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L1 S2 UE 2 Histoire Moderne

Chapitre 7 : Provinces-Unies

Posté le 05.05.2008 par courslille3
Chapitre 7 : Provinces-Unies

I) les Caractéristiques culturelles

Pendant très longtemps l’on disait qu’il existait une originalité culturelle néerlandaise en raison de l’importance de la bourgeoisie et de la culture calviniste, mais aujourd’hui l’on considère qu’il faut nuancer ceci, le calvinisme néerlandais étant plongé dans un climat de tolérance (il y avait des catholiques et des juifs) contrairement à Genève. Mais il s’agit surtout d’un calvinisme qui accepte une certaine nuance en accordant une influence de l’Homme, en raison d’une influence d’Erasme qui atténue les rigueurs calvinistes.

La culture néerlandaise est plutôt caractérisée par l’existence d’une culture nationale avec la présence d’une fierté patriotique reposant sur la « lutte de 80 ans » en faveur de l’indépendance. Cette fierté va être entouré par des épisodes de l’antiquité, comme la lutte des bataves contre Rome, ou encore l’image du déluge (symbole d’une lutte contre la mer).

La première caractéristique est une morale typiquement néerlandaise se fondant sur le goût de l’effort, le travail est ici un élément noble mais les revenus ne doivent pas conduire à l’avilissement, certes est reconnu le droit au confort, mais sans ostentation.
Il existe également une obsession de la salubrité, il faut être propre, les villes néerlandaises sont ainsi parmi les rares villes européennes qui n’empestent pas.
Le mariage est magnifié, et il existe un respect absolu du contrat de mariage, s’il y a un rejet du rigorisme religieux et que faire la fête est autorisé, il y a un refus du libertinage.
Un autre élément important est la liberté, la liberté d’opinion ou encore l’absence de censure. Mais il existe des limites, il n’y a qu’un seul culte pouvant être public, le calvinisme, toutes les autres religions se doivent de n’être pratiquée qu’en privé.

La société n’accepte pas ce qui est immoral, d’où l’existence des Buurten : l’organisation du voisinage afin de surveiller le comportement des habitants. L’on doit être vu et l’on doit pouvoir voir, c’est pourquoi il n’existe pas de rideaux aux fenêtres. Toute dérive est immédiatement révélée. L’on est d’autant plus surveillé lorsque l’on est nouveau venu.

La prostitution est tolérée à condition que cela soit discret, le racolage est donc interdit, mais la justice est sans pitié face au libertinage.
La société est très dure vis-à-vis de la pauvreté, car il s’agit ici d’un signe de fainéantise, ceux-ci ne travaillant pas ils n’ont pas leur place dans la société et il faut les enfermer.

II) Enseignements, Littérature et techniques

Le niveau d’alphabétisation est supérieur à celui des autres pays, en raison de la très forte organisation et la concentration de l’espace facilitant la transmission des connaissances. L’importance des activités marchandes contraint à la connaissance des lettres et la politique des Etats Généraux favorise l’enseignement, tout comme le clergé.
L’enseignement primaire est gratuit, il porte sur deux fondements : la lecture et le catéchisme. Le niveau supérieur est payant, mais permet d’apprendre le calcul, il s’agit des Ecoles Latines. Il existe également des Universités dans les Provinces-Unies, dont la plus prestigieuse est celle de Layde.

La littérature d’emblèmes, spécifique aux P-U se développe, ces ouvrages sont illustrés et possèdent une légende versifiée. Il peut s’agir de tragédies, mais aussi d’une littérature scientifique, notamment la discipline historique dont Peter Hooft réalisera la monumentale Histoire des Pays Bas en 27 volumes. Si la littérature légale permet de faire la fortune des éditeurs malgré des prix adaptés au public, les éditeurs néerlandais s’enrichissent en publiant des œuvres censurées à l’étranger.

Un autre élément original de la culture néerlandaise est sa culture technique, notamment avec une spécialisation vis-à-vis des techniques hydrauliques ou encore de la construction navale.
Les néerlandais seront les premiers à savoir lutter face aux incendies, mais aussi à les prévenir avec un réseau d’éclairage permanent où le verre permet d’empêcher le feu de se répandre.
Les néerlandais sont par ailleurs doués dans la maîtrise du verre, ils améliorent télescopes et microscopes et inventent les premières lunettes, cela n’est pas entraîné l’établissement de nombreuses théories sur les lumières qui seront assimilées par les peintres.
C’est ainsi que Huygens, mathématicien, astronome (il découvre les anneaux de saturne) et physicien établira la théorie ondulatoire de la lumière.

III) Le triomphe de la peinture néerlandaise

Quantitativement comme qualitativement, la peinture néerlandaise domine l’Europe en raison de la précocité d’un marché de l’art indépendant de pouvoirs monarchiques ou religieux. Les maisons bourgeoises sont ainsi couvertes de tableaux, même chez les milieux modestes il peut y en avoir jusqu’à une dizaine, les prix sont en effet bas en raison d’une certaine forme de travail à la chaîne, il existe en effet des peintres ayant signé jusqu’à 10 000 portraits et certains ne font par ailleurs qu’un seul genre de tableau (toujours des paysages hivernaux par exemple).

Les néerlandais font également des représentations de la vie quotidienne, ce qui n’est pas sans choquer les marchands d’arts européens. Il peut s’agir ainsi d’une servante nettoyant un chaudron, dans lequel se reflète la peinture, il s’agit là d’une allégorie à la propreté mais également à la pureté de l’âme.

S’il existe une influence de l’Italie, il y a une nette distanciation à l’égard du Baroque même s’il n’est pas méconnu. L’Angleterre, les pays nordiques et germaniques commanderont de nombreux tableaux néerlandais car ils en sont impressionnés, les pays méditerranéens au contraire trouvent ceux-ci froids.

La peinture néerlandaise s’attelle notamment aux Paysage, aux représentations d’animaux dans leur rêverie, aux tableaux de marines ou de bataille navale (patriotisme), ou encore les paysages dit italianisant en raison de la présence de ruines ou de créatures mythologiques.
Encore, des natures mortes, des collations (tableaux allégorique représentant un fromage ou un hareng comme symbole de l’austérité), des scènes de divertissement populaire, ou encore des portraits de groupe, tel que la mise en scène des associations, ces grands tableaux servant à décorer les locaux des dites associations.
Enfin, pouvait également être représenté des villes ou l’intérieur des églises.


Rembrandt à la Haye, en 1666, est l’incernation du génie néerlandais avec ses œuvres emblématique, comme la leçon d’anatomie du docteur Tulp (1632), la compagnie de Frans Banning Cocq et Willem van Ruytenburch (1642), dit la ronde de nuit, ou encore la fiancée juive (1664). Il forme de nombreux élèves, mais ceux-ci ne connaîtront pas sa renommée, ils seront en effet ruinés par l’invasion française contraignant les peintres néerlandais à effectuer des œuvres plus communes afin de vendre leurs œuvres en Europe, en effet la chute des arts néerlandais coïncide avec celle de l’économie néerlandaise.



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Chapitre 6 : Angleterre

Posté le 05.05.2008 par courslille3
Chapitre 6 : Angleterre

I) Vie Religieuse

Après la Glorieuse Révolution (1688-1689), l’Eglise Anglicane a beaucoup perdu de son autorité morale et spirituelle sur le royaume, pourtant acquis avec force au début du siècle, lorsque le compromis entre aspirations protestantes et subsides catholiques permettaient de tenir en lisière les puritains et les papistes (au début du siècle les catholiques se sont discrédités en raisons de multiples complots fomentés comme la Conspiration des Poudres (Gunpowder Plot) en 1605).
Sous l’influence du puritanisme, au cours des guerres civiles, résulta la dénaturation de l’anglicanisme avec la fin de la hiérarchie bâtie par l’Archevêque Laud. Les tribunaux religieux seront supprimés, les Prayer Book finiront par disparaître, des églises seront transformées en prison, en caserne, voir en galerie marchande.
Les puritains auront donc réussi et organisé le chaos (dans le sens biblique). Cependant les puritains au pouvoir vont se faire déborder par une multitude de sectes bien plus radicales, et leur presbytérianisme se fera doubler par les baptistes et les quakers qui critiquèrent le conformisme calviniste du pouvoir.

Avec la restauration, on cherche à retrouver ses marques et l’Anglicanisme est rétabli, mais il a perdu de sa capacité à assurer l’unité religieuse du royaume, la monarchie sera donc contraint de reconnaître la pluralité religieuse, comme cela sera le cas avec les « dissidens » modérés en 1662 qui seront reconnus dans le Toleration Act.

A l’origine, puissants comme modestes considéraient que l’ordre était nécessaire, le monde ne pouvant avoir été créer que par Dieu et la Providence intervenant dans l’histoire des hommes, le libre arbitre n’existant pas selon eux. Charles Ier et Jacques Ier incarneront l’ordre, Cromwell, Shakespeare, le poète Donne, ou encore Milton proclament d’une même façon le rôle du « guide » majeur : Dieu.

Néanmoins, avec l’interrègne, tout change, pour la première fois l’on a osé coupé la tête d’un roi, ce qui provoque un scandale chez les monarchistes mais change également leur vision du monde, changement de vision qui existe également chez les puritains lorsque la restauration remettra en cause leur vision du monde. Milton écrira le « Paradise Lost », ouvrage pessimiste déclarant que l’Homme a été abandonné par Dieu et qui connaît un grand retentissement, Newton incarne également la rupture, mais c’est John Locke qui trouvera une « solution », selon lui on ne peut plus mêler politique et religion, l’on serait dans une période de « christianisme des mystères », Dieu veillerait à édicter les morales mais il ne pèserait plus sur l’action des Hommes, les dictatures religieuses doivent être abandonnées (l’Etat doit renoncer à incarner une mission spirituelle) et chaque secte doit être tolérée tant qu’elle accepte la mission temporelle de l’Etat.

II) Vie intellectuelle

Cette diminution du religieux va se répercuter dans la littérature et dans les sciences, comme sur le continent le théâtre va perdre sa vulgarité et sera policé.
Peintres, poètes et musiciens mettront en œuvre ce que l’on appelle le Masque, il s’agit d’un divertissement rappelant les valeurs de la civilisation classique tout en y ajoutant des allusions sur le christianisme modernisé. Les acteurs vont chercher les spectateurs afin de les faire participer aux pièces. Le dramaturge Ben Johnson et le grand organisateur des fêtes royales Inigo Jones (architecte s’inspirant de l’Italie également) sont en rapport avec ce courant.
Mais le Masque va s’effacer derrière l’opéra dans le dernier tiers du siècle. Les poètes quant à eux renoueront finalement avec l’optimisme comme Dryden, Pope et Butler.

En architecture, se sont surtout les maisons des nobles qui vont évoluer, tel que le Manoir. Auparavant celui-ci s’organisait autour d’une pièce, la high table, une salle de vie commune où propriétaires, gens de maison et visiteurs demeuraient, il y a également une valeur religieuse car il existe un parallèle avec la table du Christ.
Au XVIIème siècle, cette pièce centrale sera abandonnée, l’on crée des pièces pour pouvoir se retirer, on relaye les domestiques en des endroits plus reculés (parfois les greniers), les manoirs se complexifient. Les manoirs s’entoureront de jardins, eux-mêmes entourés par une clôture, ou un mur afin de préserver l’intimité.

L’architecture religieuse est peu productive, à l’exception de Londres (du fait du « Great Fire » de 1666) peu d’églises sont construit. Christopher Wren, mathématicien, professeur d’Astronomie puis, par la volonté des puissants, architecte, fera bâtir une cinquantaine d’églises, dont la Cathédrale de Saint-Paul, il y applique une rigueur mathématique, un rationalisme froid, avec un décor austère, il abandonne la tradition anglaise de décorer les églises par du bois sombre au profit du noir. La « mode » des gisants (statues des défunts présentes dans les églises) n’est plus.

Vers 1650, les scientifiques effectuent la « Grande Rénovation », ils coupent les ponts avec la tradition. Selon Francis Bacon (1561-1626), la science serait capable de bâtir le « meilleur des mondes », elle permettrait de domestiquer la nature, soigner les maladies, échapper à la famine. Il s’agit d’un feu de paille pendant quelques décennies, où l’on sera réaliste et corrigera cette vision. Cela engendre l’installation progressive du cartésianisme, l’on commence par classer les végétaux, les éléments. William Harvey va découvrir la circulation du sang. Isaac Newton (1643-1727), issu de milieu modeste, fera ses études à Cambridge, il devient bachelier en 1665 et sera influencé par Isaac Barrow. En développant un télescope original, il découvrira la gravité, portant ainsi un coup fatal à l’explication religieuse de l’origine du monde et aux croyances, les persécutions vis-à-vis des « sorcières » cesseront donc.

Le choc newtonien va toucher également la politique qui va se séculariser. Thomas Hobbes écrit ainsi en 1651 le Léviathan, il accepte ainsi de mettre en œuvre les idées de machiavel en contrecarrant les thèses absolutistes en invoquant un contrat social. Le traité de gouvernement de John Locke va dans le même sens, il indique qu’il faut se montrer pragmatique et ne pas se laisser guider par une idéologie, il faut croire en l’Homme, de manière individualiste.

Chapitre 5 : « Les ouvrages de l’esprit »

Posté le 02.05.2008 par courslille3
Chapitre 5 : « Les ouvrages de l’esprit »

I) La Réforme Catholique et l’art du XVIIème siècle

A) les Conditions d’élaboration de la production artistique au XVIIème siècle

Les églises et les couvents sont désormais inspirés de la nouvelle architecture qui se met en place en Italie, dans laquelle la lumière prend une place prépondérante, les nefs sont modifiées pour être percées par davantage d’ouverture. Selon le Concile de Trente, le fidèle, quelque soit sa place, doit voir l’office, être capable de lire son livre de prière et le desservant doit toujours être visible.
Afin de mettre en valeur l’autel et le tabernacle (qui abrite les hosties), on construit derrière des retables (immenses pièces de bois).

Les plus grands artistes recevront des financements, Simon Vouët par exemple recevra des commandes de la part d’institutions religieuses, mais également de la part de privés selon les dispositions de leurs testaments, ces financements pouvaient aller jusqu’à plusieurs milliers de livre.

Selon le Concile de Trente les images sont licites, c’est pourquoi l’on observe chez les peintres le développement d’un courant spécifiquement religieux. Ces peintures deviennent tellement courantes que leur prix baisse, auparavant les moins chers coûtaient 120 livres, désormais il est de 10 livres pour une peinture de petit format et est donc accessible même aux milieux populaires.
De plus les gravures ne coûtaient que quelques sols. Malgré cette baisse des prix, les artistes vivaient bien de leur art.

Le religieux est le premier genre en peinture, il est suivit par le portrait en deuxième position, l’histoire profane en troisième position, et enfin les paysages et la nature morte.

B) La signification des peintures

Les artistes mettent principalement en valeur les visages, afin que leur expression soit particulièrement visible.
On note quatre grands groupes picturaux, quatre grands thèmes au XVIIème siècle :
- la Vierge Marie, seule, avec Jésus enfant, la Sainte Famille, ou encore représentée pendant des évènements comme la fuite en Egypte, il s’agit du culte marial.
- L’eucharistie, la communion
- La passion du Christ
- La reproduction des Saints locaux, du Saint Patron de l’Eglise locale

Ces thèmes toucheront les peintres les plus modestes jusqu’aux plus grands, ainsi George de la Tour, ayant une production limité (environ 80 tableaux, dont 30 religieux) mais très élaborée a peint 9 Marie-Madelaine (symbole de la pénitence), 7 Saint-Pierre (il a renié le Christ, avant de faire pénitence et de bâtir l’Eglise), 5 Saint-Jérôme (traducteur de la Bible en latin et rédacteur de la vulgate qui fut reconnue comme « authentique » lors du Concile de Trente, il s’agit de mettre en valeur les écritures sacrées selon les interprétations catholiques en opposition avec le Protestantisme.) ou encore Saint-Joseph (considéré comme l’intercesseur parfait).

Au-delà de la représentation, il s’agit donc d’une volonté de faire passer un message. C’est à cette époque que se développe la technique de l’Allégorie, faire représenter une idée par une idéologie personnifiée, le plus souvent en choisissant une femme. Les peintres insistent sur le visage afin que les expressions soient parfaitement visibles.
La charité est ainsi une femme qui allaite un enfant, accompagnée de deux autres enfants jouant de la musique à ses cotés. Memento Moro, la mort, revient souvent également, un crâne placé dans une nature morte censé représenter la vanité matérielle et rappeler que la vie est courte.

Les frères Le Nain (nés à Laon, ils vécurent à Paris à partir de 1630) ont poussé au maximum l’allégorie, ainsi, dans le repas des paysans, il faut y lire le sacrifice de l’eucharistie.

C) Un cours rappel du Baroque et du Classicisme

Le Baroque est issu de l’Italie, il vente les mérites artistiques de la courbe, mais s’il y a beaucoup d’ellipse et d’ovales, le cercle est moins présent. Le baroque est influencé par l’art jésuite qui prônait l’existence d’un dôme surmontant l’édifice afin d’y faire entrer davantage de lumière. On privilégie l’exubérance.
Il s’agit d’une arme contre le protestantisme, c’est pourquoi l’on favorise un art ostentatoire à l’opposé du protestantisme. La musique doit être parfaite au sein des édifices, on étudie l’acoustique des lieux et on crée une musique religieuse adaptée suscitant l’émotion, que Calvin et les Jansénistes n’aimeront pas, d’où le proverbe « la musique adoucit les mœurs ».
Les grands compositeurs sont Marc Antoine Charpentier et Michel-Richard de Lalande.

Le Classicisme est issu de la préférence française pour la ligne droite, les croisements de ligne, on y abuse d’angles droits, c’est ici la symétrie parfaite.
Le décor classique est anti-baroque, d’une extrême sobriété, où très peu de personnages sont représentés, ceux-ci sont par ailleurs statiques afin de donner une posture calme et sereine.
Pour dissimuler les traits le classicisme utilise des effets de fondu.
En 1648, le classicisme sera encadré par des codes avec la création de l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture par Mazarin, elle a pour mission de mettre en valeur une expression artistique originale propre à la France.

En dépit du contrôle des artistes, ceux-ci iront tout de même à Rome, car l’art antique rappelle le classicisme et afin de tirer des enseignements de la renaissance. Mais ensuite ils ne s’y déplaceront plus tout en continuant d’imiter Rome.
Le classicisme est principalement présent dans le nord du royaume, au sud il devra contrebalancer avec les influences méditerranéennes (italienne et espagnole).

II) la Médiatisation du Monarque

A) Développement du mécénat d’Etat

Elle repose sur des traités théoriques au profit d’un monarque jeune. Bossuet va recevoir ainsi de Louis XIV la commande de l’éducation du Dauphin, il dresse les contours d’une idéologie royale dans La Politique tirée des propres paroles de l’Ecriture Sainte. Il insiste sur le fait qu’avant d’utiliser de nouvelles méthodes, il faut employer celles ayant déjà marché par le passé. Il insiste donc sur la cérémonie du sacre, sur la thaumaturgie, sur le cérémonial de la vie du roi : le roi vit en public. Il insiste de même sur les manières dont le roi doit se présenter lors d’un lit de justice, ou encore lors des entrées solennelles dans une ville.

Louis XIV poussera cela encore plus loin, il met en avant la cours, en la codifiant, de même quant à la place du souverain vis-à-vis de l’armée. Il commence à prendre des distances avec la communication directe avec le peuple, il créera des cérémonies religieuses, les Te Deum, pour compenser cela dans une véritable politique de communication.

B) Début d’une propagande royale

Jean-Baptiste Colbert, dès 1661, prendra conscience de cet aspect et fera appel aux meilleurs plumes du temps en se tournant vers l’Académie Française, à qui il demandera de dresser « un plan de propagande du monarque ». Selon celle-ci il faut mobiliser toutes les capacités artistiques, qu’il s’agisse des lettres, des médailles, de la tapisserie ou de la gravure.
Colbert va donner une structure administrative à ce mécénat d’état à qui un véritable budget sera confié.

Cela passe par la création de nouvelles académies, l’Académie Royale de Musique, qui sera confié à Lully ou encore l’Académie Royale de Peinture et d’Architecture, confiée à Charles Lebrun. Le Roi, rien que le Roi, tout pour le Roi.

Ces académies créeront toute une série de canon, le premier est la référence à l’antique, le voyage à Rome sera désormais obligatoire et sera facilité par l’installation à Rome de l’Académie de France depuis 1668. Deuxième canon, l’utilisation de la tapisserie, pour les palais royaux d’une part, mais également afin d’offrir aux ambassadeurs étrangers, cela passe par la création de la Manufacture des Gobelins.

Il faut désormais donner une identité architecturale afin d’y voir le Roy de France. Cela ne sera pas facile, Colbert le verra avec le Louvre dont l’architecture n’est pas moderne. Il fera ainsi appel à un concours des plus grands architectes en vu d’améliorer le Louvre, les plus célèbres artistes y participeront, dont l’italien Le Bernin. Mais celui-ci sera refusé par Colbert qui y verra un style trop baroque. Il fera donc appel à Claude Perrault, afin d’améliorer l’architecture du Louvre uniquement selon des canons classique. Marqué par cette expérience, Colbert va sommer les architectes d’adopter les canons français et non italiens. C’est l’architecte Le Vaux qui bâtira les canons français et recevra la mission de les appliquer au pavillon de chasse de Versailles, ceux-ci doivent être présents aux jardins, dans l’architecture extérieure et à l’intérieur. Ces canons doivent donner une impression de majesté et de puissance, cela passe par la construction d’Arc de Triomphes avec des devises à leur sommet.

C) Le phénomène de cours

Les Grands du Royaume vont comprendre l’intérêt d’être toujours aux cotés du monarque, ils intégreront la cour et la fera évoluer.

La première évolution sous Louis XIV est que celui-ci prendra l’habitude de fixer la cour, qui avait auparavant l’habitude d’être itinérante jusqu’en 1670 environ, entre Paris et Versailles, cette dernière étant privilégiée, même si elle n’était point achevée.

Un système d’allégorie se met en place, ainsi une statue d’Apollon représente le Roi Soleil, de même, en 1664, lors de festivités, la danse de « les plaisirs de l’île enchantée » autour d’un seul danseur, le soleil, qui symbolise également Louis XIV, qui était par ailleurs lui-même un danseur émérite, et ce jusqu’à 32 ans.
Versailles devient le réceptacle de la pensée de l’époque, par la présence de Bossuet, mais aussi des plaisirs profanes avec Lully, Molière, Racine.
En 1668, Le Vau entreprend la construction de l’Enveloppe qui encercle le premier château.

Louis XIV met au pas l’aristocratie par le cérémonial de l’étiquette, d’inspiration espagnole, mais qui en sera beaucoup impressionnante, elle sera étudiée par les contemporains, comme Saint-Simon. Afin de réussir à Versailles, il faut disposer des « codes de civilité » qu’il faut connaître à la virgule prêt, la moindre erreur peut être fatale et certains même se suicideront.
Cette montée en puissance, entre 1668 et 1682 sera lente. A la mort de Le Vau, le nouvel architecte est Jules Hardouin-Mansart. Tout désormais sera contrôlé à Versailles, du levé au couché du roi. Le dixième de la noblesse française dépend ainsi de la bonne volonté du roi.

C’est sous l’impulsion de Louis XIV, à Versailles, qu’évolue la cour, dont le budget représente 1 à 2% du budget de l’état, le modèle français sera imité par les autres cour européennes.

D) Les autres moyens

Les collaborateurs de Louis XIV, comme Colbert vont doter la France d’institutions nouvelles visant à promouvoir l’image du roi, Colbert prendra ainsi le contrôle des périodiques, comme la Gazette de France (le plus ancien) ou le Mercure Galant qui devront ainsi faire place aux plus menus faits et gestes du roi.
En 1663 Colbert met en place la Petite Académie qui a pour fonction de rédiger les textes qui doivent accompagner les productions (médaille, art, etc…). C’est ainsi que de 1638 à 40 circuleront les médailles « Algera Fulminata » où Louis XIV représenté en Jupiter utilise sa foudre (sa flotte) contre Alger qu’il bombarde. Il y aura plus de 400 gravures différentes.

Un nouvel effort sera entrepris à destination des milieux savant, mais il y en a peu en France, si ce n’est Descartes, qui sera promu en tant que mathématicien, et non philosophe. Les travaux de Galilée seront utilisée, à travers Mersenne pour promouvoir le roi, de même pour Copernic qui promeut l’héliocentrisme (le Roi le soutien donc malgré l’opposition du clergé), Kepler, Tycho Brahe qui a identifié les cratères de la Lune, ou encore Harvey ayant découvert la circulation sanguine.

La cause du retard français s’explique par le fait que les Universités françaises se basent sur les écrits d’Aristote, et que l’Eglise contrôle encore l’enseignement, dès 1663 la Sorbonne condamne ainsi les écrits de Galilée. Colbert va donc financer, avec le budget royal, en 1665, le journal des Scavans. En 1666 est créée l’Académie Royale des Sciences où les débats sont autorisés en son sein en raison de la protection accordée par le Roi.
En 1667 est créé l’Observatoire de Paris, sa direction est confiée à l’un des membres d’une famille italienne bien connue en Europe, les Cassini, la naturalisation, effective en 1673 sera néanmoins obligatoire pour accéder a ce poste, afin de promouvoir la France.




III) L’évolution socioculturelle française au XVIIème siècle

A) Une culture orale, une culture savante et une culture de civilité

C’est encore une époque où la transmission du savoir se fait fortement à l’oral, notamment pour les chansons et les contes, mais l’on observe également un fait neuf, c’est qu’à cette voie s’ajoute des vecteurs nouveaux utilisant la transmission écrite que l’on nommera culture savante.

Il y a par ailleurs une évolution, au début l’on n’écrit que pour les initiés, ceux qui connaissent un tant soit peu le sujet et qui sont capable de comprendre, cependant, on voit apparaître petit à petit, une forme d’ouvrages de vulgarisation, destinée à la bourgeoisie.

Vers 1680 se développe une littérature bon marchée (car les livres n’ont pas de couverture), ceux qui les produisent choisissent spécifiquement certains ouvrages qui peuvent attirer les foules, c’est ainsi que l’on se permettre quelques allusions gaillardes implicites et c’est à cette période que les écrits de Rabelais se développent.
Un autre domaine populaire est les comtes de fées, dont le plus grand auteur est alors Charles Perrault qui doit son succès grâce à un fond de connaissance de contes et légendes datant du Moyen Age qu’il rebâtira en y ajoutant des éléments nouveaux. On y décèle une misogynie caractéristique de l’époque aux travers des traits de la mauvaise reine ou de la mauvaise fée.
Il doit son succès également aux renversements sociaux qui ont lieux, comme une servante qui devient princesse, mais également car ils se terminent bien, ce qui a pour message qu’il faut être optimiste.

Au niveau de la musique profane, l’on veille désormais à la qualité des chansons et l’on va bâtir des musiques spécifiques aux évènements, une musique pour le carnaval, pour l’arrivée du printemps, au baptême, etc …
Aux instruments courants s’ajoutent flûtes et cornemuses qui, si ils étaient tout d’abord destinés aux milieux populaires, se feront vite approprié par l’élite qui va s’en inspirer, avec le luth, ou encore le clavecin qui connaît alors son essor.

Contrairement aux pays méditerranéens, en France les femmes peuvent sortir seules et parler aux hommes, il faut donc ainsi éduquer ceux-ci pour qu’ils puissent parler convenablement aux femmes, d’où l’établissement de la galanterie, de la conversation et d’un certain modèle de l’homme cultivé.

Madeleine de Scudéry fera ainsi évolué la conversation vers la préciosité. Il s’agit de la « police » (dans le sens de manière) des mœurs, il s’agit d’épurer la langue française, de la dégasconiser en abandonnant les attitudes de la cour d’Henri IV (comme le fait de rouler les r), il faut désormais parler comme à Paris et savoir utiliser de nouveaux mots.

Des dictionnaires commenceront à paraître, comme en 1680 celui de Richelet, en 1690 celui de Furetière (40 000 mots), en 1694 l’Académie Française en fera paraître un également, et enfin en 1704 paraîtra le Dictionnaire Universel de Prévoux (Jésuite).

Désormais le vulgaire au théâtre n’est plus accepté, comme c’est le cas des querelles entraînées par le Cid. On discrédite les provinciaux et l’écart se creuse entre l’élite et le peuple.

B) l’Education au XVIIème siècle

Grâce à l’initiative prise Maggiolo qui ira recueillir les signatures des actes de mariage pour relever le nombre d’illettrés, nous savons que 29% de la population masculine et 14% de la population féminine sont alphabétisés, soit un total de 21% des français. Au nord d’une ligne imaginaire allant de Saint-Malo à Genève, l’on monte à 30 à 40% des français et 20% des française, alors que dans le Midi, 20% des méridionaux et moins de 10% des méridionales le sont.
Cette alphabétisation résulte de l’action des Eglises, dans dès les années 1670 les catholiques ouvrent des écoles en province, et au sein de la population protestante l’on lisait la Bible jusqu’à l’interdiction d’une telle pratique.
Les difficultés rencontrées sont liées aux langues locales, le Français étant plus facile d’accès aux personnes parlant une langue d’oïl qu’aux bretons.
Mais l’alphabétisation n’est qu’une face de la scolarisation, Richelieu comme Colbert ne veulent pas aller au-delà des bases et s’opposent donc à l’Eglise qui veut répandre les enseignements.

Jean Baptiste de La Salle va mettre sur pied des écoles charitables, puis instaura les Frères des Ecoles Chrétiennes. Dans toutes les régions le même programme serait étudié, rédigé en français, et non plus en latin, par de La Salle. Il est le premier à fixer des horaires fixes pour l’école, ainsi que le premier à établir un système de récompense et de punition, où les coups et les injures à l’encontre des élèves sont interdits.

Les collèges vont connaître une explosion, les jésuites en avaient une centaine en 1640 ce qui est considérable. Ils accueillent des fils d’officiers, de marchands, de grands agriculteurs, ou encore d’autres privilégies.
Les études se faisaient en 7 années, divisées en deux cycles, le trivium (trois matières) et le quadrivium (quatre matières). Une large place est accordée aux dévotions (prières avant les cours, messe journalièrement), la Géographie, l’Histoire et les Sciences sont enseignées.
60 000 garçons étaient formés aux collèges avec un niveau leur permettant d’accéder à l’Université.

Les Académies, quant à elles, étaient réservées à l’aristocratie, on y enseignait la maîtrise des sciences militaires, comme l’escrime, l’équitation ou la poliorcétique (art de mener un siège en offense comme en défense), ainsi que la musique et la danse.

Suite à une réforme en 1679, la licence fut élevée à trois ans avec une obligation d’assiduité.

Il s’agissait principalement d’hommes, car les femmes devaient, selon les contemporains, prendre part à la maîtrise de la maison, même si les ursulines apprenait à écrire, coudre, broder, chanter, jouer un instrument (plus tardivement), ainsi qu’un enseignement religieux.

Françoise d’Aubigné, Madame de Maintenon est à l’origine de la création de St Cyr, pour les filles de la noblesse pauvre, elles y entrent à 7 ans et en sortent à 20 ans en bonnes chrétiennes, maîtresses de maisons, bonnes musiciennes et danseuses.
D’autres s’étaient construits leur bagage culturel au contraire grâce aux salons, comme la Marquise de Sévigné et Mme La Fayette.

Les Imprimeurs, quant à eux vont vivre un XVIIème siècle difficile jusqu’en 1650, avant que la situation ne s’améliore quelque peu. Ils ont pu toucher un public plus large en faisant paraître désormais des écrits en français et des livres à bon marché, qui sont vendu par des colporteurs en province, avec notamment les demi lettrés constitués par la petite noblesse, les bourgeois et les gros laboureurs cultivés.

Ils impriment sur feuilles volantes beaucoup de textes religieux, politiques, satiriques et misogynes, des placards/canards qui racontent des faits extraordinaires, surnaturels, des récits d’ensorcellement ou encore les récits de crimes horribles, des almanachs, surtout en campagne par le biais des colporteurs, car associé en général avec un calendrier (notamment agricole) et à des prédictions astrologiques, des ouvrages à bond marché, comme la bibliothèque bleue de Troyes, il s’agit principalement de romans de chevaleries, sur la vie des saints ou encore des tragédies, enfin, des livres de civilité, de cuisine, de recettes médicales ou encore d’astrologie.

C) l’Emergence de l’Esprit critique

Théorisé par Descartes et son doute méthodique, l’esprit critique privilégie la raison et cherche à l’appliquer à chaque évènement. Tous les enseignements reposaient alors sur des livres qu’on ne remettait pas en cause, comme les écrits d’Aristote notamment.

René Descartes rédige en 1637 le discours de la méthode : tout sujet pensant peut vérifier la validité d’une idée en la soumettant à la critique, c’est la base d’une méthodologie de recherche de la vérité. Il a tenté de concilier la foi chrétienne telle qu’elle est enseignée avec les sciences nouvelles, ce qui va séduire les oratoriens qui, dès 1640, enseigneront les idées cartésiennes. Mais les Jésuites et les Universités n’y sont pas favorables et les Jésuites feront appel au Pape qui, en 1663, met à l’index l’ouvrage de Descartes, entraînant en 1669 la condamnation de l’ouvrage par la Sorbonne, puis en 1670 l’interdiction de sa simple évocation au sein d’une Université.
En 1663, Blaise Pascal finira par suivre le chemin de Descartes, tout doit être testé par des expériences selon lui, il influera beaucoup Newton.

A coté, au XVIIème siècle va se développer le rationalisme chrétien, les jansénistes seront porteurs de cette démarche, certain s’attaqueront au mysticisme comme Nicolas Malebranche qui ira plus loin en établissant un lien entre la foi chrétienne et la raison, en enlevant les principes mystiques. En 1687 la papauté finira par condamner le mysticisme est les travaux de Molina en prônant la méfiance envers ces pratiques.
En France c’est Bossuet qui s’attaquera au mysticisme, Mme Guyon qui prônait le quiétisme (pratique mystique ayant influencé St Cyr et Fenelon) sera embastillée et le quiétisme condamné dans le Royaume.
L’infériorité féminine sera remise en cause, et des querelles éclateront entre Anciens et Modernes dans la littérature.

Le doute méthodique touchera les juristes qui prendront désormais leurs distances avec la sorcellerie, l’immersion de la sorcière sera ainsi interdit, en 1670 le droit français ne condamnera plus la sorcellerie, la pratique des bûchers sera totalement éteinte en 1680.

Au XVIIème s’impose une sensibilité nouvelle, avec un goût pour les arts avec de riches mécènes faisant des commandes privés, notamment dans l’art du portrait, une même évolution pour la musique qui d’une grande manifestation de la royauté devient quelque chose de privé et de discret avec la cantate et la sonate. Les mœurs évolueront notamment dans la vie de couple, notamment de la manière dont on considère les enfants ou encore les premières tentatives (condamnées par l’église) pour limiter la fertilité des couples.

Chapitre 4 : Questions Religieuses en France au XVIIe siècle

Posté le 21.03.2008 par courslille3
Chapitre 4 : Questions Religieuses en France au XVIIe siècle

La dimension religieuse est omniprésente en ce siècle car tout phénomène culturel est bercé dans la religion. On estime que les ouvrages religieux représentaient un tiers de la production des livres au début du siècle et plus de la moitié après la Contre Réforme. Le clergé est riche, grâce à la dîme, mais aussi aux héritages, et il a lié son sort à celui de la monarchie.
Les français étaient dans une démarche de ferveur au quotidien, chaque action étant vu au travers de la religion, cela résulte d’une démarche poussée de l’Eglise.

I) Superstitions et Sorcelleries
A) Superstitions vivaces
La société est chrétienne du fait du baptême systématique des nouveaux nés, mais elle n’est pas totalement baignée dans cette religion car il subsiste des croyances anciennes et des pratiques éloignées du christianisme. Les théologiens du XVIIème constatent que cela ne concerne pas uniquement les campagnes et le monde populaire.

Une superstition est une croyance considérée comme déviante ou, plus grave, comme une erreur et considérée comme tel par les autorités religieuses.

D’où le travail d’identification de ces pratiques pour mieux lutter contre celle-ci, par une pédagogie parfois violente et parfois par l’envoi de missionnaires. C’est l’acculturation par les dogmes, c’est-à-dire l’affirmation de la supériorité du christianisme en tout circonstance face aux subsistances païennes et à la magie.

C’est ainsi que l’on modifiera, voir supprimera les pèlerinages et les processions n’ayant pas de justification religieuse. Exemple : plonger dans des eaux sacrées, caresser des statues, allumer les feux de la Saint-Jean (survivance du solstice d’été), pratique des envoûtements, des mauvais sorts, ou encore le nouage d’aiguillette (mauvais sort lancé pendant un mariage en nouant une corde autour d’un bâton pour qu’il ne soit pas fertile).

B) La Sorcellerie réprimée
Le XVIIème siècle est le dernier siècle de répressions, mais il s’agit des plus sévères. On faisait appel aux guérisseurs car on croyait à la magie, mais la simple référence à la magie pouvait être considéré comme de la sorcellerie.

Il existait une sorcellerie « moins » grave : la magie noire, l’envoûtement notamment à l’aide d’une figurine en cire, d’un cheveu (ou d’une rognure d’ongle) et d’une aiguille. Il fallait alors faire appel à un désenvoûteur (magie blanche, de la « bonne » sorcellerie).

Il existait aussi une sorcellerie très grave, la croyance au Diable, le culte de Satan. L’Eglise a formé des démonologues pour identifier le rapport à Satan et afin de savoir s’il y avait culte maléfique. Le Malleus Maleficarum, de Sprenger et Institutaris, permet d’apprendre à repérer les marques sataniques repérées sur le corps.

On recherchait à trouver la pratique du Sabbat, les nuits nocturnes avec le Diable, qui signifie que l’on souhaite inverser l’ordre voulu par Dieu.

La Justice royale absorbera la sorcellerie comme cause de répression judiciaire à son tour dans la première moitié du XVIIème siècle avec l’intervention des magistrats, comme c’est le cas de Pierre de Lancre (1710-1712) qui usa de torture et conduisit au bûcher une centaine de personnes, notamment des femmes.

C’est en 1580 que la répression débute, et c’est dans la période 1630-1680 que la répression chutera.

La vague de répression se fait surtout dans les campagnes, car les juges sont des citadins et ils supposent que les ruraux sont ignares et réceptifs à la sorcellerie. 95% des personnes persécutées sont des femmes, surtout âgées de plus de 50 ans en raison de l’image de la sorcière laide. C’est un temps de forte misogynie, les « femelles » seraient plus faibles avec une « intelligence moindre, imbécile » (dans le sens de faiblesse physique) et d’une « sensualité insatiable ». C’est le fantasme des juges que de voir la relation partout la relation entre sorcière et Diable.

On observe que géographiquement, cette répression touche des zones périphériques du royaume, comme la Guyenne, la France Comté et le Cambraisis.

C) L’emblématique affaire des poisons en 1679
Au début l’on traque Mme Montvoisin (La Voisin) réputée dans la haute société comme fournisseuse de potions aphrodisiaques mais également de poisons. C’est tout d’abord une affaire de simple police mais après des interrogatoires brutaux sur elle et ses clients, on découvre des crimes horribles ainsi que des messes noires. Louis XIV crée une chambre spéciale qui agira jusqu’en 1682, avec 482 prévenus, dont 36 condamnations à mort. Des proches du roi sont impliqués comme Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, Marquise de Montespan, maîtresse du roi. Elle était soupçonnée d’avoir fait égorgé des nouveaux nés sur son corps dénudé afin de plaire au roi.

II) Les Minorités religieuses
A) Les Juifs.
Il existait une communauté importante à Avignon, où le Pape acceptait leur présence, ils étaient tolérés en France mais relégués dans des carrières d’où ils ne pouvaient sortir sans un chapeau jaune. Ils pouvaient se livrer cependant aux activités économiques, ce qu’ils firent notamment dans la Midi où se trouvait majoritairement la Communauté d’Avignon, la plus grande de France.

Des Communauté étrangères existaient également, notamment dans les ports Atlantiques, comme Bayonne, Bordeaux, Nantes et Rouen, notamment les Marranes, sépharades d’origine portugaise chassé de ce dernier pays par la politique ibérique de « pureté du sang », ils sont extrêmement cultivés et ont fait appel à ceux-ci comme médecins.

Il y avait également la Communauté Ashkénaze à Metz, suite à l’annexion des Trois évêchés, extrêmement réputés, en 1657 Louis XIV leur rendra même visite. A la fin du XVIIème cette communauté, surtout alsacienne deviendra la plus grande communauté juive suite aux diverses annexions à l’est.

B) La Religion Prétendument Réformée (RPR)
Il existe un million de protestant suite à l’Edit de Nantes, soit un vingtième de la population, mais cela ne cessera guère de chuter, il n’y a plus que 750 milles protestant quand Louis XIV arrive au pouvoir et moins de 700 milles lors de la révocation de l’Edit de Nantes.

Cela s’explique par la conversion des élites afin de regagner une place au sein de la société, par les lourdes pertes humaines au siège de la Rochelle, par l’édit de Grâce d’Alès en 1629 où les protestants perdent leurs privilèges politiques, militaires et territoriaux et enfin par la politique répressive de Louis XIV.

Il s’agit de 2 à 3% de la population, notamment dans le croissant réformé s’étendant du Poitou au Lac Léman, avec une forte cohésion d’où la guerre des camisards sous Louis XIV.

C) Les libertins
Si cela débute au XVIIème siècle, c’est surtout au XVIIIème siècle que les libertins prennent de l’importance, ils sont extrêmement isolés. Ceux-ci sont critiques à l’encontre de la religion et certains expriment un début d’athéisme. Afin de les dévaloriser, on considère qu’ils n’ont pas de bon raisonnement à cause de l’alcool et de leur sexualité, d’où le terme de libertins.

Ils commencent à défendre l’athéisme et la libre pensée au milieu du siècle, mais il s’en suit un cycle de répression et à la fin du siècle certains seront même conduits au bûcher, provoquant la chute de ce mouvement, il faut donc attendre la régence, au début du XVIIIème siècle pour qu’ils s’expriment de nouveau.

III) La Réforme Catholique à la française
La France c’est tout d’abord opposée à la publication des décrets du Concile de Trente sur son territoire en raison de la doctrine gallicane. Il faut donc attendre 1615 pour que les décrets du Concile de Trente soient considérées comme des doctrines acquises au sein de l’Eglise de France, grâce à l’action de Grands Prélats, comme Pierre de Bérulle qui, de part leur idéologie de dévot, développèrent des idées favorables au Pape et à l’Espagne.
Il faut noter également que le Catholicisme tridentin peut également être une forme d’opposition à la politique des ministres et de Richelieu.

A) La Réforme des Ordres réguliers
C’est un siècle de développement monastique dont les ordres les plus anciens, comme les franciscains, les dominicains et les carmélites, sont à la pointe, en effet les anciens ordres mendiants sont les premiers agents de la Réforme Catholique et ils influèrent les ordres nouveaux comme les Cordeliers, les Capucins et les Récollets. Les ordres anciens s’illustreront lors des épidémies et seront ainsi considérés comme des saints par leurs contemporains, les ordres nouveaux eux s’illustrèrent par des Missions dans les régions difficiles où le protestantisme était développé, comme dans le Poitou.
Les dominicains quant à eux sont également un vecteur de l’enseignement.

A partir de 1615, il y aura beaucoup de congrégations nouvelles qui se formeront, mais c’est sur l’ordre plus ancien des Jésuites qu’il faut porter son attention, chassé du royaume à la fin du XVIème siècle, ils seront en effet rappelé en 1603 sous l’impulsion de la Reine. S’ils ne sont alors moins d’une centaine, dès 1625 ils seront plus de 20 000.
Une cinquantaine de collèges seront construit par ceux-ci, ils deviendront des établissement de prestiges en raison de la pédagogie obligeante et novatrice (ex : les langues étrangères).

Le mysticisme est d’inspiration espagnole, le rapport à la prière est très exigeant et l’on note l’apparition de stigmates sanglants, mais également de l’extase. Le mysticisme n’est pas le propre du christianisme et on le retrouve en d’autres religions comme l’islam.
Les congrégations féminines sont les plus sensibles au mysticisme, le manuel de Thérèse d’Avila sera ainsi traduit en français en 1620.
L’influence de cette idéologie se ressentira sur les visitandines, les ursulines et les carmélites.

La France se couvre alors de bâtiments ecclésiastiques, alors que cela n’avait que fort peu évolué depuis le Moyen Age, en 60 ans, 25 établissements seront construits à Lille.

Le courant mystique ne sera pas sans conséquences sur les communautés, beaucoup de communautés féminines sont ainsi touchées par des dérives démoniaque. En 1609, Aix en Provence, 1613, Lille, 1643 l’Affaire de Louviers et en 1632-34 l’Affaire des possédées de Loudun.

Dans cette dernière, il s’agit d’une communauté ursuline récente avec de jeunes moniales (18 à 30 ans) qui sera très vite dénoncée et considérée possédée par le Démon. L’exorcisme sera tenté sans succès, un interrogatoire aura donc lieu et plusieurs ursulines désignent le prêtre de la communauté, Urbain Grandier, comme responsable.

Les autorités constateront que celui-ci s’intéresse de prêt à ses paroissiennes, l’Affaire remonte jusqu’à Richelieu qui fera condamné Urbain Grandier, il sera mis au bûcher en 1634.
Les convulsions des moniales se poursuivront néanmoins, devant un public de plus en plus nombreux qui se rendra là-bas pour y assister.

L’Archevêque de Bordeaux fera donc appel aux meilleurs médecins, ceux-ci déclareront finalement qu’il n’y a pas de possession démoniaque, mais qu’en réalité le fait d’être enfermées, dans un mysticisme contraignant, avait provoqué une névrose mentale.

B) La reprise en mains des séculiers et des fidèles
 Les Séculiers
Beaucoup de prêtres sont ignorants, ne connaissent pas le latin, les dogmes principaux, ne savent pas argumenter, vivent comme leurs paroissiens et donc ne se distinguent pas, c’est se que révèle les enquêtes de l’Eglise. La Réforme introduit donc l’instruction des séculiers, il faut « exalter l’état de la prêtrise », leur donner un état de culture qu’ils n’ont pas, la tâche est donc immense.

Pierre de Bérulle fera créer l’Oratoire de France en 1613 en se basant sur le modèle romain, peu à peu sera créé des oratoires provinciaux et la formation s’améliorera. La hausse du niveau intellectuel permettra également de développer de nouveaux collèges.

Il y aura un conflit entre les Oratoriens et les Jésuites, une compétition visant à être les meilleurs éducateurs de France, les prélats n’interviendront pas pour contrer cette "concurrence", jugeant qu’elle permettra ainsi de faire hausser le niveau culturel.

En 1628 Vincent de Paul, aumônier général des Galères, ordonnera de mettre en place une instruction encore plus exigeante pour les milieux pauvres. Mystique, il est à l’origine des Conférence de Saint-Lazare favorables à la formation des milieux populaires, entraînant ainsi en 1642, l’enseignement des enfants pauvres destinés à la prêtrise.
C’est également dans le but de hausser les connaissances des prêtres parisiens que Jean Jacques Oliers organisera un séminaire.

En se développant, la Contre-Réforme produira le modèle du bon prêtre qui réside au sein de sa paroisse, qui se distingue de ses paroissiens par sa tonsure, sa propreté, sa culture et par le port de la soutane.

La grande période de construction de séminaires est de 1640 à 1660.

 Les Fidèles
L’enseignement du clergé séculier permet désormais de se concentrer sur les fidèles à qui l’ont donnera des cadres qui deviendront des automatismes :
- la confession devient obligatoire au moins une fois par an
- il ne faut plus lire directement la Bible, afin d’éviter les lectures erronées, populaires, ou protestantes
- le serment dominicain prend désormais en importance

Une littérature d’oraison se développe dans la haute société notamment, elle promeut des pratiques exigeantes. François de Sales publie ainsi en 1609 l’Initiation à la vie dévote, il y a des chapitres pour hommes et d’autres pour femmes. Pour ces dernières il incite à aider les pauvres et à faire preuve d’œuvre de charité. D’où la création par Louise de Mariac de la Congrégation des filles de la Charité lorsqu’on s’apercevra que les femmes aisées répugnent le contact.
On réoriente les flux financiers vers ces mêmes œuvres de charité.

On observe la création de nombreuses congrégations à cette époque, dont celle, secrète, de la Compagnie du Saint-Sacrement en 1629 qui donnera naissance au parti dévot. Elle est très exigeante sur l’action pieuse et intransigeante sur le sujet de la transsubstantiation (présence réelle du Christ dans l’eucharistie) en opposition directe avec le protestantisme.
Elle touchera bientôt la plupart des grandes villes françaises, elle recrute particulièrement parmi les prêtres, les notables ainsi que ceux ayant reçus une éducation chez les Jésuites ou les Oratoriens.
Ils sont favorables à une entraide spirituelle, qu’il s’agisse de prières pour son voisin ou d’accompagner les défunts –également par des prières-.
Ils surveilleront particulièrement les déviances et dénoncerons celles-ci, c’est une chasse aux blasphémateurs, aux duellistes, une lutte contre les protestants et les libertins, c’est un véritable harcèlement des déviants.

Des Missions d’évangélisations sont organisées, pour les régions où le christianisme n’est pas jugé assez vaillant, il s’agit de processions, de chants, …
La Dévotion, il existe des saints qui sont des intercesseurs légitimes, contrairement aux idées protestantes, ils affirment qu’il en existe qui le sont encore davantage comme la Vierge, Marie-Madelaine, Saint-Pierre ou encore Saint-Joseph.
Le Concile de Trente confirme que les Œuvres sont licites car il s’agit d’un moyen de rassurer les fidèles, d’atténuer leurs angoisses, cela s’exprime notamment par l’achat d’indulgences plénières qui sont censées raccourcir la durée que l’on passe au purgatoire.

La pédagogie de la Réforme Catholique est rude, la méthodologie employée est celle de la peur, peur de la mort, peur de la damnation et de l’enfer, ce qui se traduit par les testaments et par la préparation à la mort « ars moriendi », l’art de bien mourir, avec une théâtralisation de la mort, l’agonie devient publique, on observe un renouveau de la liturgie funèbre avec les pompes baroques (qui deviendront nos actuelles pompes funèbres) ou encore le cérémoniale de conduite au cimetière.

Le clergé français a exporté ses méthodes, notamment dans ses colonies, en effet les Jésuites s’installent en 1613 en Acadie et en 1625 au Canada. Il existe quelques succès de conversions chez les tribus indiennes, comme les Hurons et les Alconquins, mais la nation Iroquoise refusera toute conversion, ce qui entraînera de 1642 à 1649 les guerres indiennes, avec des martyrs jésuites.

IV) Les Débats théologiques du XVIIème siècle

Les questions de l’accès au Salut Eternel, de la Grâce Divine et du Libre Arbitre de l’Homme demeureront au cœur des débats théologiques de ce siècle ; chez les Protestants en effet le débat porte sur la prise en compte de la pensée de Saint Augustin, c’est une vision pessimiste, en défiance vis-à-vis de l’optimisme humaniste, comme celui d’Erasme.
Pour les protestants en effet il n’y a pas de libre-arbitre et seule la Grâce Divine est efficace, mais elle n’est pas donnée à tous, d’où les débats sur la prédestination (« suis-je élu ? »)

Les Catholiques au contraire cherchent à préserver une part de liberté pour l’Homme, il existe toujours une lueur d’espoir, les Jésuites ont eut un rôle déterminant dans cette vision, notamment l’Espagnol Luis Molina qui est à l’origine du Molinisme, qui cherchait une voie médiane entre le laxisme humaniste et le radicalisme protestant, c’est une doctrine d’accommodement, Dieu accorde à tous les individus la « Grâce suffisante », c’est à soi, en tant qu’Homme que l’on doit son salut, par son action l’Homme peut transformer la Grâce suffisante en « Grâce Efficace ».

Cette pensée influencera également les Calvinistes, notamment dans les Pays Bas où Arminius (s’inspirant du molinisme, l’Homme ayant une part dans son salut) et Gomar s’opposent (la Grâce Divine est irrésistible).
Ce débat gagnera la communauté protestante en France, mais bien vite les calvinistes français seront gomaristes dès les années 1620 sous l’influence de prédicateurs étrangers, notamment écossais.

L’héritage théologique de Saint Augustin reprend une extrême vitalité vers 1640 avec la publication posthume de l’Augustinus de l’évêque de Ypres et professeur à l’Université de Louvain, Cornélius Otto Jansen (mort en 1638) qui provoquera un véritable séisme théologique.
Selon lui, le libre-arbitre de l’Homme n’existe pas, seule la Grâce Divine est efficace pour le Salut, et seuls les prédestinés seront sauvés ; c’est la naissance du Jansénisme.

Jansen a déjà séjourné en France, il est connu par les théologiens et se liera d’amitié avec Jean Amboise Duverger de Hauranne, supérieur de l’Abbaye de Saint-Cyran a également écrit sur Saint Augustin après la visite de Jansen. Un élève de l’abbé de Saint-Cyran, Antoine Arnauld, développera une thèse à la Sorbonne dont il enverra une copie à Jansen, influençant ainsi celui-ci dans sa rédaction de l’Augustinus.

Saint-Cyran deviendra le confesseur de la communauté de religieuses à Port-Royal où la Mère Supérieure n’est autre qu’Angélique Arnauld (sœur d’Antoine). L’abbaye de Port-Royal deviendra un lieu prisé pour les débats mais également pour accomplir une retraite spirituelle.
En 1643, Antoine Arnauld publie De la Fréquente Communion, où il y oppose deux conceptions du catholicisme par rapport aux sacrements, les théories Molinistes aux théories Jansénistes. Il dénoncera la Casuistique, cette réflexion spirituelle des Jésuites qui avaient trouvé des accommodements à la morale, cet art consommé de lire la frontière entre le bien et le mal, le permis et l’interdit selon les circonstances.
Arnauld s’attaque également au Molinisme, selon lui, en toute circonstances, avant même de se confesser, il faut s’exiger à soi même une réelle repentance.

Il s’agit de l’opposition entre la Contrition (reconnaissance de sa faute et repentance) défendue par les Jansénistes et l’Attrition (regret exprimé par crainte de l’Enfer) que tolèrent les Jésuites.

En 1653, une bulle papale condamne cinq points notables du Jansénisme, tous les ecclésiastiques du royaume sont donc conviés à signer un formulaire condamnant le Jansénisme, ce qui ne sera pas le cas, les ecclésiastiques Jansénistes refusant de s’y plier.
Antoine Arnauld sera chassé de la Sorbonne.

Au sortir de la fronde, les idées augustiniennes reprennent du poil de la bête. Blaise Pascal par exemple rejoindra les Jansénistes, en 1656 il publiera Les Provinciales, où il y critique les Jésuites ainsi que l’opposition de ces derniers vis-à-vis du Jansénisme.

Le Pape Clément IX imposera ce que l’on nomme « Paix clémentine », ou « Paix de l’Eglise », texte ramenant le calme dans l’Eglise Catholique Romaine pour une période relativement longue d’une trentaine d’année.

Le Jansénisme continue de séduire les milieux aisés et cultivés, c’est à cette époque que Racine, proche du Jansénisme, remporte de nombreux succès.

Comment c’est achevé la Réforme Catholique en France ?
L’apogée de la Réforme se situe au milieu du siècle, dans les années 1660. L’enseignement des prêtres est fonctionnel et régulièrement ceux-ci sont encadrés. Le rythme de construction des séminaires c’est accéléré, d’une trentaine de séminaires construit entre 1640 et 1660, il y en a plus d’une centaine de 1660 à 1680, mais après cette date le rythme décélérera pour qu’il n’y en ait plus qu’une dizaine au XVIIIème siècle, 90% des 130 diocèses français ayant déjà un séminaire.
L’achat de livres est désormais obligatoire pour les prêtres qui seront ainsi plus cultivés, ils devront également se retirer quelque temps dans une retraite spirituelle au cours de leur vie.

En contrepartie la portion congrue de la dîme (qui est la forme de « salaire » des prêtres) est augmentée et s’élève en 1686 à 300 livres.

Tous ces efforts ont totalement modifié la morale du clergé et les inconduites sont désormais plus rares. On constate un enracinement de cet encadrement, tout le monde va à la messe régulièrement, la Paque devient universelle.


En conclusion, les spécialistes estiment qu’il faut ranger comme succès du Concile de Trente :
- la pratique des dévotions (le Culte de la Vierge notamment)
- le développement des inscriptions religieuses dans les testaments
- l’important développement des confréries
- le baroque qui s’instaure comme style architectural pour les Eglises
- la charte de moralité et les interdits (condamnation des veillées, interdits sexuels, qu’il s’agisse de positions, de l’inceste, de la « sodomie » (homosexualité), de la « bestialité » (zoophilie), l’adultère et les relations hors mariage).

On constate néanmoins une divergence selon les régions, très respectés dans le nord du royaume (3% de déviances) et à l’ouest (4%), ils le sont moins dans les régions méditerranéennes (8%).

Chapitre 3 : La Société française du XVIIème siècle

Posté le 22.02.2008 par courslille3
Chapitre 3 : La Société française du XVIIème siècle

A l’époque il y avait deux modèles, la dignité de la fonction et la richesse. Dès le XVIIème la mobilité sociale existait malgré des cadres restrictifs même s’il ne s’agissait alors que de corrections à la marge.

I) Une société d’ordres ou de classes ?

Sous l’Ancien Régime, cette société était perçue par sa hiérarchie d’ordres, ou des états, qui a un fondement religieux. Elle fut créée dès le Xème siècle par le moine Adalbéron de Laon, à l’origine basée sur les noms latins : les oratores, les bellatores et les laboratores.
Le maintien de cette vision s’explique car il s’agissait d’un ordre naturel créé par Dieu, la première place étant naturellement accordée au clergé en raison de sa position intermédiaire entre les hommes et Dieu, la deuxième place à la noblesse car celle-ci est au service de Dieu et du roi, et la troisième place au Tiers Etats, composite sans unité si ce n’est qu’ils doivent travailler.

Au XVIIème, les officiers peuvent être à la lisière du second ordre selon les juristes car ils sont au service du Roi, mais il est hors de questions d’y mettre les commerçants même s’ils occupent une place supérieur dans le Tiers Etat, qui reste néanmoins inférieure à celle des maîtres artisans des corporations.
Dans ce classement il y a un net rapport avec l’activité, plus il s’agit d’une activité physique, plus on est mal considéré (comme par exemple le portefaix), au contraire plus il s’agit d’une activité intellectuelle, plus on est alors considéré.

Peu à peu, le respect va aussi s’inspirer à la propriété mobilière, la propriété foncière qui devient une manière de franchir cette classe.
Ce n’est qu’avec le renforcement de l’état royal, pour des raisons financières, que l’argent va devenir un acteur, le surclassement des professions financières pouvant, avec l’accord royal, permettre les unions matrimoniales avec le second ordre.

Au XVIIème, il va falloir laisser davantage de place à l’argent, malgré le fait que le roi tient à la stabilité de la société, celui-ci accorde la vénalité des offices, renforçant ainsi la mobilité, en 1604, grâce à la réflexion de Paulet qui vendra son idée à Sully (d’où le nom de Paulette pour la charge d’1/60ème de l’office qu’il faut payer annuellement pour que celle-ci soit transmissible)

La noblesse traditionnelle est protégée par le roi, qui tolère désormais plus de choses, certaines tâches mécaniques (métallurgie, verrerie), ou de grand commerce n’entrainne plus la dérogeance (perte de sa qualité de noblesse).

II) Les Dominants
A) Le Clergé
Dans la hiérarchie des dignités il s’agit du premier ordre ; il ne présente pas d’unité, car ses membres sont issus à la fois de la noblesse, de la bourgeoisie, voir parfois de plus basses classes. Il y a ainsi déjà une opposition entre le haut clergé (la hiérarchie épiscopale (évêque), d’une abbaye (abbé), le chanoine) et le bas clergé.

Le clergé est composé d’environ 140 000 membres, séparé entre le clergé séculier et le clergé régulier.

Le clergé séculier est composé d’environ 60 000 membres, il vient du latin séculum « dans le siècle, il est au service direct du fidèle et est exclusivement masculin, il célèbre les messes, les sacrements et s’occupe de l’enseignement par le biais du catéchisme.
Il y a 130 diocèses en France, ils sont dirigés par un évêque avec un vicaire général. Plusieurs diocèses forment une province ecclésiastique, sous l’autorité d’un archevêque.
Les conseils épiscopaux (possédant des statuts synodaux), les dirigent. Les tribunaux d’officialité sont des tribunaux qui s’occupent des déviances religieuses et morales, qu’il s’agisse de membres du clergé ou non.
Les chanoines sont des prêtres de dignité supérieure, en effet ils sont affectés à une cathédrale, ils forment ainsi une élite cultivée.

Le clergé régulier est composé de 80 000 membres, autant d’hommes que de femmes, ils obéissent à une règle. Les moines (et moniales) sont divisés en deux catégories :
- les ordres contemplatifs qui prient pour les hommes, la clôture est totale
- les ordres mendiants, qui assurent une assistance dans le monde, mais également la prédication (par le biais de sermon).

Depuis le colloque de Poissy en 1561, il existe une représentation nationale, l’Assemblée du clergé, qui comprend quatre députés (deux évêques et deux prêtres) par provinces ecclésiastiques. Elle se réunit tous les cinq ans dans l’Assemblée Générale du Clergé, afin de négocier avec le roi l’ampleur du Don Gratuit (don donné gratuitement au roi en échange de l’absence d’impôts).

Au XVIIème a lieu une réforme du clergé séculier.

B) La Noblesse
L’unité de la noblesse vient de la prétention qui les définit comme la fraction supérieure de la société se distinguant de la roture par la Vertu, par l’Honneur, ce qui conforte leur attitude à servir au sein de l’administration royale ou de commander l’armée.

La vertu est transmise par la semence mâle, plus la noblesse est ancienne, plus le prestige est grand, plus il est nécessaire de défendre son Honneur. La noblesse est supérieure, il faut donc de la force physique, être courageux et se confronter ainsi à la mort pour le service de Dieu ou le service du Roi.

Cette noblesse va subir de nombreuses pertes, la peste ne les épargnera pas, mais il y aura également de nombreuses morts au combat, d’où le problème du renouvellement de la noblesse qui se posera (en Angleterre, le choix va au non renouvellement de la noblesse).

La première façon, en France, le roi peut anoblir quelqu’un, notamment suite à un combat héroïque. La seconde voie est l’agrégation lente des roturiers les plus aisés sur trois générations. La troisième est immédiate, par l’achat d’un office anoblissant ou d’une terre noble, mais seulement si l’on adopte un mode de vie noble.

Au XVIIème siècle, sous Louis XIV, il faudra désormais attendre trois générations afin que la troisième voie ne puisse s’effectuer, mais il existe différentes vitesses d’attente pour un office anoblissant. L’achat d’une charge au service du roi, le secrétaire du roi, la « savonnette au vilain », accorde la noblesse après vingt ans, alors que pour toute charge inférieure il faut deux générations (deux fois vingt ans) de service pour que l’anoblissement ait lieux.

De même Louis XIV va faire une chasse à l’usurpation, soutenu par la noblesse d’épée mais aussi la noblesse de robe ! En effet les magistrats vont soutenir cette politique afin de protéger leurs intérêts personnels.

Cela a pour conséquences une déchéance sociale pour les hobereaux, ancienne noblesse, désargentée, qui se retrouve obligée de travailler pour subvenir à ses besoins, elle est déconsidérée par la roture car elle lui est proche, mais surtout par le reste de la noblesse.
Cela entraîne également une réduction du nombre de la noblesse, sous Louis XIV elle ne représente qu’un ou deux pourcent de la population.

Mais cela n’a pas mis fin à sa diversité, bien que 15% encore sont dans la carrière des armes, au « service de Mars », il y a un renforcement de la carrière administrative, « de bureau ».
Cela entraîner des dynasties au service du royaume, surtout de la part de la noblesse de robe, mieux éduquées, que l’on retrouve encore parfois dans les gouvernements contemporains.
Ces acteurs récents vont très vite rentrer en concurrence avec la noblesse ancienne, et même la dominer. Le duc de Saint-Simon, Grand du Royaume, déclarera « nous sommes tombés dans le règne de la vile bourgeoisie ».

Il y a cinq strates au sein de la noblesse :
- Les Grands du Royaume, on en compte une dizaine, il s’agit des Princes du Sang, des Princes étrangers, des Ducs et Pairs du Royaume (ancienne élite). Ils bénéficient de tous les honneurs de la cours (tous doivent s’incliner devant eux), ils peuvent siéger au conseil du roi, ils ont généralement de bons revenus car la gouvernance des provinces leur est confiée (même s’ils ne s’y rendent pas) et ils ont facilement accès aux plus hautes charges militaires, comme celle de Maréchal de France.
- La Noblesse seconde, il s’agit des grands lignages provinciaux, possédant la gloire militaire, ils ont parfois des rapports matrimoniaux avec les Grands, mais ils sont de plus en plus concurrencés par la noblesse suivante :
- La Noblesse de Robe, aux revenus souvent supérieurs à la Noblesse seconde, leur niveau culturel l’est également, voir parfois supérieur à certains Grands du Royaume.
- Les gentilshommes, sont des nobles qui restent en Province et ne vont que rarement à la cours, lorsque c’est le cas, ils le font savoir. Ils sont néanmoins très influent localement.
- Les Hobereaux, dont la classification nobiliaire est en chute libre.

C) La Bourgeoisie
Elle pose problème à l’historiographie en raison de sa définition vague. Ce définit comme bourgeois ceux dont l’opulence les dégage du populaire des villes, et par leur désir d’ascension sociale.
Il y a quatre modèles de bourgeois :
- La Bourgeoisie administrative : la mieux intégrée à la monarchie (officier de la judicature, magistrats, parlement), elle fréquente de plus en plus la noblesse de robe. On peut également y ajouter les procureurs, les greffiers, les avocats et universitaires. Ils restent capables d’affronter les crises, mais ils n’ont pas d’opportunité d’ascension.
- La Bourgeoisie des finances : peu considérée en raison de la morale chrétienne, ces officiers des finances vont peu à peu se dégager de cette critique durant le XVIIème siècle en agissant directement auprès du Roi de part leur richesse.
- La Bourgeoisie marchande : d’une grande complexité interne et en pleine évolution, c’est à cette époque que se développe les commerces internationaux. Par ordre d’importance, il s’agit des grands marchands internationaux, des marchands vendant leurs produits au sein de plusieurs provinces, des marchands vendant leur produit au sein d’une province, et enfin des petits détaillants vendant les produits de luxe (sucre, épice).
- La Bourgeoisie propriétaire, les rentiers : ils vivent des revenus de leur propriété en campagne, ou encaisse des loyers en louant en ville. Ils peuvent également vivrent des placements de leur argent.

Plus on approche de la fin du siècle, plus la Bourgeoisie marchande n’aura de cesse de gagner des places dans la hiérarchie sociale alors que les officiers stagnent, voir régressent pour les plus petits d’entre eux.

Ils se pensent supérieurs au populaire, ils ont une conscience de supériorité, en raison de piliers :
- leur indépendance financière, leur richesse
- leur niveau d’instruction élevé (leurs enfants vont au collège, puis à l’université)
- ils sont des acteurs locaux (milice bourgeoise, financement d’organismes charitables)

III) Les Dominés
A) Le peuple des Campagnes
Les hiérarchies villageoises restent largement fondées sur l’indépendance économique, c’est-à-dire de la disponibilité directe (propriétaire) ou indirecte (exploitant) des terres.
Les paysans indépendants possèdent outre les terres, les moyens d’exploiter celle-ci (bœufs, charrues, etc …). On parle de laboureur, de censier dans les provinces nordiques, de métayer dans l’ouest ou encore de ménager dans le midi.

A la base de cette pyramide, ce sont ceux qui n’ont pas d’excédent, l’ascension sociale se fait par la satisfaction de ses propres besoins et par l’existence d’excédents afin d’investir et de devenir plus compétitif. Il faut disposer de 20ha de terres, d’un cheptel vif (bœufs, brebis, etc …), d’un cheptel mort (charrue (au minimum deux roues), araires (engin sans roues), herses, charrettes, chariots).

Ces paysans indépendants sont des employeurs qui emploient des domestiques, mais aussi des paysans modestes et journaliers au revenu modeste. Ils affirment leur supériorité sur les milieux plus modestes par les revenus de leur production et par la spéculation des prix.
Ils sont donneurs d’emploi, mais également prêteur de matériel (cheval, charrue), de semence, ce sont donc des intermédiaires locaux sur qui il faut compter.
Ils sont en position de gestion des terres seigneuriales, ils gèrent les droits seigneuriaux, gagnent les dons gratuits si les Seigneurs sont des abbayes. Ils sont éduqués, leur enfants vont jusqu’au collège pour devenir des officiers ruraux, des prêtres, etc… Ils ont une stratégie matrimoniale avec les rentiers riches des campagnes (meuniers, aubergistes, etc…)


Les paysans dépendants sont les plus importants, entre 16 et 17 millions. Leur condition est très divergente, de la médiocrité à l’extrême précarité. Il s’agit donc d’individus fragilisés.

La première catégorie est celle des paysans moyens, de 5 à 15ha de terres, ainsi que la foule des artisans ruraux. Ils possèdent un cheval, rarement deux, une charrue médiocre, un cheptel vif dépassant rarement deux têtes (l’une pour la viande, l’autre pour le lait) et un cheptel mort réduit.

Dans la seconde catégorie, il n’y a pas de possibilité d’ascension, ils ne sont pas propriétaires, mais locataires de micro-exploitations et de leur masure. Ces journaliers, ou brassiers, n’ont que leur force physique à disposition, et loue celle-ci aux propriétaires afin de survivre.

Au cours du XVIIème siècle, ils vont avoir une nécessité vitale d’exercer une double activité, notamment lors des périodes sans récoltes. La femme file et l’homme tisse. Au moindre incident conjoncturel, ces personnes sombrent alors dans l’indigence, ils sont contrait de faire appel à l’assistance de leur village (celui-ci est dans l’obligation d’aider ses natifs). Mais ils ne sont pas considérés comme des exclus, ils sont dans la communauté villageoise, ils ont accès aux droits de la communauté et « l’idiot du village » est respecté et défendu comme tout autre villageois).

B) Le peuple des Villes
Il se renforce au cours du siècle et se considère supérieur au monde des campagnes, le rural, fut-il riche, est un cul terreux.

La première catégorie est le bon peuple, il se distingue du menu peuple. Ils ont un niveau de vie proche de la petite bourgeoisie. Il s’agit de chef d’ateliers, de petits marchands, de petits officiers, de petits rentiers, ou encore, les plus importants socialement, des maîtres de corporation. Ils ont une protection religieuse (l’on donne la messe lorsqu’ils sont malades) et communale (caisse d’assistance lors des conjonctures).

La deuxième catégorie est le menu peuple, formé par le bataillon des salariés. L’écart des revenus y est considérable, les plus élevés sont les salariés des corporations, les compagnons, ceux-ci peuvent aspirer à devenir maître. Les gagnes deniers quant à eux ne peuvent qu’offrir leur force physique pour les hommes, ou l’habilité de leurs mains pour les femmes.
Leur emploi est au jour le jour, ils doivent quémander leur salaire alors que leur travail est considérable. Le maximum est de 120 livres par an, car le calendrier d’emploi est restreint, avec les dimanches et les jours de fêtes religieuses, il n’y a que 160 jours de travail dans chaque année.
Il s’agit donc d’une population sans biens et endettée, proie facile des usuriers, ils vivent dans des conditions sociales mauvaises et sont sensibles aux maladies. Ils sont totalement analphabètes et sont touchés par l’alcoolisme et la prostitution. Lorsqu’ils étaient exécuté par des bourreaux, ceux-ci les faisaient périr par là où ils avaient pêché …

La troisième catégorie, les déracinés et les déclassés.
Les déracinés sont coupés de leur résidence d’origine, temporairement ou définitivement. On y range également les personnes ayant un emploi.
On trouve les colporteurs, les travailleurs saisonniers quittant temporairement leur province pour travailler en ville (maçons du limousin, ramoneurs savoyards, etc …) les artistes ambulants (comme la troupe de Molière a ses débuts) méprisés et le pire, les nomades (surnommés « égyptiens »), au minimum on les nommer de voleur de poules, au pire d’enfant (à raison parfois). Ils sont craint également car supposés sorciers, ou devins.
Les déclassés, chassés de partout, doivent s’agréger entre eux pour former des bandes et sont le plus souvent des brigands. On trouve des déserteurs (gibier de la maréchaussée, première peine est le marquage au fer rouge d’un D, à la récidive le nez et les oreilles sont coupées), les infirmes et des filles mères. Ils sont expulsés des villes. Sans emploi, leur espérance de vie était courte, au mieux mourraient-ils sur le chemin, au pire ils étaient envoyés dans les Galères du roi.

Chapitre 2 : La France ; La « copiosité du populaire » et bilan conjoncturel

Posté le 22.02.2008 par courslille3
Chapitre 2 : La France ; La « copiosité du populaire » et bilan conjoncturel

I) La « copiosité du populaire »

1610-1639 : 19.2 millions à 22.4 millions de français
1640-1669 : 18.9 millions à 21.9 millions de français
1700-1719 : ~23 millions de français

On assiste donc à une légère hausse de la population bien qu’il y a une légère baisse à la moitié du siècle (comme dans d’autres pays, à l’exception des Provinces Unies). Ce qui est attesté par une stagnation des baptêmes en 1625-1645 suivis d’une baisse en cette dernière année.
C’est une densité relativement forte de 40 à 45 habitants par kilomètres carrés, surtout prêt des côtes en raison de la présence des ports qui permettent aux populations locales de bénéficier d’apports commerciaux.
C’est une population jeune, Vauban s’intéressait déjà aux variations de la population française, il écrivait dans son livre que les moins de « 14 ans males » correspondaient à 40% de la population, et que les moins de « 12 ans femelles » représentaient elles 37%.
C’est une population rurale à plus de 90% au début du siècle, et était toujours à 87% vers 1700. Les français vivaient majoritairement dans de petites paroisses. Il y avait alors une endogamie forte.

Au début du siècle, l’age du mariage était de 25 ans pour les hommes et de 22 ans pour les femmes, après 1670 il était de 27 ans pour les hommes et de 24 ans et demi pour les femmes. L’explication la plus vraisemblable est que l’on attend le décès de ses parents avant de fonder soi-même un foyer. Il s’agit de mariages d’obligation plutôt que d’amour.
Le célibat est rare et ne concerne que 4% des hommes et 7% des femmes.
La France est un pays qui voit l’allure de ses foyers plus moderne au nord de la Loire qu’au sud, dans le Midi. La fécondité des couples, en raison de l’age tardif du mariage, dure de 15 à 16 ans (du mariage jusqu’à la ménopause), il y a sept enfants en théorie, mais la moyenne était en réalité de 4.7 enfants par femme.
Pour les femmes qui se mariaient en deçà de l’age moyen, la fécondité était supérieure, durant plus longtemps, mais également à cause d’une physiologie plus jeune.
La cause de la rupture des couples était la mortalité.

Au XVIIème siècle, si un gentilhomme traversait les difficultés de la jeunesse et atteignait 25 ans, il pouvait vivre jusqu’à l’age de 60 ans. Pour les milieux défavorisés cet age était de 32 ans.
Le taux de mortalité pour jeunes enfants était de 310 sur 1000, 50% des enfants n’atteignaient pas 20 ans (il faut deux enfants pour faire un homme).

Le XVIIème siècle est également le siècle des famines et des épidémies, après 1625 surtout.

Repères :
1626-1631 : peste suivie de disette
1636 : l’est est touché par la peste bubonique (40 à 45% de la population)
1650 : les pestes connaissent un répit
1651-1652 : opérations militaires de la Fronde
1661-1662 : crise de l’avènement, par la cherté des denrées suite aux mauvaises récoltes
1667 : le nord du royaume est touché par la peste
1672-1675 : le froid ralenti la peste
1693-1694 : cherté, disette et peste en même temps
1709 : le Grand Hyver dans lequel pendant 20 jours consécutifs les températures vont jusqu’à -17°C, les sols sont gelés en profondeur et s’en suit des problèmes de récoltes.

II) La structure économique

A) l’Economie agraire
L’agriculture est d’une importance fondamentale car elle doit subvenir aux besoins de la population la plus importante d’Europe. L’agriculture représente les 4/5èmes du produit économique de la France.

Cette agriculture a pu se dégager de l’autoconsommation qui a cédé le pas à une agriculture d’échange, cependant, cela n’est dû qu’au besoin des paysans de répondre aux nouvelles charges des impôts royaux.

Les échanges vont entraînés un mouvement saisonnier des prix qui existeront jusqu’au XIXème et XXème siècles. S’ils sont bas l’été, suite aux moissons, ils ne cessent de remonter jusqu’à la soudure (période d’attente des prochaines récoltes).

S’ajoute à ça les chertés cycliques dus aux accidents (guerre, épidémie, mauvaises récoltes) avec une hausse des prix du pain et des disettes en ville et en campagne. En ces périodes il y a une hausse de l’insécurité et il saut surveiller les mendiants qui furent chassés des villes qui ne pouvaient les nourrir.

Ce sont les grands propriétaires qui profitent des hausses de prix en raison de leurs stocks.
En 1600 jusqu’à 1625, les prix sont stables, mais dès 1628 ils ont été multipliés par 2.
Les autorités finiront par comprendre qu’il faut décloisonner le marché en développant les voies, notamment fluviales avec les constructions de canaux (1682, le canal des deux mers, entre l’Atlantique et la Mediterranée) pour accentuer le commerce entre les provinces.

Suite à la guerre de trente ans et à la Fronde, l’agriculture française connaît des difficultés, de 1620 à 1690, d’autant que nous sommes alors dans le Petit Age Glacière et que donc les printemps et les étés sont humides et pluvieux.

Les revenus agricoles sont fondés par la rente foncière, le loyer des terres. Depuis la deuxième moitié du XVIIème siècle il y a une hausse constante des loyers, mais brutalement vers 1685 ce mouvement connaît une brisure qui va se poursuivre au moins jusqu’au premier tiers du XVIIIème siècle. Les rentes sont donc moindres et ont construit moins, notamment les châteaux.

La conjoncture est très mauvaise pour les milieux paysans, il y a des désordres d’ordre politique, militaire et climatique ; la production baisse et elle devient plus sensible aux évolutions cyclique, les prix sont donc désordonnés et les revenus des paysans irréguliers. C’est le moment où la demande financière augmente le plus, les fermages augmentent, l’Eglise prélève davantage de dîme, la fiscalité royale explose (celle directe est multipliée par 4, celle indirecte par deux). D’où les problèmes qui créeront la spirale de l’endettement, entraînant le déclassement social et le sacrifice de ces biens propres pour les pauvres qui vendent leurs propriétés pour devenir locataires.
Les gagnants sont les citadins, autour des villes se forment des couronnes dans lesquelles les bourgeois achètent.

A) les Activités manufacturières
Il s’agit d’un secteur secondaire pour l’économie française, elle ne représente qu’1/5ème du produit économique français, mais si l’on prend la pesée globale de la France, celle-ci est à la première place de l’Europe continentale contrairement à ce que l’on peut croire !

Mais la France est à peine capable de se suffire à elle-même et il y a des secteurs où la France est dominée par les étrangers, cette analyse fut faite dès le XVIIème siècle par les intellectuels qui, dans un pessimisme généralisé, pensaient qu’il fallait redresser l’économie française. C’est pourquoi Colbert, sous Louis XIV, applique la doctrine mercantiliste afin d’assurer la richesse de la nation sans importer mais en exportant.

A dominante du textile, même les provinces très développées en cette activité sont incapables d’exporter leurs produits textiles dans d’autres provinces, et encore moins à l’étranger. La carte demandée par le roi montre qu’il existe déjà une certaine spécialisation des provinces, les draps de laine en Picardie, en Normandie et dans le Languedoc, les draps de chambre et de lins en Bretagne (notamment pour les voiles) et en Champagne.

Mais l’Espagne par exemple importe le textile français qu’elle ne peut produire elle-même pour ses colonies d’Amérique, de même l’Angleterre importe encore le textile français au début du siècle.

Ce qui n’aide pas l’industrie du textile est la priorité à l’alimentation, la stagnation de la démographie française ainsi que les faibles revenus des paysans qui ne peuvent acheter.

Colbert fait venir en France des travailleurs étrangers afin qu’ils développent leurs savoirs en France. Il demande de même aux paysans de produire des fibres pour le textile pour améliorer leurs revenus.

Chapitre 1 : Les structures et les conjonctures du XVIIème siècle

Posté le 27.01.2008 par courslille3
Chapitre 1 : Les structures et les conjonctures du XVIIème siècle

Il est difficile de fixer les bornes historiques de ce siècle, en effet selon une vision nationale et gallocentrique l’on peut fixer cette période de l’assassinat de Henri IV en 1610 à la mort de Louis XIV en 1715. Dans une dimension économique, les premières décennies du siècle bénéficient encore de la croissance du beau XVIème siècle alors que la seconde moitié du siècle connaît un marasme économique, qui débute entre 1620 et 1640 selon les pays. Culturellement parlant, de 1620 à 1640 il s’agit d’un réveil des mentalités scientifiques avec Galilée et Descartes. Dans une vision religieuse, l’ensemble diverge pour les réformés, mais également pour les catholiques (avec le concile de Trente en 1563 et la fin de la guerre de trente ans en 1648).

C’est pourquoi nous nous contenterons de partir de la situation de l’Europe vers 1600, quelle est-elle par ailleurs ?
Deux adversaires se font alors face, la Maison de France contre la Maison des Habsbourg.

I) Les Puissances Européennes

Le Royaume de France : Elle est en face de redressement suite à la fin du conflit religieux achevé par l’Edit de Nantes en 1598. Maximilien de Béthune, plus connu sous le titre de Duc de Sully, conseillé du roi Henri IV a fait redémarrer la machine économique grâce à l’agriculture et sa politique permet à la démographie de se redresser, la France est alors la première puissance démographique d’Europe.
Si en 1598, avec le traité de Vervins, la paix est signée avec l’Espagne, la France est néanmoins sous le coup de menaces internes. La remise en cause, timide au début, du pouvoir royal par les officiers, notamment depuis que ceux-ci sont assurés depuis la création de la Paulette en 1604 de l’hérédité de leur office contre le payement de cette Paulette; de même, la noblesse est toujours prompte à s’enflammer notamment lors des régences quand le pouvoir royal est faible et le parti protestant profite de la situation pour se conforter militairement, jusqu’à la prise de La Rochelle par Louis XIII.

La Branche d’Autriche :
Les Habsbourg de Madrid : En 1598, Philippe II meurt, son fils Philippe III lui succède à la tête d’une puissance considérable, d’autant que le Portugal est alors espagnol, tout comme son Empire et que la présence espagnole en méditerranée est considérable, notamment avec les possessions italiennes. Il ne faut de même pas oublier les possessions néerlandaises, ainsi que la Franche-Comté. C’est ainsi que l’on peut parler d’un « Empire sur lequel le Soleil ne se couche jamais ».
Il s’agit également de la meilleure armée européenne de l’époque, qui se fonde notamment sur les Tercios. Contrairement à l’idée reçue, il s’agit également d’une marine extrêmement puissante, jusqu’à l’épisode de la Grande Armada. C’est un pays qui se veut le vecteur du catholicisme contre le protestantisme.
Mais il s’agit aussi d’un colosse au pied d’argile car son unité territoriale n’est pas assurée, en 1709, avec la trêve de douze ans, l’Espagne reconnaît de fait les Provinces-Unies, et qu’il existe des problèmes démographiques, en raison de la ruée vers l’Amérique espagnole, notamment pour son or. C’est aussi un pays fragile économiquement, malgré les apports en or des Amériques, car il est incapable de payer ses dettes et qu’il lui arrive d’être en banqueroute.

Les Habsbourg de Vienne : C’est un domaine bien centré sur les Royaumes de Bohême et de Hongrie, mais également sur la couronne impériale qui revient toujours à la famille Habsbourg depuis 1437. Il est d’autant plus respecté qu’il est la sentinelle de la chrétienté face aux musulmans, notamment lors du Siège de Vienne en 1529.
Mais c’est un pays menacé par des querelles dynastiques, entre Rodolphe III, son frère Mathias et son cousin Ferdinand, ce qui entraînera la guerre de 30 ans.

Derrière ces grandes puissances, il y a des états seconds, les états italiens, la confédération helvétique, la Pologne ou encore la Moscovie, mais également deux autres états :

Le Royaume d’Angleterre : La mort en 1603 d’Elizabeth Ière représente la fin de la dynastie des Tudor et l’altération d’une certaine forme du pouvoir qui était alors proche de l’absolutisme, dont le ciment était la religion. C’est sous le règne de cette reine que l’Angleterre redresse la tête du point de vue économique, notamment en raison du développement de la marine. Au niveau culturel on parle également de Théâtre élisabéthain, avec Shakespeare. Mais elle possède un grand défaut, elle ne possède son surnom de « Reine vierge » non sans raison et elle n’a pas d’héritier, en 1606, Jacques VI, roi d’Ecosse, devient Jacques Ier, roi d’Angleterre. Si la dynastie des Stuarts dirige toute la Grande Bretagne, les deux pays, ainsi que leur parlement, demeurent jusqu’à l’Acte d’Union. Il existe de même des soucis avec l’Irlande qui est majoritairement catholique.

La République des Provinces Unies : Ce pays neuf n’a pas de pouvoir centralité, il est en effet dirigé par les Etats Généraux qui doivent alors décider à l’unanimité, ce qui paralyse d’état. Mais la république est également fragilisée par la domination des provinces maritimes, comme la Hollande et la Zélande, où la bourgeoisie a éliminé l’importance de la noblesse et c’est pourquoi cette dernière devra se lier avec les paysans, surtout dans les provinces terrestres. Mais cet état c’est également fait un ennemi mortel : l’Espagne.

II) l’Europe, déchirée par les problèmes religieux

On parle alors de la robe tachée du Christ, symbolique de l’unité religieuse perdue. Pour les catholiques il s’agit d’une politique d’extirpation contre le protestantisme, avec un succès aux Pays Bas (du sud) grâce à la politique des archiducs, et du catholicisme de combat des jésuites.
Dans l’Empire, la situation est celle d’une balance, mais il s’agit également d’un succès grâce à Albert de Bavière, roi du même état, dans tout le sud de l’Allemagne, mais grâce également aux jésuites, aux capucins mais aussi des ursulines. Les protestants sont en voie de recul car l’Empereur fut élevé en Espagne et que le Roi de Pologne qui vient d’être élu est également un jésuite.
En Angleterre de même, si l’anglicanisme est officiel, il existe aussi des isolats catholiques (les « papistes »), mais également des dissidents protestants, les puritains, qui s’intéresse au presbytérianisme venu d’Ecosse, et dont les plus radicaux veulent la séparation entre l’Eglise et l’Etat.

En 1555, avec le Traité d’Augsbourg, c’est le principe « Cujus Regio, Ejus Religio » qui est énoncé, un Prince, une Religion. Les alliances religieuses vont chercher en dehors de l’Empire l’appui de puissances étrangères, l’Espagne pour les catholiques, l’Angleterre et la France pour les protestant.
L’Europe est au bord de la guerre, lorsqu’en 1609 Henri IV est assassiné en raison de son positionnement contre l’Espagne; cette étincelle sera suivie en 1618 par la défenestration de Prague, qui est une atteinte à l’autorité de l’Empereur. S’il s’agit à l’origine d’une guerre allemande, l’Espagne, le Danemark et la Suède entrent en jeu, suivi par la France ensuite. La moitié de la population de certains états disparaîtra. En 1648, le traité de Westphalie achève la montée en puissance de la France.


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