Suez est percé, il permet de raccourcir les distances, l’on gagne en effet trois semaines entre Londres et Bombay. Cela c’est fait dans le cadre d’une coopération franco-anglaise grâce à Ferdinand de Lesseps, qui sera également promoteur du Canal de Panama qui permis de raccourcir le trajet entre New York et San Francisco (avant il fallait passer par le Cap Horn).

Chapitre 2 : La lente transformation des campagnes

Posté le 08.03.2008 par courslille3
Chapitre 2 : La lente transformation des campagnes

Cette impression d’immobilité du paysan tiens de la comparaison avec l’évolution de la ville, d’autant que le paysan ne laisse pas de traces sinon indirectes, ils ne parlent qu’entre eux et ne savent pas écrire, ce sont les citadins qui les décrivent, plus mobiles, ils considèrent les ruraux comme des conservateurs.

Michel Augé-Laribé dans La révolution agricole souligne que quand l’agriculture commence à entrer dans le régime des échanges avec la monnaie, elle est dominée, sauf en période de disette, car elle ne fait ni les prix, ni les lois. On lui donne cependant un moyen de s’exprimer par le vote, la France étant un cas extrême du fait de son Sénat favorisant les campagnes.

Qu’es-ce que la révolution agricole ? Bloch la définie par « les grands bouleversement de la technique et des usages agraires » qui dans toute l’Europe marqua, selon des dates variables, l’avènement de l’exploitation contemporaine.

L’Angleterre est un pays pionnier avec la Bill of Enclosure, qui privatisa les propriétés communes, à partir du moment où les terrains n’appartiennent plus au village, au commun, on accélère les contrastes, ce qui favorise les changement, il y a ainsi une recomposition de la société paysanne.

Avec la vente des terres de l’Eglise, nationalisées et vendues par lots en France, lors de la Révolution, on entre dans la logique de la société marchande ce qui s’accentue par la révolution des transports qui accroît la mobilité.

1) Un monde plein qui se dépeuple

Il se dépeuple lentement et selon des variables, il s’agit avant tout d’une diminution relative et non d’une diminution absolue. Il y a une croissance en valeur absolue dans les campagnes, mais celles-ci ont une croissance démographique plus faible que celle des villes.
L’exode rural ne dépeuple pas, à l’exception de la France où la population rurale perd deux millions d’habitants dans la seconde moitié du XIXème siècle. On le sait grâce aux recensements organisés par la République tous les cinq ans depuis 1876. En 1931 c’est la première fois que les citadins sont plus nombreux en France que les ruraux. 1936 constitue le dernier recensement de la IIIème République.

Si ce monde se dépeuple, c’est car il était surpeuplé. On considère qu’en 1850 on atteint la limite des ressources disponibles, d’où les migrations et la colonisation de peuplement dans les pays neufs.
Les campagnes européennes furent des foyers d’émigrations à des périodes différentes, le seuil n’étant pas atteint partout aux mêmes périodes.
Ces migrations peuvent être définitives, comme l’installation d’ouvriers agricoles venant de Belgique dans la Beauce (région céréalière), de polonais en Saxe, de calabrais dans la plaine du Pô, mais aussi temporaire, ainsi des espagnols à la morte saison, vont dans l’hémisphère sud, en Amérique pour cultiver.

Cela entraîne une désagrégation des communautés familiales et villageoises au profit de l’individualisme (endettement pour conserver ou accroître ses propres terres).
Cela entraîne également l’abolition progressive de la servitude en Europe, ce qui n’est pas partout gratuit, il faut parfois racheter le lopin de terre au Seigneur. Ce mouvement s’achève pour l’Allemagne en 1848. L’émigration est surtout sensible dans les régions de grands domaines seigneuriaux, où il n’y a pas de place pour les petits propriétaires.

Là où l’artisanat se maintient, il n’y a cependant pas de changement avant le XXème siècle, les dentelles de Velay incite ainsi les ruraux a rester travailler dans leur campagne, alors que dans la région de Saint-Etienne les artisanats sont remplacés par l’industrie.

2) Progrès économiques et techniques

En 1848 à lieu la création d’école d’agronomie. Les terroirs ne se prêtent pas tous à la mécanisation (haie, isolement des terres, etc …). En 1891, en Allemagne, il y a douze fois plus de faucheuses et de moissonneuses qu’en France et onze fois plus de machine à battre à vapeur (deux fois plus de machine à battre à cheval).

On observe une augmentation de la surface agricole par l’assèchement des marais ou le défrichement de nouvelles terres. On augmente également les rendements par l’utilisation des engrais, d’origine naturelle tout d’abord, avec le Guano (entre 1840-1870, excréments des oiseaux marins et des chauves souris), dont le Pérou détient un certain monopole, ce commerce fera la richesse de commerçants comme Auguste Dreyfus, mais il y a également les engrais chimiques, utilisés notamment en Allemagne.

Une sélection des espèces animales dans l’élevage, et des plantes, dans l’agriculture, s’effectue également. La greffe et les boutures se développent pour lutter contre les maladies, comme le Phylloxera qui s’attaquaient aux vignobles, il fut nécessaire d’effectuer une greffe d’un cépage américain.

Il y a une évolution des mentalités, la polyculture recule petit à petit, surtout depuis les années 1870, au profit de la spécialisation. « Se suffire à soi-même signifie, non plus tout ce que l’on a besoin, mais ce qui permet d’acheter ce qu’on ne saurait produire à bon compte » (Robert Schnerb).

La main d’œuvre agricole, payée en nature sur les récoltes auparavant est maintenant payée en liquide, ce qui entraîne le problème de la question des salaires et de la hausse du coût de la main d’œuvre. Cela est perçu comme un recul, car la main d’œuvre agricole recevant une part de la récolte serait d’autant plus motivée à produire davantage pour accroître sa part.

3) L’entrée dans l’économie capitaliste
A) 1850-1860

La terre rapporte davantage et la valeur locative augmente, la progression de la valeur de la terre en 30 ans passe de 60 à 90 milliards de Francs. En Prusse la valeur est multipliée par 4.
Les paysans considèrent qu’ils doivent leur prospérité à Napoléon III et ils commencent à épargner, il s’agit de la sortie définitive de l’Ancien Régime. Certains s’enrichissent et entrent dans le système capitaliste, d’autres, les plus petits, y perdent et doivent migrer vers les villes ou vers les pays neufs.



B) 1870-1895

Les échanges se mondialisent, vers 1870 avec le développement des transports, on ne voit alors pas la concurrence comme un stimulant mais comme un danger.
La baisse des prix suite à la concurrence entraîne la baisse des revenues de la terre (-30% entre 1875 et 1895). Cela accroît l’exode rural et l’émigration, la main d’œuvre rurale coûte donc plus chère et cela accélère la spécialisation dans les productions rentables et à la mécanisation, on assiste à la séparation entre l’élevage et la culture du blé.
La Suède avant 1850 exportait du blé et importait de la viande, après cette date, elle ne produisait que la moitié de sa propre consommation de blé mais exportait du beur, on assiste en effet à la spécialisation des pays du nord dans les produits laitiers.
Les Pays Bas, la Suisse, l’Irlande et le Danemark se spécialisent dans l’élevage, et les pays de l’est dans la production céréalière.

En réaction à la crise les grands propriétaires réclament des protections et l’Agrarisme, un courant se défense des propriétaires, se développe, ainsi que le syndicalisme propriétaire qu’il ne faut pas confondre avec le syndicalisme prolétaire.
De même il existe une classe intermédiaire, les Métayers qui partagent par moitié le produit de leur récolte avec le propriétaire des terres, si les petits métayers sont précaires, ils peuvent employer et leurs syndicats n’auront donc les mêmes intérêts que ceux des prolétaires sans avoir pour autant les mêmes que les syndicaux propriétaires.

On assiste également au développement de coopération pour faire face aux coûts de la production et de la mécanisation.

4) Variétés et contrastes selon la taille des exploitations

Il faut distinguer la propriété de l’exploitation, il n’y a pas de coïncidence entre grande propriété et grande exploitation. Il faut de même distinguer les propriétaires exploitants et les propriétaires absents, les premiers sont des modernisateurs, comme les Junkers prussiens (Bismarck par exemple), alors que les seconds défendent leurs propres intérêts, vivent généralement en ville et se sont vu frappé par la crise.
On observe de violent conflit dans le sud de l’Europe, comme en Italie ou en Andalousie.

La société entre dans une logique individualiste, une logique de compétition, les auteurs contemporains soulignent les disputes qui existent au sein des familles même lors du partage des terres suite à un héritage, du fait du Code Civil (Code Napoléon), ce qui entraîne un morcellement des propriétés. Dans certains pays on a privilégié un remembrement des parcelles progressivement.

Il est a noté qu’il n’y a pas qu’une seule classe rurale mais qu’il y en a plusieurs, mais malgré les différences entre celles-ci, pour tous, la vie c’est globalement améliorée avec l’amélioration dans l’alimentation et la disparition des disettes.
L’hygiène et l’habitat évoluent néanmoins plus lentement, notamment pour ce qui est de l’électrification. Cette dernière néanmoins changera fondamentalement le mode de vie car, en effet, en raison des impôts sur les portes et les fenêtres, beaucoup de maisons n’en comportaient que fort peu et étaient ainsi sombres, limitant les activités humaines.

Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un développement inégal selon les régions européennes, le nord-ouest étant beaucoup plus développé que le sud et l’est de l’Europe.

Chapitre 1 : l’Evolution démographique de l’Europe

Posté le 22.02.2008 par courslille3
Chapitre 1 : l’Evolution démographique de l’Europe

(page 2 et 3)
Source de puissante, mais également source de déclin (suite aux guerres mondiales)

L’Europe est alors le deuxième continent le plus peuplé avec 266 millions d’habitants en 1850 et 401 millions en 1900. Mais sa progression est plus importante en proportion encore car le mouvement migratoire part de l’Europe (contrairement aux asiatiques). Les pays voient leur population augmenter alors que beaucoup d’hommes en partent. Il y a une grande croissance aux Etats-Unis et en Argentine grâce à l’immigration italienne et allemande, alors que l’Italie passe elle-même de 25 millions à 34.4 millions d’habitants entre 1850 et 1910 et que l’Allemagne passe elle-même de 35.3 millions à 64 millions en cette même période.
En 1901, les européens représentent un quart de la population mondiale en raison du dynamisme de l’Europe, mais également de ses densités.

1) Une évolution en relation avec l’économie et la politique

Une relation existe avec la nécessité de production et l’attitude des hommes face à la vie. Habsboun (XIX-XX) souligne que pour que l’industrialisation ait lieu, il faut que la mobilité existe des campagnes vers les villes, avec un déclin proportionnel de la population agricole, une mobilité du secteur primaire vers le secteur secondaire. Tout cela avec un accroissement de la population.

Il faut de plus en plus d’hommes pour produire dans l’industrie, mais il faut également produire plus avec moins d’hommes en agriculture.
Comment faire ?
- mécanisation et utilisation d’engrais chimiques
- augmentation de la surface cultivable
- développement des échanges qui peuvent désormais se faire par de grandes distances suite aux révolutions ferroviaire et maritime.

En 1859, l’Angleterre avait déjà 59 villes de plus de 50 milles habitants et 9 villes de plus de cent milles.

Cela implique une évolution des tendances politiques en Europe avec un essor du sentiment national, la fécondité est l’une des armes du nationalisme, notamment dans les territoires disputés comme la Pologne colonisée par l’Allemagne et la Russie, ce qui entraîne deux grands courants, le pangermanisme et le panslavisme.

2) La transition démographique
(cf doc p3)
La natalité reste forte quand la mortalité baisse dans un premier temps, puis il y a une baisse de la natalité avec une stagnation de la mortalité dans un second temps.

Mais la France possède en 1850 35.6 millions d’habitants et en 1910 39.5 millions d’habitants alors que l’Allemagne en possède 35.3 millions en 1850, puis en 1910 64.5 millions. D’où le pangermanisme avec l’idée d’espace vitale. Il en est de même pour la Russie qui va peupler la Sibérie.
Au XIXème siècle, vers 1850, il s’agit d’une population jeune avec une espérance de vie relativement courte. La mortalité infantile (de 0 à 1 an) stagne et ne descend que tardivement, en 1900 dans le cas de l’Angleterre. En France cette mortalité connaît un pic lors de la guerre de 70, les enfants ne sont pas touchés directement mais les conditions d’hygiène en temps de guerre sont déplorables.

Il y a de nouvelles maladies, des épidémies, comme le choléra qui c’est répandu par la guerre de Crimée, ou encore la tuberculose, le typhus, …

Malgré tout, le dynamisme fait qu’on a des populations pauvres et indigentes, d’où l’idéologie du pasteur Malthus en Angleterre, le malthusianisme, visant à limiter l’évolution démographique selon les ressources disponibles. Dans les milieux ruraux on apprend plus rapidement à limiter les naissances que dans les milieux industriels, d’où le cas français de stagnation globale de la population.

3) l’Ampleur des migrations

L’émigration des européens était de :
Moins de 200 milles en 1840
Plus de 1.4 millions en 1908.

La courbe britannique est parallèle à celle des européens, du fait des famines en Irlande qui causèrent de nombreux départs vers l’Amérique. Jusqu’en 1890, les Allemands émigrent davantage que les Italiens et en 1875-1880 il y a une forte croissance de l’émigration slave. Il y a une transformation de la tendance des migrations.

Au milieu du siècle, on sort d’une crise, la dernière disette pour beaucoup de pays comme la France et l’Angleterre (bien qu’il en existera encore dans d’autres), qui a provoqué une vague de départ, mais la courbe descend ensuite lorsque cette crise s’arrête avant de remonter de nouveau vers 1870-1880 lors d’une nouvelle crise économique, la Grande Dépression de 1880 dans l’agriculture qui a lieu en raison de la mondialisation du commerce qui fait chuter l’agriculture européenne face à la concurrence des pays américains.
En Italie, les grandes migrations italiennes sont encouragées par le gouvernement car elles sont sources de revenus jusqu’à Mussolini.

Introduction : l’Apogée de l’Europe (1848-1914)

Posté le 27.01.2008 par courslille3
Introduction : l’Apogée de l’Europe (1848-1914)

En quoi l’Europe de cette époque est-elle différente de l’Europe actuelle ?
- la révolution industrielle dont les conséquences se font sentir
- les aspirations nationalistes se confondent avec les aspirations démocratiques
- la colonisation connaît alors un développement considérable

C’est ainsi que l’on a fait l’Europe après cette apogée par peur du déclin de la civilisation européenne.

(étude du texte de Jean Renoir, cinéaste (1894-1979), au début de la biographie de son père Auguste Renoir, peintre (1841-1919).)
Ce texte, malgré quelques tournures caricaturales, met en avant les réalités de cette époque, il met en avant la métallurgie, le textile et le charbon, il caricature le monde paysan qui serait resté tel quel depuis l’époque antique, il décrit que Paris était déjà hypertrophié et que l’on était encore alors qu’à l’installation des fontaines dans les villages et du télégraphe. L’on ne connaissait alors pas les microbes et l’anesthésie, et les passeports n’existaient pas.
En réalité, ce texte dévoile le sentiment qu’on chacun des contemporains de cette époque où les changements s’accélèrent et peuvent marquer profondément (histoire de la mine dans le Nord-Pas-de-Calais).

C’est en effet un sentiment du temps et de l’espace différent, d’une période stable l’on passe à une période d’instabilité sur le plan politique par exemple, avec l’association des masses avec leur destin. C’est un temps en mouvement vers un quelque chose, une idée de marche vers le progrès et pour les conservateurs il s’agit d’une volonté illusoire de revenir en arrière ou, au mieux, d’arrêter ce processus.

De même l’espace colonial témoigne d’une dilatation des frontières, l’Empire Britannique était 140 fois plus étendu que la Grande Bretagne, l’Empire Belge 80 fois que le Belgique, l’Empire Néerlandais 60 fois que les Pays Bas et l’Empire Français 20 fois plus vaste que la France.

A l’aube de la Première Guerre Mondiale, la Triple Entente comprend plus de la moitié des terres émergées et le tiers des habitants de la planète.


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